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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2602131

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2602131

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2602131
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHARTIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension du refus de visa opposé à Mme A... par le consulat français de Rabat. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (défaut de motivation, erreur de droit ou méconnaissance de l'article 8 de la CEDH) ne créait un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative relatives aux conditions du référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 2 et 17 février 2026, Mme B... A..., représentée par Me Chartier, doit être regardée comme demandant au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 10 janvier 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Rabat (Maroc) lui ont refusé la délivrance d’un visa ;

2°) d’enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite :
* l’époux de Mme A... doit être transféré vers un établissement où il pourra bénéficier des soins nécessaires, la présence de Mme A... est indispensable pour l’accompagner ; compte tenu de son état, il ne peut se déplacer seul ni accomplir de démarche de manière autonome ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d’une erreur de droit et d’une erreur manifeste d’appréciation en ce que le motif de refus est le risque de détournement de l’objet du visa, or, Mme A... souhaite uniquement aider son époux qui ne peut plus vivre seul, elle n’est jamais venue en France alors que son époux y réside depuis vingt ans, et elle justifie de ses attaches au Maroc ;
* elle méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2026, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A... n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 février 2026 sous le numéro 2602121 par laquelle Mme A..., demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 17 février 2026 à 11h00 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Mme A... doit être regardée, en l’absence de naissance, à la date de la présente ordonnance, de toute décision prise sur le recours administratif préalable obligatoire qu’elle a exercé le 2 février 2026, comme demandant au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 10 janvier 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Rabat (Maroc) lui ont refusé la délivrance d’un visa.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

Aucun des moyens invoqués par Mme A..., tels qu’énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l’état de l’instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 10 janvier 2026 par laquelle les autorités consulaires françaises à Rabat (Maroc) lui ont refusé la délivrance d’un visa.

Il y a lieu, en conséquence, de rejeter la requête en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 19 février 2026.

Le juge des référés,




Y. Marowski

La greffière,




A-L. Bouilland

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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