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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2518793

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2518793

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2518793
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL EDEN AVOCATS ROUEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de la commission de recours contre les refus de visa, confirmant le refus de délivrance d’un visa de long séjour pour réunification familiale à Mme D..., ressortissante afghane. Les requérants invoquaient l’urgence liée à la durée de leur séparation et aux risques encourus par Mme D... en cas de renvoi forcé de l’Iran vers l’Afghanistan. Le juge a estimé que les intéressés s’étaient placés eux-mêmes dans la situation d’urgence qu’ils invoquaient, en raison du délai de plusieurs années écoulé avant la demande de visa, sans justification de circonstances particulières. La requête a été rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2025 sous le numéro 2518793, M. C... A... et Mme B... D..., représentés par Me Mahieu, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours préalable formé le 10 février 2025 contre la décision de l’autorité consulaire française à Téhéran (Iran) en date du 23 janvier 2025 portant refus de délivrance d’un visa de long séjour à madame au titre de la réunification familiale, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande dans le délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros HT au profit de leur conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou, si la demande d’aide juridictionnelle est rejetée, à leur profit en application des dispositions de ce dernier article.

Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de la durée de la séparation qui leur est imposée et des risques pour la sécurité de madame, exposée à un renvoi forcé de l’Iran vers l’Afghanistan ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

La demande d’aide juridictionnelle de M. A... a été rejetée par décision du 5 novembre 2025.

Vu :
- la décision attaquée ;
- la requête n° 2510032 enregistrée le 10 juin 2025 par laquelle M. A... et Mme D... demandent l’annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

M. C... A..., ressortissant afghan né le 14 août 1989, s’est vu reconnaître la qualité de réfugié par décision du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 14 septembre 2021. Ce n’est que le 14 octobre 2024 que Mme B... D..., une compatriote née le 16 septembre 1996 avec laquelle il s’est marié le 19 mars 2018 à Téhéran (Iran), a sollicité de l’autorité consulaire française à Téhéran la délivrance d’un visa de long séjour au titre de la réunification familiale, sans qu’il soit fait état dans la requête de circonstances particulières justifiant le délai ainsi écoulé, alors que la réunification familiale n’est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. Dans ces conditions, si M. A... et Mme D... font valoir, au soutien de leur demande de suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision consulaire portant refus de visa, la durée de leur séparation et la menace d’expulsion de madame vers l’Afghanistan, ils doivent être regardés comme s’étant placés eux-mêmes dans la situation d’urgence qu’ils invoquent.

Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.



O R D O N N E :



Article 1er :
La requête de M. A... et Mme D... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et Mme B... D... et à Me Mahieu.

Fait à Nantes, le 19 novembre 2025.

La vice-présidente, juge des référés,

A.-C. WUNDERLICH


La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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