**Sujet principal** : Recours contre une décision préfectorale déclarant irrecevable une demande de naturalisation.
**Juridiction** : Tribunal administratif de Nantes (statuant par ordonnance).
**Solution retenue** : La requête est rejetée comme manifestement irrecevable.
**Textes appliqués et motifs** : L'ordonnance s'appuie sur l'article 45 du décret du 30 décembre 1993, qui impose un recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre de l'Intérieur avant tout contentieux. Le requérant n'ayant pas justifié de l'exercice de ce recours préalable, malgré une mise en demeure de régulariser, sa demande est irrecevable devant le tribunal.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 janvier 2026, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l’article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A... C....
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 31 mai 2025, M. A... C... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 30 mai 2025 par laquelle le préfet de police de Paris a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation ;
2°) d’enjoindre aux autorités compétentes de réexaminer sa demande de naturalisation.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
En vertu de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, la décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation peut faire l'objet, dans les deux mois suivant sa notification, d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations. Aux termes du deuxième alinéa de cet article, ce recours « constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d’irrecevabilité de ce dernier ». Il s’ensuit que le tribunal administratif de Nantes ne peut être saisi directement de la décision du préfet mais seulement de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur le recours formé contre la décision préfectorale.
La requête déposée par M. C... n’était pas accompagnée de la copie de la décision du ministre de l’intérieur statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée au requérant par le biais de l’application « Télérecours citoyens » le 27 janvier 2026 et dont il a été accusé réception le 18 février 2026, M. C... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l’encontre de la décision du préfet statuant sur sa demande de naturalisation, le recours administratif préalable obligatoire. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....
Fait à Nantes, le 11 mars 2026.
La présidente,
M. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,