Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 20 août 2025 par lequel le maire du Lion-d'Angers ne s'est pas opposé à la déclaration préalable pour la construction d'une antenne relais de téléphonie mobile. Les requérants, M. B... et Mme C..., invoquaient l'urgence et plusieurs moyens de légalité, notamment la méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme (PLU). Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés n'était, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, rendant ainsi la condition de l'article L. 521-1 du code de justice administrative non remplie. En conséquence, les requérants ont été condamnés à verser 500 euros à la commune et 500 euros à la SAS Totem France au titre des frais de justice.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2025 sous le numéro 2518376, complétée par des pièces les 22, 27 et 30 octobre 2025, et un « mémoire récapitulatif » le 7 novembre 2025, M. D... B... et Mme A... C..., représentés par Me Blin, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 20 août 2025 par lequel le maire de la commune du Lion-d'Angers ne s’est pas opposé à la « déclaration préalable construction » déposée le 5 août 2025 par la SAS Totem France en vue de l’édification d’une antenne relais de téléphonie mobile Orange sur une parcelle cadastrée AC 0051 sise Haute folie, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune et de la société pétitionnaire la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est présumée satisfaite en application des dispositions de l’article L.600-3 du code de l'urbanisme, d’autant qu’il s’agit de préserver un patrimoine naturel, culturel et historique exceptionnel de la commune ainsi que la valeur esthétique du lieu d’exception où doit s’implanter l’antenne litigieuse ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
la compétence de son signataire reste à démontrer,
le dossier déposé était incomplet au regard de l’article R.431-35 du code de l’urbanisme, de sorte que l’appréciation des services instructeurs relativement au respect des dispositions des articles N 4.1.1 et N 7.1 du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) a pu être faussée,
l’article N 3.1.1 du même règlement relatif à la hauteur maximale des constructions est méconnu,
l’article N 4.1.1, qui reprend les termes de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme, est méconnu,
l’article N 7.1 est méconnu.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2025, la commune du Lion-d'Angers, représentée par Me Buffet, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B... et Mme C... ne sont pas fondés, et notamment que la condition d’urgence fait défaut au regard de l’insuffisante couverture réseau du territoire communal en période de forte affluence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 et 7 novembre 2025, la SAS Totem France et la SA Orange, représentées par Me Gentilhomme, concluent au rejet de la requête et demandent que la somme de 5 500 euros, à verser à la société pétitionnaire, soit mise solidairement à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que les moyens soulevés par M. B... et Mme C... ne sont pas fondés.
Vu :
- l’arrêté attaqué ;
- la requête n° 2518271 enregistrée le 20 octobre 2025 par laquelle M. B... et Mme C... demandent l’annulation de l’arrêté susvisé ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 7 novembre 2025, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Blin, représentant M. B... et Mme C...,
- les observations de Me Boursier, substituant Me Buffet, représentant la commune du Lion-d'Angers,
- et celles de Me Gentilhomme, représentant les SAS Totem et SA Orange.
La clôture de l’instruction a été reportée au 12 novembre 2025 à 12h00.
Une pièce complémentaire présentée pour la commune du Lion-d'Angers a été enregistrée le 10 novembre 2025 et communiquée.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».
Aucun des moyens invoqués par M. B... et Mme C... à l’appui de leur demande de suspension ne paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. B... et Mme C..., ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. B... et Mme C... une somme de 500 euros au titre des frais exposés, d’une part, par la commune du Lion-d'Angers, d’autre part, par la SAS Totem France, et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. B... et Mme C... est rejetée.
Article 2 :
M. B... et Mme C... verseront respectivement à la commune du Lion-d'Angers et à la SAS Totem France une somme de 500 euros (cinq cents euros) chacune au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article3:
La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B... et Mme A... C..., à la commune du Lion-d'Angers et aux SAS Totem France et SA Orange.
Fait à Nantes, le 24 novembre 2025.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. WUNDERLICH
La greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière