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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2603368

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2603368

vendredi 6 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2603368
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision rejetant une mobilité d'un fonctionnaire. Le juge décline sa compétence territoriale, estimant que le litige relève du tribunal administratif de Melun, dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation de l'agent. La décision s'appuie sur les articles R. 312-12 et R. 522-8-1 du code de justice administrative concernant la compétence territoriale en matière de contentieux de la fonction publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 février 2026, M. B... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 14 janvier 2026 par laquelle la cheffe du bureau de la gestion du personnel militaire de la région de gendarmerie d’Ile-de-France a rejeté sa demande de mobilité au sein des services de l’administration territoriale de l’Etat.

Il soutient qu’adjoint administratif titulaire catégorie C de la fonction publique, au ministère de l’intérieur depuis le 1er septembre 2024, il s’est vu refuser à deux reprises par son autorité hiérarchique des demandes de mobilité alors que d’autres de ses collègues ont pu en bénéficier, bien que leur durée de services sur leur poste fût inférieure à la sienne ; il ne peut ainsi bénéficier d’une affectation dans sa ville d’origine ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 du même code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ». Enfin, aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Melun : (…), Val-de-Marne ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 312-1 du code précité : « Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée ou a signé le contrat litigieux. (…). Aux termes de l’article R. 312-12 du même code : « Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. (…).

3. La décision contestée concerne un refus de faire droit à une demande de mutation géographique d’un fonctionnaire de l’Etat. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A..., adjoint administratif titulaire au ministère de l’intérieur depuis le 1er septembre 2024, était affecté dans la région de gendarmerie d’Ile-de-France, au Fort de Charenton, sur le territoire de la commune de Maisons-Alfort, dans le département du Val-de-Marne. Le présent litige ne relève donc pas de la compétence du tribunal administratif de Nantes mais de celui de Melun, dans le ressort duquel se trouve la commune du lieu d’affectation actuel de M. A.... Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l’article R. 522- 8- 1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 de ce même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A...

Fait à Nantes, le 6 mars 2026.

Le juge des référés,




J. DANET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière

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