lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2500829 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BARROVECCHIO |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2500829, enregistrée le 21 février 2025, Mme D B, assignée à résidence, représentée par Me Barrovecchio demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024, notifié le 14 février suivant, par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assignée à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordé.
Elle soutient qu'elle a déposé une demandé l'asile au nom de sa fille mineure, qu'un recours est pendant devant la Cour nationale du droit d'asile et que la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français, dont elle a fait l'objet le 26 janvier 2024, risque de la séparer de sa fille ce qui est contraire au paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2025, le préfet de Loir-et-Cher conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et subsidiairement, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il a décidé d'abroger l'arrêté attaqué afin de permettre le maintien de la requérante sur le territoire national le temps de l'instruction de la demande d'asile de son enfant ;
- en tout état de cause, les moyens invoqués sont inopérants.
II°) Par une requête n° 2500830, enregistrée le 21 février 2025, M. C A, assigné à résidence, représenté par Me Barrovecchio demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2025 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordé.
Il soutient que sa compagne a déposé une demande d'asile au nom de sa fille mineure, qu'un recours est pendant devant la Cour nationale du droit d'asile et que la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français, dont il a fait l'objet le 26 janvier 2024, risque de le séparer de sa fille ce qui est contraire au paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2025, le préfet de Loir-et-Cher conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et subsidiairement, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il a décidé d'abroger l'arrêté attaqué afin de permettre le maintien du requérant sur le territoire national le temps de l'instruction de la demande d'asile de son enfant ;
- en tout état de cause, les moyens invoqués sont inopérants.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lesieux, vice-présidente, pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions contestées dans le cadre des procédures visées au titre II du livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesieux a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B et M. A, ressortissants guinéens nés respectivement en 1999 et en 1995, ont fait l'objet chacun d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, prise par arrêtés du 26 janvier 2024 par le préfet de Loir-et-Cher. Par deux arrêtés du 9 juillet 2024, notifié le 14 février suivant à Mme B, et du 18 février 2025, notifié le 20 février suivant à M. A, le préfet de Loir-et-Cher les a assignés à résidence dans ce département sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme B et M. A demandent au tribunal, chacun en ce qui le concerne, d'annuler ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2500829 et 2500830, présentées par Mme B et M. A concernent la situation d'un couple, présentent à juger de questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, à la date à laquelle le juge est saisi, l'administration a abrogé l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet la requête formée à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
4. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction des recours de Mme B et de M. A, le préfet de Loir-et-Cher a, par deux arrêtés du 7 mars 2025, abrogés les arrêtés en litige. Toutefois, ces arrêtés ont produit des effets entre leur date d'édiction et leur date d'abrogation. En outre, les arrêtés du 7 mars 2025, notifiés le 10 mars 2025, ne revêtent pas un caractère définitif. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de Loir-et-Cher ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
6. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
7. Pour contester la mesure d'assignation à résidence prise à leur encontre sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les requérants font valoir la demande d'asile déposée par Mme B au nom de sa fille mineure et la circonstance qu'un recours est pendant devant la Cour nationale du droit d'asile contre la décision de rejet du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 27 novembre 2024. Ils se bornent cependant à invoquer les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et l'intérêt supérieur de leur fille à pouvoir se maintenir sur le territoire français, avec ses deux parents, le temps de l'instruction de son recours. Toutefois, une mesure d'assignation à résidence n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les requérants de leur fille. Ainsi, eu égard à leur portée, les arrêtés attaqués ne méconnaissent pas, par eux-mêmes, le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
8. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme B et de M. A doivent être rejetées en toutes leurs conclusions, sans qu'il y ait lieu d'accorder aux requérants le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B et de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à M. C A et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2025.
La magistrate désignée,
Sophie LESIEUXLe greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2500830
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.
01/06/2026