Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté municipal refusant la titularisation d'une agente communale. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (dont le défaut de motivation et les vices de procédure) ne créait un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. La demande de condamnation pécuniaire de la commune a également été rejetée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires, enregistrées les 16 et 29 janvier 2026 et un mémoire complémentaire enregistré le 2 février 2026, Mme A... B..., représentée par Me Caverne, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 novembre 2025 par lequel le maire de la commune de Vairé a refusé sa titularisation ;
2°) d’enjoindre à l’administration de la réintégrer sous quinzaine sous astreinte de 150 € de jour de retard au poste de rédacteur, prononcer sa titularisation et lui rétrocéder son traitement pour les périodes concernées;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vairé le versement de la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision porte atteinte à sa carrière professionnelle et à sa situation financière, qu’elle a des conséquences psychologiques ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision est insuffisamment motivée ;
*elle est entachée de vices de procédure : elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ; la composition de la commission administrative paritaire était irrégulière ;
* elle est entachée d’erreur de fait, d’erreur manifeste d'appréciation et de détournement de pouvoir et de procédure ;
*elle est entachée d’un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2026, la commune de Vairé, représentée par Me Tertrais, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que soit mis à la charge de Mme B... le versement de la somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 29 janvier 2026 à 10H30 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Me Caverne, avocat de Mme B..., requérante, en présence de l’intéressée ;
- les observations de Me Tertrais, représentant la commune de Vairé.
La clôture de l’instruction a été reportée au 2 février 2026 à 12H00.
Des pièces complémentaires, présentées en délibéré par Mme B..., ont été enregistrées le 2 février 2026 et n’ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
Mme B... demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l’exécution de l’arrêté du 24 novembre 2025 par lequel le maire de la commune de Vairé a refusé sa titularisation.
Aucun des moyens invoqués par Mme B..., tels qu’énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de Mme B... en toutes ses conclusions.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Vairé sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vairé sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et à la commune de Vairé.
Fait à Nantes, le 4 février 2026
Le juge des référés,
Y. MAROWSKI
La greffière,
A.L. BOUILLAND
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,