Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A... B... contestant le refus de visas de court séjour opposé à ses tantes par l'autorité consulaire française à Islamabad. La requérante ne justifiait pas d'un intérêt personnel lui donnant qualité pour agir en sa seule qualité de nièce. De plus, elle ne pouvait valablement représenter les demanderesses de visa, n'étant pas un mandataire habilité au sens des articles R. 431-2 et R. 431-5 du code de justice administrative. L'ordonnance a été prise sur le fondement de l'article R. 222-1 4° du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 19 octobre 2025, Mme C... A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler les décisions du 13 mai 2025 par lesquelles l’autorité consulaire française à Islamabad (Pakistan) a refusé de délivrer des visas de court séjour à Mme F... D... et à Mme E... D... ;
2°) d’enjoindre à l’administration de réexaminer les demandes de visas, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-2 du code de justice administrative : « Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d’irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. (…) ». Aux termes de l’article R. 431-4 du même code : « Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur (…) ». Enfin, selon l’article R. 431-5 de ce code : « Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; (…) ».
Par sa requête, Mme C... A... B... demande au tribunal d’annuler les refus de visa de court séjour opposés à ses tantes, Mme F... D... et Mme E... D.... Toutefois, Mme A... B... ne justifie pas, en sa seule qualité de nièce des intéressées, d’un intérêt lui permettant de contester, devant le juge administratif, la légalité de tels refus. Par ailleurs, les dispositions de l’article R. 431-5 du code de justice administrative ne permettent pas à une partie de se faire représenter par un mandataire autre que l’un de ceux mentionnés à l’article R. 431-2 du même code. Mme A... B..., qui ne fait pas partie de ces mandataires, ne peut, en conséquence, valablement agir au nom de Mmes D.... Ainsi, cette requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui n’est pas susceptible d’être régularisée. Elle ne peut, par suite, qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... B....
Fait à Nantes, le 12 novembre.
La présidente,
V. Gourmelon
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,