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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2100243

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2100243

mercredi 10 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2100243
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - 3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 février 2021, Mme B D et M. A C demandent au tribunal de leur accorder une remise totale de leur dette, d'un montant de 2 279,16 euros, correspondant à un indu de prime d'activité.

Ils soutiennent que :

- l'indu provient d'une erreur de leur part ;

- ils sont dans une situation de précarité financière ;

- ils ne travaillent pas.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2021, la caisse d'allocations familiales de la Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens des requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2021, le préfet de la Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens des requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme D étaient bénéficiaires de la prime d'activité depuis le mois de décembre 2018. A la suite d'un contrôle de leurs situations et d'un réexamen de leurs droits, la caisse d'allocations familiales de la Marne a intégré le montant des pensions alimentaires perçues par M. C durant l'année 2018 qui n'avaient pas été déclarées et celles perçues en 2019 qui avaient fait l'objet d'une sous-estimation dans les déclarations. En conséquence, par un courrier du 22 juin 2020, la caisse d'allocations familiales de la Marne leur a notifié un indu d'un montant de 3 088,88 euros au titre de la prime d'activité perçue du 1er décembre 2018 au 29 février 2020. Par deux courriers adressés à la caisse d'allocations familiales de la Marne, les 29 juin 2020 et 8 juillet 2020, les intéressés ont sollicité une remise de dette. Par une décision du 17 décembre 2020, la caisse d'allocations familiales de la Marne leur a accordé une remise partielle de leur dette, mais a laissé à leur charge une somme de 2 279,16 euros. Mme D et M. C demandent au tribunal de leur accorder une remise totale de cette dette.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Aux termes de l'article R. 846-5 du code de la sécurité sociale : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes les informations nécessaires à l'établissement du calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaitre à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et par l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité, d'un montant initial de 3 088,88 euros ramené à 2 279,16 euros après une remise gracieuse, dont le bien-fondé n'est pas contesté par Mme D et M. C, trouve son origine dans les pensions alimentaires perçues par M. C durant les années 2018 et 2019, lesquelles s'élèvent à un montant total de 4 224 euros, et qui n'avaient pas été déclarées en 2018 ou avaient été minorées dans les déclarations de 2019. Il est constant que ces omissions qui s'étalent sur une période de deux ans n'ont été révélées qu'à l'occasion d'un contrôle de la caisse d'allocations familiales de la Marne. D'une part, les requérants, qui ne produisent aucune explication sur la différence de déclaration, n'apportent aucun élément permettant de considérer que ces omissions ont été commises de bonne foi. D'autre part, les intéressés ne justifient pas se trouver dans une situation de précarité telle qu'ils seraient dans l'incapacité de rembourser les sommes dues dans le cadre d'un échéancier aménagé par les services de la caisse d'allocations familiales de la Marne. Par suite, Mme D et M. C ne sont pas fondés à demander à ce qu'une remise gracieuse totale de leur dette leur soit accordée.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D et M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D et M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à M. A C et à la caisse d'allocations familiales de la Marne.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

P. ELa greffière,

Signé

I. ROLLAND

N°2100243

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