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Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2620263

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2620263
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 28 et 30 septembre 2026 ainsi que le 1er octobre 2026, M. C... A... et Mme B... A... demandent au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au ministre de l'Europe et des affaires étrangères de faire délivrer à Mme A..., le visa de long séjour sollicité, sous astreinte de 500 € par jour de retard, dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir.

Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence est remplie : l'absence de délivrance du visa depuis le 16 septembre 2026 sépare anormalement le requérant français de son épouse et paralyse leur liberté de circulation ;
-il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect à la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et par la directive européenne 2004/38/CE ainsi qu’aux droits de la défense ;

Par un mémoire, enregistré le 1er octobre 2026, M. C... A... et Mme B... A... concluent :

1°) au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à la délivrance du visa litigieux sous astreinte;

2°) à ce que l’Etat soit condamné à leur verser la somme de 5000 euros en réparation de leur préjudice moral ;

3°) au versement par l’Etat de la somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :
• le visa litigieux a été délivré le 29 septembre 2026;
• ils ont subi un préjudice moral résultant du harcèlement administratif, de la dissimulation de preuves et de l’atteinte grave à leur santé.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2004/38/CE ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Selon l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ». L’article L. 522-3 dispose cependant que « lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

Sur les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte :

3. M. et Mme A... indiquent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures, que le visa litigieux leur a été délivré le 29 septembre 2026 et concluent au non-lieu à statuer. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d’injonction sous astreinte sont dépourvues d’objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions aux fins d’indemnisation :

4. En l’espèce, les requérants demandent au titre de la procédure de référé, en se prévalant de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, que le juge des référés condamne l’Etat à la réparation de leur préjudice moral. Une telle demande n’entre dans aucune des compétences conférées audit juge par les dispositions du livre V du code de justice administrative.


Sur les frais liés à l’instance :

5. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M et Mme A... aux fins d’injonction sous astreinte.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et Mme B... A....

Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 1er octobre 2026.

Le juge des référés,



Y. Marowski

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,