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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2523033

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2523033

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2523033
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B... demandant la suspension du refus de visa de long séjour pour son époux dans le cadre du regroupement familial. La requérante invoquait l'urgence et une atteinte à sa vie familiale protégée par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le juge a estimé que la requête était manifestement irrecevable car elle ne contenait aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, condition requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. La demande a donc été rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 décembre 2025, Mme C... B... doit être regardée comme demandant au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision par laquelle l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) a refusé de déliver à M. D... A... un visa de long séjour au titre du regroupement familial.

Elle soutient qu’il y a urgence à suspendre l’exécution de la décision attaquée, dès lors que celle-ci l’empêche de mener une vie conjugale normale avec son conjoint, avec lequel elle est mariée depuis près de trois ans ; elle ne peut se rendre qu’une fois par an au Sénégal ; la poursuite de cette séparation fait obstacle à la réalisation de leur projet de vie commune et porte atteinte à leur vie familiale et conjugale protégée par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Guilloteau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les noms et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration d’un délai de recours ».

Si Mme B... soutient qu’il y a urgence à obtenir la suspension de l’exécution de la décision en litige en raison de la durée de séparation prolongée qui en résulte, sa requête est toutefois dépourvue de tout moyen tendant à démontrer l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Elle est, pour ce motif, manifestement irrecevable et doit dès lors être rejetée, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : la requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B....


Fait à Nantes, le 8 janvier 2026.


Le juge des référés,



T. GUILLOTEAU


La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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