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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2518177

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2518177

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2518177
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE ROY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, était saisi par Mme F... d'une demande de suspension de la décision implicite de la commission de recours contre les refus de visa (CRRV) rejetant les demandes de visas de long séjour pour ses trois enfants, présentées au titre de la réunification familiale. Le ministre de l'intérieur ayant indiqué avoir donné instruction à l'autorité consulaire de délivrer les visas sollicités, le juge a constaté que les conclusions principales de la requête étaient devenues sans objet. En application des articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 761-1 du même code, combinés à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer et a condamné l'État à verser 550 euros à l'avocate de la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 17 et 20 octobre 2025, Mme E... F..., agissant en son nom et en qualité de représentante légale des enfants mineurs A..., D... et B... C..., représentée par Me Le Roy, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV) a rejeté le recours préalable, reçu le 15 juillet 2025, contre les décisions implicites de l’ambassade de France à Conakry (Guinée) portant refus de délivrance de visas d’entrée et de long séjour aux trois enfants précités au titre de la réunification familiale ;

2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de réexaminer les demandes de visa dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite eu égard notamment à la situation en Guinée de ses enfants, en particulier de ses filles, victimes d’excision, de leur état de santé et de leur situation d’abandon et des mauvais traitements qu’ils y subissent ; les démarches de réunification ont été engagées avec diligence ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la composition régulière de la commission n’est pas établie ;
* elle méconnait les dispositions des articles L. 561-2, L561-5, L. 121-9 et L. 811-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et procède d’une erreur d’appréciation dès lors que les documents produits permettent d’établir l’identité et le lien de famille des demandeurs avec la réunifiante, confirmés en tout état de cause, par des éléments de possession d’état ;
* elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnait les stipulations de l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Par un mémoire enregistré le 29 octobre 2025, le ministre de l’intérieur conclut à ce qu’il n’y ait plus lieu à statuer sur la requête.

Il indique qu’il a été donné instruction à l’autorité consulaire, le 28 octobre 2025, de délivrer les visas sollicités.

Mme F... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du bureau d’aide juridictionnelle du 22 octobre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience puis informées, le 29 octobre 2025, de la radiation de l’affaire du rôle de l’audience du 4 novembre 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

3. Postérieurement à l’introduction de la requête, le ministre de l’intérieur a indiqué qu’il avait été donné instruction à l’autorité consulaire de délivrer les visas sollicités. Dès lors, les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que les conclusions à fin d’injonction sont devenues sans objet. Il n’y a, par suite, plus lieu d’y statuer.

4. Mme F... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Le Roy, conseil de Mme F..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Le Roy de la somme de 550 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme F... présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi que sur les conclusions à fin d’injonction.

Article 2 : L’Etat versera à Me Le Roy la somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour cette dernière de renoncer au versement de la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Mme F..., au ministre de l’intérieur et à Me Le Roy.

Fait à Nantes, le 6 novembre 2025.

Le juge des référés,

J. DANET


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,




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