Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme B... visant à contester le rejet implicite de son recours hiérarchique contre un refus de naturalisation. La juridiction estime la requête manifestement irrecevable car elle a été enregistrée après l'expiration du délai de deux mois pour agir, lequel avait commencé à courir le 4 novembre 2025. La décision s'appuie sur les dispositions du code de justice administratif relatives aux délais de recours (articles R. 421-1 et R. 421-5) et au pouvoir de rejet par ordonnance (article R. 222-1).
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2026, Mme A... B..., représentée par Me Traore, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite née du silence gardé par le ministre de l’intérieur sur le recours hiérarchique formé contre sa décision du 17 juin 2025 rejetant sa demande de naturalisation ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
2.
Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (…) ». L’article R. 421-5 du même code dispose : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».
3.
Il ressort des pièces du dossier que Mme B... a formé un recours hiérarchique contre la décision du ministre de l’intérieur du 17 juin 2025, lequel a été rejeté par une décision implicite née du silence gardé par le ministre le 4 novembre 2025. Ainsi, le délai de recours a commencé à courir le 4 novembre 2025 pour s’achever le 5 janvier 2026. Par suite, la requête enregistrée le 22 janvier 2026, soit après l’expiration du délai de recours contentieux, est tardive. Dès lors, elle est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui ne peut être régularisée et doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Nantes, le 6 février 2026.
Le président,
T. Giraud
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,