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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2604499

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2604499

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2604499
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantYAMOVA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'un refus de visa court séjour pour visite familiale. Le juge a jugé la requête irrecevable car le requérant n'a pas prouvé avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la sous-directrice des visas, comme l'exige l'article D. 312-3 du CESEDA. De plus, il a estimé que la situation décrite, bien que difficile, ne caractérisait pas l'urgence particulière nécessaire pour une suspension avant la décision de l'administration sur ce recours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Yamova, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle la sous directrice des visas a rejeté le recours formé contre la décision du 22 octobre 2025 par laquelle l’ambassade de France à Abou-Dabi (Emirats Arabes Unis) a refusé de lui délivrer un visa court séjour pour visite familiale ;

2°) d’enjoindre à la sous-directrice des visas, à titre principal ou toute autre autorité compétente de lui délivrer le visa demandé dans le délai de quinze jours suivant la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 400 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il n’a pas revu sa mère, qui est réfugiée en France, ni son frère cadet depuis l’année 2022, soit depuis près de quatre années et ce alors que son père, divorcé de sa mère, vit en Russie et se désintéresse totalement de ses enfants, avec lesquels il n’entretient plus de relations faisant du requérant la seule figure masculine et le principal repère fraternel dans la vie d’Aleksei qui vit mal cette séparation ;
- il existe un doute sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d’urgence.

Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « (…) Le sous-directeur des visas, au sein de la direction générale des étrangers en France du ministère de l'intérieur, est chargé d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de court séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. / La saisine de l'une ou l'autre de ces autorités, selon la nature du visa sollicité, est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ».

D’une part, dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressée. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

D’autre part, sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d’entrée et de court séjour en France ne constitue pas une situation d’urgence caractérisée rendant nécessaire l’intervention du juge des référés.

En se bornant à produire la copie du bordereau de la société EMS de l’envoi du courrier qu’il aurait adressé le 7 novembre 2025 à la sous-direction des visas, sans pour autant produire l’accusé de réception de ladite sous-direction, M. B... n’établit pas avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire visé par les dispositions de l’article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile préalablement à l’exercice de son recours contentieux. La requête est dès lors irrecevable. En tout état de cause, alors que l’octroi d’un visa de court séjour pour visite familiale ne constitue pas un droit, les seules circonstances évoquées, pour regrettables qu’elles soient, ne sont pas de nature à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la sous-directrice des visas, sous réserve qu’elle soit saisie du recours préalable obligatoire prévu à l’article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’apprécier l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 12 mars 2026.

Le juge des référés,




P. ROSIER


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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