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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2516426

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2516426

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2516426
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDODOU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... visant à contester la décision du préfet du Bas-Rhin ajournant sa demande de naturalisation. La requête était irrecevable car elle n'était pas accompagnée de la décision du ministre de l'intérieur statuant sur le recours administratif préalable obligatoire, ni de la preuve de l'exercice de ce recours, comme l'exige l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. Malgré une demande de régularisation, la requérante n'a pas fourni les documents nécessaires dans le délai imparti. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 22 septembre 2025, enregistrée au greffe du tribunal le jour même, la présidente du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme C... B....

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Strasbourg le 9 septembre 2025, Mme C... B..., représentée par Me Dodou, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 26 mars 2024 par laquelle le préfet du Bas-Rhin a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation, ainsi que la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté sa demande ;

2°) d’enjoindre au préfet du Bas-Rhin de réexaminer sa demande, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil d’une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit à peine d’irrecevabilité être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué, ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date du dépôt de la réclamation ».

En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale. Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) ».

La requête déposée par Mme B... n’était pas accompagnée de la copie de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée à son avocat par le biais de l’application « Télérecours », le 23 septembre 2025 et dont il a été accusé réception le 8 octobre 2025, Mme B... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B....


Fait à Nantes, le 11 décembre 2025.
La présidente,





M. A...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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