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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2519367

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2519367

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2519367
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHAUVIERE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’exécution de la décision du préfet de la Loire-Atlantique refusant le renouvellement du titre de séjour de M. A..., ressortissant guinéen. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, vice de procédure, méconnaissance des articles L. 425-9 et R. 425-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme) ne créait, en l’état, un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d’urgence n’a pas été examinée. La requête est rejetée, y compris les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2025 et le 25 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Chauvière, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 10 octobre 2025 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour jusqu’à ce qu’il ait statué sur sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est présumée satisfaite s’agissant d’un refus de renouvellement de titre de séjour ; en outre, la décision contestée préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation dès lors qu’il réside sur le territoire français depuis 2009 et qu’il est bénéficiaire d’un titre de séjour depuis 2016 ; le refus de titre de séjour opposé par le préfet de la Loire-Atlantique le prive du bénéfice du revenu de solidarité active et de l’allocation personnalisée au logement ; en outre, en l’absence d’un titre de séjour, il ne pourra pas se maintenir dans le logement social qu’il occupe actuellement et ne pourra plus bénéficier du remboursement de ses frais de santé.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* il n’est pas justifié de la compétence de son signataire ;
* elle est entachée d’un défaut de motivation ;
* elle est entachée d’un vice de procédure dès lors que le préfet n’a pas saisi la commission du titre de séjour préalablement à son édiction ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l’article R. 425-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’il n’est pas établi que l’avis du collège des médecins de l’OFII a été rendu à l’issue d’une délibération collégiale ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
* elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 6 novembre 2025.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 novembre 2025 sous le numéro 2519415 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Sarda, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 24 novembre 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Sarda, juge des référés,
- les observations de Me Chauvière, avocate de M. A..., en sa présence.

La clôture de l’instruction a été différée au 25 novembre 2025 à 14h00.

Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant guinéen, né le 17 mai 1989, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 10 octobre 2025 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

3. Aucun des moyens invoqués par M. A..., tels qu’énoncés dans les visas de la présente ordonnance, ne paraît, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. A... en toutes ses conclusions.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Chauvière et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 27 novembre 2025.

Le juge des référés,




M. SARDA

La greffière,




J. DIONIS

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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