Le Tribunal administratif de Nantes rejette par ordonnance une requête en excès de pouvoir visant à contester le rejet implicite d'un recours administratif contre l'ajournement d'une demande de naturalisation. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car elle a été déposée hors délai, le recours contentieux ayant été introduit après l'expiration du délai de deux mois suivant la décision implicite de rejet. La solution s'appuie sur les articles R. 421-1 du code de justice administrative et 45 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, qui fixent les délais de recours.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2025, M. B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté son recours formé contre la décision du 27 mars 2025 du préfet du Val de Marne ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder au réexamen de sa situation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
2.
Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (…) ».
3.
Aux termes de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation : « Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif ».
4. M. A... a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 27 mars 2025 d’ajournement à deux ans du préfet du Val de Marne dont il a été accusé réception le 27 mars 2025, avec mention des voies et délais de recours. Une décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire est née du silence gardé par l’administration le 27 juillet 2025. Le requérant avait dès lors jusqu’au 28 septembre 2025 pour déposer un recours contentieux. Par conséquent, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 26 novembre 2025 est tardive. Il en résulte qu’il y a lieu de rejeter la requête, entachée d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance, en faisant application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Nantes, le 11 mars 2026.
La présidente,
M.-P. Allio-Rousseau
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,