Le Tribunal administratif de Nantes constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête en annulation de refus de visas de long séjour, car les visas ont été délivrés après l'introduction du recours, rendant la demande sans objet. La juridiction applique l'article R. 222-1 du code de justice administratif pour constater cette absence d'objet à statuer. Elle condamne néanmoins l'État à verser 800 euros à l'avocate des requérants au titre des frais irrépétibles, conformément aux articles L. 761-1 du même code et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2025, M. E... D..., M. B... H... D... et Mme A... C..., épouse D..., représentés par Me Pollono, demandent au tribunal :
1°) d’annuler les décisions implicites par lesquelles la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France visas a rejeté le recours formé contre les décisions du 5 décembre 2024 de l’autorité consulaire française à Port-au-Prince (Haïti) refusant de délivrer des visas de long séjour à M. B... H... D... et à Mme A... C..., épouse D... au titre de la réunification familiale ;
2°) d’enjoindre au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de délivrer à M. B... H... D... et Mme A... C..., épouse D... des visas de long séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de procéder au réexamen de leur situation dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son avocat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.
Le 5 décembre 2025, le ministre de l’intérieur a transmis au tribunal une copie des visas délivrés de long séjour délivrés le 4 décembre 2025 à M. B... H... D... et à Mme A... C..., épouse D....
Par une décision du 23 janvier 2026, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé à M. D... l’aide juridictionnelle totale pour la procédure relative au visa de long séjour opposé à son épouse Mme G... et a rejeté la demande qu’il a présentée pour la procédure relative au visa de long séjour opposé à M. B... H... D..., son fils majeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Le 4 décembre 2025, postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire à Port-au-Prince (Haïti) a délivré les visas sollicités à M. B... H... D... et à Mme A... C..., épouse D.... Par suite, les conclusions à fin d’annulation du refus de délivrer de tels visas et celles d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a, dès lors, pas lieu d’y statuer.
M. D... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pollono, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros (huit cents euros).
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. D..., de M. D... et de Mme C..., épouse D... aux fins d’annulation et d’injonction sous astreinte.
Article 2 : L’Etat versera à Me Pollono une somme de 800 euros (huit cents euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E... D..., à M. B... H... D..., à Mme A... C... D..., au ministre de l'intérieur, ainsi qu’à Me Pollono.
Fait à Nantes, le 16 février 2026.
La présidente,
C. Chauvet
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,