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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2600993

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2600993

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2600993
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEY

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes rejette par ordonnance un recours en excès de pouvoir contre le rejet d'une demande de naturalisation. Le requérant n'a pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre de l'intérieur, prévu à l'article 45 du décret du 30 décembre 1993. La requête est donc déclarée manifestement irrecevable au titre de l'article R. 222-1 du code de justice administratif.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Bey, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 4 décembre 2025 par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de naturalisation ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui accorder la nationalité française, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».



En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale.

La requête déposée par M. A... n’était pas accompagnée de la copie de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée à son avocat par le biais de l’application « Télérecours » le 20 janvier 2026 et dont il a été accusé réception le même jour, M. A... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.




O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Nantes, le 17 mars 2026.

La présidente,





M. C...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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