jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS ALAIN BENSOUSSAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 février 2021, 5 juillet 2021 et 13 février 2023, la société Viamedis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal :
1°) d'ordonner le rejet des titres de recettes qui ont fait l'objet d'un règlement par la société Viamedis ;
2°) d'ordonner le rejet du titre de recettes n° 22094 non transmis par l'hôpital de Joinville ;
3°) d'ordonner l'annulation des titres de recettes irréguliers ;
4°) d'ordonner la décharge du paiement de la somme de 40 609,35 euros mentionnée dans la saisie administrative à tiers détenteur et, par voie de conséquence, la mainlevée de cette dernière ;
5°) de mettre in solidum à la charge de la trésorerie de Saint-Dizier et de l'hôpital de Joinville la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêts au taux légal à compter de la requête introductive d'instance.
Elle soutient que :
- la saisie à tiers détenteur est irrégulière en ce qu'elle n'identifie pas distinctement les créanciers, l'empêchant de les identifier et sa mainlevée doit par suite être ordonnée ;
- les titres de recettes nos 50, 85, 120, 165, 436, 696, 19026, 19053, 19329, 19363 21213, 21277, 21654, 21657, 21829, 21855, 22236, 22242, 22489, 22700, 23376, 24899, 25052, 25557, 25569 et 26950 doivent être rejetés dès lors qu'ils ont fait l'objet d'un paiement ;
- en ce qui concerne les titres de recettes nos 20319 et 25062, les patients ne sont pas des bénéficiaires de la société Viamedis ;
- le titre de recette n° 22094 ne lui a jamais été notifié et la demande de duplicata jamais satisfaite ;
- en ce qui concerne le titre de recettes n° 22520, le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie, seuls 15 forfaits journaliers avaient été accordés alors que le paiement de 21 sont exigés ;
- s'agissant du titre de recettes n° 22685, le paiement incombe à la caisse d'assurance maladie des industries électriques et gazières, faute d'accord de prise en charge ;
- pour ce qui est du titre de recettes n° 22909, le montant n'est pas conforme à la prise en charge consentie dans la mesure où seulement 11 jours de chambre individuelle avaient été accordés et 17 sont facturés ;
- les titres de recettes nos 23623 et 26176 ne sont pas fondés, dès lors que les services mobiles d'urgence et de réanimation ne sont plus à la charge des régimes de santé mais financés par la dotation missions d'intérêt général d'aide à la contractualisation depuis le 1er mars 2017.
Par des mémoires en défense enregistrés les 22 mars et 30 juillet 2021, ainsi que le 24 mars 2023, le centre hospitalier de Joinville conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à l'exception des titres de recette nos 50, 85, 436 et 696 le centre hospitalier n'est pas l'ordonnateur des titres contestés ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2021, la direction départementale des finances publiques de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle valoir que :
- la requête est irrecevable dans la mesure où la contestation des actes de poursuite n'a pas été exercée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la saisie administrative à tiers détenteur ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Le centre hospitalier de Joinville a produit un mémoire en défense enregistrée le 24 avril 2023, qui n'a pas été communiqué.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 avril 2023 par une ordonnance du 29 mars précédent.
Par un courrier du 22 mai 2023, les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la contestation d'une saisie à tiers détenteur, qui constitue un acte visant à assurer le recouvrement d'une créance non fiscale, dévolue au juge judiciaire.
La société Viamedis a présenté des observations en réponse enregistrées le 24 mai 2023, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maleyre,
- et les conclusions de M. Deschamps, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société Viamedis assure, au nom d'organismes d'assurance maladie complémentaire, le bénéfice du tiers payant pour une part de dépenses non couvertes par la sécurité sociale. Le centre hospitalier de Joinville a émis à son encontre quatre titres de recettes. La trésorerie de Saint-Dizier a émis, le 1er décembre 2020, une saisie administrative à tiers détenteur (SATD) en vue d'assurer le recouvrement des sommes mises à la charge de la société par trente-quatre titres de recettes d'un montant total de 40 609,35 euros. La société Viamedis demande au tribunal l'annulation de ces titres de recettes, la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes et la mainlevée de la SATD.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur / () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois () / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des () sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / c) Pour les créances non fiscales () des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
4. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire : " Le juge de l'exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire () ".
5. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
6. Il en résulte que les conclusions de la société Viamedis tendant à la décharge de l'obligation de payer figurant dans la SATD prononcée par la trésorerie de Saint-Dizier le 1er décembre 2020 en vue du recouvrement forcé de la créance de 40 609,35 euros, et objet des titres exécutoires contestés, doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la recevabilité de certaines conclusions :
7. Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
8. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par lettre du 30 mars 2023, en application des dispositions précitées de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, la société Viamedis n'a pas produit, dans le délai de quinze jours qui lui avait été imparti, les titres de recettes contestés nos 50, 120, 436, 696, 19026, 19053, 19363, 21829, 21855, 22094, 23376, 24899, 25557, 25569 et 26176. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation et de décharge à l'encontre de ces titres de recettes sont irrecevables.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
9. Tant le centre hospitalier de Joinville, expressément visé par la requête, que la direction départementale des finances publiques de la Haute-Marne font valoir, sans être contredits et alors que leurs affirmations sont corroborées par les titres de recette fournis par la requérante, que l'hôpital n'est pas l'ordonnateur des titres de recettes nos 165, 19329, 20319, 21213, 21277, 21654, 21657, 22236, 22242, 22489, 22520, 22685, 22700, 22909, 23623, 25052, 25062 et 26950. Dès lors, les conclusions dirigées contre ces titres doivent être rejetées.
10. Il est constant que la société Viamedis a, antérieurement à l'enregistrement de sa requête, mis en paiement la somme contenue dans le titre de recette n° 85 pour un montant de 755 euros. Ce paiement a d'ailleurs entraîné une mainlevée partielle de la SATD à concurrence de cette somme. En se bornant à soutenir que le montant du titre de recette a été acquitté, la société Viamedis n'articule aucun moyen à l'appui de ses conclusions aux fins d'annulation de ce titre.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, à supposer qu'elle doive être regardée comme dirigée contre les conclusions aux fins d'annulation et de décharges des titres de recettes en litige, que la société Viamedis n'est pas fondée à demander l'annulation des titres de recettes contenus dans la SATD du 1er décembre 2020.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Joinville et de l'Etat, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, les sommes que la société Viamedis demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis aux fins de décharge de l'obligation de payer figurant dans la SATD contestée et tendant à sa mainlevée sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au centre hospitalier de Joinville et à la direction départementale des finances publiques de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Poujade, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
P-H. MALEYRELe président,
Signé
P. CRISTILLELe greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026