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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2100198

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2100198

mercredi 10 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2100198
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2021, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler les deux décisions du 1er décembre 2020 par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder la remise de ses dettes de prime d'activité pour des montants de 896,01 euros et de 1 128,12 euros ;

2°) de lui accorder une remise totale de ses dettes.

Elle soutient que :

- elle élève seule ses deux enfants ;

- l'indu provient d'une incompréhension avec les services de l'administration ;

- la caisse d'allocations familiales lui a donné des indications erronées et c'est sur ce fondement qu'elle s'est écartée des précisions communiquées sur l'imprimé ;

- elle a subi une perte importante de revenu en raison de la pandémie de covid-19.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2021, la caisse d'allocations familiales des Ardennes conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 31 juillet 2018, Mme B qui exerce en tant qu'auto-entrepreneur en art-thérapie a effectué une demande de prime d'activité. A la suite d'un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales des Ardennes a constaté que Mme B avait déclaré en net ses revenus mensuels. Cette circonstance, lui ayant permis de bénéficier à deux reprises d'un abattement de 34% sur ses revenus, alors que cet abattement doit en principe s'opérer sur le chiffre d'affaires mensuel brut, a ainsi conduit la caisse a recalculer les droits de Mme B au titre de la prime d'activité. En conséquence, par un courrier du 1er septembre 2020, un indu d'un montant de 2 024,13 euros a été notifié à Mme B au titre de la prime d'activité qu'elle a perçue depuis le 1er janvier 2019, cette somme s'ajoutant à un précédent indu pour un total, toutes dettes confondues, de 2 318,73 euros. Par un courrier adressé à la caisse d'allocations familiales le 14 octobre 2020, Mme B a demandé une remise de sa dette, laquelle comporte un indu de 246,65 euros, un indu de 896,01 euros et un indu de 1 128,12 euros. Par une décision du 1er décembre 2020, la caisse d'allocations familiales des Ardennes lui a octroyé une remise de sa dette de 130,95 euros. Par deux décisions du 1er décembre 2020, la caisse d'allocations familiales des Ardennes a refusé de lui accorder des remises de ses dettes de 896,01 euros et de 1 128,12 euros. Mme B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions et de lui accorder une remise totale de ses dettes.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du code de la sécurité sociale : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes les informations nécessaires à l'établissement du calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaitre à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et par l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

4. Il résulte de l'instruction que la dette de prime d'activité, dont le bien-fondé n'est pas contesté, trouve son origine dans des erreurs de déclaration des revenus professionnels de Mme B. Si sa bonne foi n'est pas remise en cause, la requérante n'établit pas par ses seules affirmations qu'elle aurait reçu de la caisse d'allocations familiales des Ardennes des informations trompeuses qui l'auraient conduite à se méprendre sur les sommes à déclarer. Par ailleurs, Mme B n'a pas produit, dans la présente instance, de documents permettant d'attester de ses charges et ressources actuelles. Ainsi, alors même qu'elle s'en prévaut, Mme B n'établit pas que sa situation financière ne lui permettrait pas de faire face au remboursement de l'indu mis à sa charge. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'une remise totale de ses dettes doit lui être accordée ni à demander l'annulation des deux décisions du 1er décembre 2020 de la caisse d'allocations familiales des Ardennes refusant de lui accorder des remises de ses dettes de prime d'activité d'un montant de 896,01 euros et 1 128,12 euros.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales des Ardennes.

Copie en sera adressée pour information au préfet des Ardennes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

P. CLa greffière,

Signé

I. ROLLAND

N°2100198

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