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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2518083

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2518083

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2518083
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, était saisi d’une demande de suspension d’un refus de visa de long séjour pour réunification familiale opposé à Mme A..., ressortissante afghane. En cours d’instance, le ministre de l’intérieur a donné instruction à l’autorité consulaire de délivrer le visa sollicité. Le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction, devenues sans objet. Il a condamné l’État à verser 550 euros aux requérants au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 octobre 2025, Mme B... A... et M. D... C..., représentés par Me Cabot, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l’autorité consulaire française à Téhéran (Iran) du 30 avril 2025 refusant de délivrer un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme B... A... ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder au réexamen de la situation de Mme A..., dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite ; ils n’ont pas manqué de diligence dans le cadre de la procédure de réunification familiale ; Mme A... se trouve en situation de grande précarité, dès lors qu’elle a été contrainte de retourner en Afghanistan où elle est exposée à des risques importants de persécution en raison de son genre et il ne lui est pas possible de retourner en Iran où les visas sont délivrés de manière discrétionnaire et restrictive ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée, à titre principal, d’une erreur de droit et d’une erreur d’appréciation quant au motif tiré du défaut d’établissement de leur lien matrimonial ;
* elle est entachée, à titre subsidiaire, d’une erreur de droit et d’une erreur d’appréciation quant au motif tiré du défaut d’établissement d’une relation de concubinage ;
* elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer et s’en remet à la sagesse de la juridiction s’agissant des conclusions présentées au titre des frais d’instance.

Il fait valoir que par note diplomatique du 30 octobre 2025, il a été donné instruction à l’autorité consulaire de délivrer le visa sollicité.

Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 30 septembre 2025 sous le numéro 2517033 par laquelle Mme A... et M. C... demandent l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience puis informées, le 30 octobre 2025 de la radiation de l’affaire du rôle de l’audience du 4 novembre 2025.


Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

2. Postérieurement à l’introduction de la requête, le ministre de l’intérieur a, le 30 octobre 2025, donné instruction aux autorités consulaires françaises à Téhéran de délivrer le visa sollicité. Dès lors, les conclusions présentées par Mme A... et M. C... sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d’une injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n’y a, par suite, plus lieu d’y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat, une somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des frais exposés par Mme A... et M. C... et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées par Mme A... et M. C... aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte.

Article 2 : L’Etat versera à Mme A... et à M. C... la somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à M. D... C... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 20 novembre 2025.

Le juge des référés,




J. DANET


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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