Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux refusant un titre de séjour et prononçant une obligation de quitter le territoire, une interdiction de retour et une assignation à résidence. Le préfet ayant abrogé et remplacé les décisions contestées après l'introduction du recours, le tribunal a fait droit à l'exception de non-lieu à statuer, rendant la requête sans objet. La décision s'appuie sur les principes généraux de la procédure contentieuse administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2026, M. B... A..., représenté par Me Bengono, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 23 janvier 2026 par lequel le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être reconduit d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans ;
2°) d’annuler l’arrêté du 23 janvier 2026 par lequel le préfet de la Sarthe l’a assigné à résidence sur le territoire de la ville du Mans (72000) pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de statuer à nouveau sur sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un vice de procédure tenant au défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d’erreur de droit dans l’application des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant et est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne la mesure d’assignation à résidence :
- cette décision est illégale en conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2026, le préfet de la Sarthe conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que les décisions contestées ont été abrogées le 2 février 2026 et que de nouvelles décisions ayant le même objet ont été édictées le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lamarche, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure de l’article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Lamarche a été entendu au cours de l’audience publique du 18 février 2026.
Les parties n’étant ni présentes ni représentées, la clôture de l’instruction a été prononcée à la suite de l’appel de l’affaire à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., ressortissant égyptien né le 1er juillet 1986, déclare être entré en France le 30 septembre 2007. Sa première demande de délivrance d’un titre de séjour, déposée le 27 juin 2018, a été rejetée par un arrêté en date du 8 décembre 2018 portant, en outre, obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour pour une durée d’un an. Le 20 octobre 2021, M. A... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 5 juin 2023, le préfet de la Sarthe a refusé de faire droit à sa demande et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le 16 avril 2025, le requérant a présenté une nouvelle demande d’admission exceptionnelle au séjour, instruite sur le fondement des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 23 janvier 2026, le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être reconduit d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans. Par un arrêté du même jour, le préfet l’a assigné à résidence sur le territoire de la ville du Mans (72000) pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. A... au tribunal d’annuler ces deux arrêtés.
Sur l’exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Il ressort des pièces produites en défense que, postérieurement à l’introduction de la requête de M. A..., le préfet de la Sarthe a, par deux arrêtés du 2 février 2026, abrogé dans toutes leurs dispositions les arrêtés des 23 janvier 2026 en litige et a de nouveau, d’une part, refusé de délivrer un titre de séjour au requérant, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans et, d’autre part, l’a assigné à résidence sur le territoire de la ville du Mans (72000) pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable. M. A..., qui a accusé réception du mémoire en défense du préfet de la Sarthe dès le 18 février 2026, n’a pas produit de mémoire complémentaire et n’a pas redirigé ses conclusions à fin d’annulation à l’encontre des arrêtés du 2 février 2026. Par suite, sa requête a perdu son objet. Il n’y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation des arrêtés du 23 janvier 2026 ainsi que les conclusions à fin d’injonction présentées dans le cadre de cette requête.
Sur les frais de l’instance :
3. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État le versement à M. A... de la somme demandée au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de M. A....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., au préfet de la Sarthe et à Me Bengono.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2026.
La magistrate désignée,
M. LAMARCHE
La greffière,
G. PEIGNÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5