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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2601525

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2601525

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2601525
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPHILIPPON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes statue sur une requête en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Saisi initialement, le tribunal constate que le requérant a été placé en rétention administrative à Coquelles (Pas-de-Calais) après l'introduction de son recours. En application des articles R. 922-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 351-3 du code de justice administrative, il se déclare incompétent territorialement et transmet le dossier au Tribunal administratif de Lille, dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention.

Texte intégral

Le président du tribunal,Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 janvier 2026, M. A... B..., représenté par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 25 novembre 2025 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de six mois à compter de l’exécution de cette obligation ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 25 euros par jour de retard, subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, ou à son profit en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.

Par une production enregistrée le 5 mars 2026, le préfet de l’Oise informe le tribunal du placement de M. B... au centre de rétention administrative de Coquelles (62).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu’une cour administrative d’appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu’il estime relever de la compétence d’une juridiction administrative autre que le Conseil d’Etat, son président, ou le magistrat qu’il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu’il estime compétente (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 922-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, applicable en cas de placement en rétention ou d’assignation à résidence de l’étranger faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français : « Lorsque l’étranger est assigné à résidence en application de l’article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l’introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d’assignation, de rétention ou de détention. / Lorsque, en cours d’instance, l’étranger est assigné à résidence en application de l’article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou placé en détention, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d’assignation, de rétention ou de détention. Le dossier est transmis à ce tribunal s’il diffère de celui devant lequel la requête a été présentée. ». L’article R. 221-3 du code de justice administrative dispose que : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Orléans : Cher, Eure-et-Loir, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Loiret ;».
3. Par une décision du 25 novembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à M. B..., a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de six mois à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français.

4. Le préfet de l’Oise a informé le tribunal le 5 mars 2026 que le requérant a été placé en rétention au centre de rétention administrative de Coquelles, dans le département du Pas-de-Calais. En vertu des dispositions citées au point 2, le tribunal administratif de Nantes n’est pas territorialement compétent pour connaître du présent litige. Il en résulte qu’il y a lieu de transmettre sans délai le dossier de la requête de M. B... au tribunal administratif de Lille, dans le ressort duquel se trouve ce centre.


O R D O N N E :


Article 1er : Le dossier de la requête de M. B... est transmis au tribunal administratif de Lille.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au préfet de la Loire-Atlantique et au président du tribunal administratif de Lille.


Fait à Nantes, le 5 mars 2026.

Le président du tribunal,





C. Hervouet

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