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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2522880

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2522880

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2522880
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes rejette la requête de M. B... comme irrecevable. Le sujet principal est le recours contre une décision implicite de rejet concernant une demande de naturalisation. La juridiction constate que le recours contentieux, formé le 23 décembre 2025, est tardif, le délai de deux mois pour agir ayant expiré le 14 octobre 2025 suite à la décision implicite née le 13 août 2025. La solution est fondée sur les articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative et l'article 45 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2025, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence du ministre de l’intérieur sur son recours dirigé contre la décision du 9 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a ajourné à trois ans sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1.
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2.
Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». L’article R. 421-5 du même code dispose : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

3.
Aux termes de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 : « Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours (…) constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ».

4.
Il ressort des pièces du dossier que l’accusé de réception du recours administratif obligatoire préalable formé par M. B... contre la décision du préfet de la Seine-Maritime et délivré par les services du ministre de l’intérieur, comportait la mention des voies et délais de recours, en lui indiquant qu’en l’absence de décision explicite à son recours, enregistré le 13 avril 2025, dans un délai de quatre mois à compter de la date de sa réception, celui-ci serait réputé avoir fait l’objet d’une décision implicite de rejet qu’il lui serait loisible de contester devant le tribunal administratif de Nantes dans les deux mois suivant l’expiration de ce délai de quatre mois. Une décision implicite de rejet est donc née le 13 août 2025. Ainsi, le délai de recours contentieux s’est achevé le 14 octobre 2025. Par suite, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 23 décembre 2025, soit après l’expiration du délai du recours contentieux, est tardive. Dès lors, elle est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui ne peut être régularisée et doit être rejetée.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Nantes, le 13 mars 2026.

La présidente,




M. C...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,




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