Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus de visa opposé à la compagne et au fils du requérant. Le juge constate que la requête est irrecevable car elle n'est pas accompagnée de la décision attaquée, en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. La demande est donc rejetée sans examen du fond, notamment des moyens tirés de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mars 2026, M. A... B... doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution d’une décision par laquelle une autorité consulaire française a refusé de délivrer à sa compagne et à leur fils un visa court séjour pour visite familiale.
Il fait valoir son incompréhension, en tant que citoyen français, quant au motif de risque de détournement de l’objet du visa qui est opposé à sa compagne, de nationalité camerounaise, et à leur fils de huit mois, de nationalité française, et soutient que la décision méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et de l’article 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d’urgence.
Par ailleurs, aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation (…) ».
En l’espèce, la requête de M. B..., qui doit être regardé comme se fondant sur les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, n’est pas accompagnée de la décision dont il demande la suspension, en méconnaissance des dispositions précitées de l’article R. 412-1 du code de justice administrative, sans que soit invoquée une quelconque impossibilité de joindre celle-ci à la requête. Par suite, ses conclusions à fin de suspension sont manifestement irrecevables.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 12 mars 2026.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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