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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2522276

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2522276

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2522276
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la requête de M. B... qui demandait la suspension de décisions de refus de visa de long séjour pour ses enfants et son épouse. Le juge constate que le requérant n'a pas produit la copie de ses recours administratifs préalables obligatoires devant la commission de recours contre les refus de visa, comme l'exige l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Faute de justifier de la saisine valable de cette commission, la demande est irrecevable. L'ordonnance est rendue sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2025, M. C... G... B..., agissant en son nom propre et pour le compte des enfants mineurs E... B... et F... B..., doit être regardé comme demandant au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours contre les décisions du 15 octobre 2025 des autorités consulaires à Dakar refusant à M. B... F... et à Mme B... E... ainsi que la suspension de l’exécution de la décision du 6 novembre 2025 par laquelle ces mêmes autorités ont refusé un visa de long séjour au titre du regroupement familial à Mme D... A... ;
2°) d’enjoindre à l’administration de réexaminer les demandes de visa dans un délai de quinze jours ou de délivrer les visas sollicités, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat les frais de justice sur le fondement des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;

Vu les pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l’article L. 521‑1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est irrecevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes de l’article D. 312‑3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312‑4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. L’objet même du référé organisé par les dispositions législatives mentionnées ci-dessus de l’article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l’urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d’une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l’exercice d’un recours administratif préalable avant de saisir le juge de l’excès de pouvoir, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l’administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l’intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu’il a engagé les démarches nécessaires auprès de l’administration pour obtenir l’annulation ou la réformation de la décision contestée.

4. En l’espèce, si M. B... fournit les avis de réception de ses deux recours administratifs préalables obligatoires exercés par devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, il ne fournit cependant aucune copie des recours eux-mêmes. Dans ces conditions, le requérant ne peut être regardé comme justifiant avoir saisi valablement la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, du recours administratif préalable obligatoire prévu par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dirigé contre les décisions attaquées. Il y a lieu, dès lors, de rejeter la requête, en toutes ses conclusions, en faisant application de la procédure prévue par les dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... G... B....

Copie en sera adressé au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 19 décembre 2025.

Le juge des référés,




Y. MAROWSKI

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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