Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de naturalisation du préfet de la Seine-Saint-Denis. Le juge a constaté que le requérant n'avait pas exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre de l'intérieur, conformément à l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. Malgré une demande de régularisation adressée à son avocat, M. B... n'a pas justifié de l'accomplissement de cette formalité dans le délai imparti. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement irrecevable et rejetée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 25 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de naturalisation, ainsi que la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a, à son tour, implicitement rejeté sa demande ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale. Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) ».
La présente requête n’était pas accompagnée du recours administratif préalable obligatoire, dans les conditions prévues l’article 45 du décret du 30 décembre 1993. En dépit de la demande de régularisation adressée par le tribunal à son avocat par le biais de l’application « Télérecours » le 28 octobre 2025, et dont il a été accusé réception le même jour, le requérant n’a pas, à l’expiration du délai d’un mois qui lui était imparti, régularisé son recours en justifiant avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire imposé par les dispositions précitées du décret du 30 décembre 1993. Par suite, cette requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui n’est plus susceptible de régularisation et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nantes, le 17 décembre 2025.
La présidente,
M. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,