Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur un recours en excès de pouvoir visant le refus de délivrance d'un visa, car l'autorité consulaire a accordé le visa sollicité après l'introduction de la requête, rendant ainsi la demande d'annulation sans objet. La juridiction applique l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour constater cette absence d'objet à statuer. Elle condamne néanmoins l'Etat à verser 500 euros aux requérants au titre des frais exposés, conformément à l'article L. 761-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2025, Mme F... E... et M. D... B..., représentés par Me Renaud, demandent au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 15 septembre 2025 par laquelle la sous-directrice des visas a rejeté le recours formé contre la décision de l’autorité consulaire française à Tananarive (Madagascar) refusant de délivrer un visa de court séjour à Mme A... E... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans un délai de quinze à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer la situation de Mme A... E... dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 300 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une production, enregistré le 29 décembre 2025, Mme A... E... et M. B... informent le tribunal que le visa sollicité a été délivré le 18 décembre 2025 par l’autorité consulaire française à Tananarive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».
Postérieurement à l’introduction de la requête, l’autorité consulaire française à Tananarive a délivré, le 18 décembre 2025, le visa sollicité à Mme A... E.... Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de Mme A... E... et M. B... aux fins d’annulation et d’injonction sont devenues sans objet. Dès lors, il n’y a pas lieu d’y statuer.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme totale de 500 euros au titre des frais exposés par Mme A... E... et M. B... et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A... E... et M. B... aux fins d’annulation et d’injonction.
Article 2 : L’Etat versera à Mme A... E... et M. B... la somme totale de 500 (cinq cents) euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... E..., à M. D... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 6 février 2026.
La présidente,
V. Poupineau
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,