jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100651 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 mars 2021, 17 mai 2022 et 4 juillet 2023, l'association Préservons le Tardenois, l'association Marne Nature Environnement, la commune de Romigny, M. G B, M. E A et Mme D F, représentés par Me Chartrelle, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le préfet de la Marne a enregistré l'installation d'élevage de volailles de l'EARL Piot sur le territoire de la commune de Romigny ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont chacun intérêt à agir ;
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, dès lors que la délégation de signature de cette dernière n'est pas établie ;
- sa motivation est, premièrement, irrégulière au regard de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement dès lors que le préfet de la Marne s'est fondé sur les mesures prises pour limiter l'impact de l'installation sur l'environnement pour justifier la dispense d'évaluation environnementale, et, deuxièmement, insuffisante dès lors que la sensibilité environnementale du milieu n'est pas évaluée et qu'elle ne mentionne pas l'avis du service de l'archéologie de la direction régionale des affaires culturelles ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière au regard de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement dès lors que le préfet aurait dû soumettre cette demande d'enregistrement au régime de l'autorisation environnementale au regard, premièrement, de la sensibilité du milieu et de la localisation du projet, le préfet s'étant, en outre, à tort fondé à cet égard sur les mesures prises pour limiter l'impact sur l'environnement pour décider de ne pas soumettre le projet à une évaluation environnementale, deuxièmement, du cumul d'incidences avec d'autres projets comportant également des épandages, et, troisièmement, de l'importance des aménagements aux prescriptions qui lui sont applicables proposés par le demandeur concernant la solution complémentaire pour l'approvisionnement en eau de l'installation ;
- le dossier de demande d'enregistrement était incomplet dès lors, premièrement, que le plan 1/200 prévu par l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement n'a pas été fourni et, deuxièmement, que l'arrêté portant enregistrement de l'installation reprend un plan à son annexe 2 qui n'était pas présent dans le dossier de demande d'enregistrement ;
- ce dossier était irrégulier au regard de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique 2111 dès lors que le plan masse ne fait pas figurer le silo et la fumière, qu'il n'est pas coté et qu'il ne correspond pas aux autres documents du dossier de demande ;
- il était irrégulier au regard de l'article 5 du même arrêté dès lors qu'il indique à tort l'absence de cours d'eau à proximité de l'élevage ;
- il était insuffisant au regard de l'article 6 du même arrêté concernant le volet paysager et compte tenu de l'existence d'une zone d'engagement du bien retenue à l'UNESCO dans le plan de gestion de l'ensemble désigné " Coteaux, maisons et caves de Champagne " ;
- il était insuffisant au regard de l'article 7 du même arrêté dès lors qu'il ne comporte pas d'inventaire de la faune et de la flore et qu'il est imprécis sur l'effet sur l'environnement de la haie envisagée ;
- il était irrégulier et insuffisant au regard de l'article 16 du même arrêté dès lors, premièrement, qu'il ne mentionne pas l'existence de trois cours d'eau à proximité, deuxièmement, qu'il ne tient pas compte de l'existence potentielle d'une zone humide et d'une zone inondable concernant lesquelles une étude aurait dû être réalisée, et, troisièmement, qu'il ne mentionne pas les risques pour la quantité et la qualité de l'eau, compte tenu en particulier des risques de ruissellements d'eaux polluées par les fientes des poules ;
- il était insuffisant au regard de l'article 17 du même arrêté dès lors que la solution complémentaire d'alimentation du site en eau n'est pas précisée ;
- l'installation en l'espèce porte atteinte à la sécurité publique, au regard de ses nuisances pour la population de Romigny ;
- l'arrêté méconnaît l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique 2111 dès lors qu'il comporte en annexe 2 un plan qui ne figurait pas dans le dossier de demande d'enregistrement ;
- il méconnaît l'article 6 du même arrêté dès lors que l'installation ne respecte pas la condition d'insertion paysagère ;
- il méconnaît l'article 7 du même arrêté dès lors que la haie est insuffisante et que les fientes produites à l'extérieur du bâtiment d'élevage présentent des risques de pollution ;
- il méconnaît l'article 16 du même arrêté dès lors que ces fientes présentent un risque pour la qualité de l'eau et que la solution d'un forage est incertaine ;
- il méconnaît l'article 19 du même arrêté dès lors qu'il n'est pas établi que la réalisation du forage est conforme aux dispositions du code minier et à l'arrêté du 11 septembre 2003 ;
- il méconnaît l'article R. 512-46-19 du code de l'environnement dès lors que des prescriptions étaient nécessaires pour préserver la salubrité publique et pour imposer la réalisation d'un diagnostic archéologique avant l'engagement de travaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 septembre 2021, 13 octobre 2022 et 23 août 2023, le préfet de la Marne, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne M. B, M. A, Mme F et la commune de Romigny, dès lors qu'ils n'ont pas d'intérêt à agir ;
- elle est irrecevable en ce qui concerne la commune de Romigny dès lors qu'il n'est pas établi que son maire soit habilité à la représenter dans le cadre de cette instance ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 3 octobre 2023 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du préfet de la Marne pour prendre seul l'arrêté attaqué dès lors que, des parcelles d'épandage des effluents d'élevage issus du projet d'installation classée pour la protection de l'environnement en litige étant situées dans les départements de l'Aisne et des Ardennes, la décision d'enregistrement en l'espèce aurait dû, au regard du troisième alinéa de l'article R. 512-46-1 du code de l'environnement, être prise par arrêté conjoint des préfets de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes.
Des observations présentées par le préfet de la Marne sur ce moyen d'ordre public ont été enregistrées le 30 septembre 2024 et communiquées.
La requête a été communiquée à l'entreprise agricole à responsabilité limitée (EARL) Piot qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- les conclusions de M. Maleyre, rapporteur public,
- et les observations de M. C, représentant le préfet de la Marne.
Considérant ce qui suit :
1. L'EARL Piot a déposé auprès des services de la préfecture de la Marne une demande d'enregistrement au titre d'un élevage de poules pondeuses en plein air d'une capacité maximale de 40 000 animaux relevant de la rubrique 2111-1 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, et devant être installée sur une parcelle située sur le territoire de la commune de Romigny, au lieu-dit " La Gruirie ". Par arrêté du 24 novembre 2020, le préfet de la Marne a enregistré cette demande. L'association Préservons le Tardenois, l'association Marne Nature Environnement, la commune de Romigny, M. G B, M. E A, et Mme D F, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 514-3-1 du code de l'environnement dans sa version applicable au litige : " Les décisions mentionnées () au I de l'article L. 514-6 peuvent être déférées à la juridiction administrative : 1o Par les tiers intéressés en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l'installation présente pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 () ".
3. En premier lieu, il appartient au juge d'apprécier si les tierces personnes physiques qui contestent une décision prise au titre de la police des installations classées justifient d'un intérêt suffisamment direct leur donnant qualité pour en demander l'annulation, compte tenu des inconvénients et dangers que présente pour eux l'installation en cause, appréciés notamment en fonction de la situation des intéressés et de la configuration des lieux.
4. D'une part, si Mme D F fait valoir qu'elle habite à Romigny, elle n'apporte toutefois, ainsi que le préfet de la Marne le fait valoir, aucun élément de preuve à cet égard. Un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté en litige ne saurait dès lors lui être reconnu.
5. D'autre part, en se bornant à faire valoir leur qualité de voisin du projet, alors qu'ils habitent respectivement à 480 m et à 681 m de celui-ci, et à invoquer des nuisances d'ordre général de pollution des eaux, de l'air et sonores, M. B et M. A n'établissent pas l'existence d'un intérêt direct à agir à l'encontre de cet arrêté.
6. En second lieu, au sens des dispositions reprises au point 2 de ce jugement, une personne morale de droit public ne peut se voir reconnaître la qualité de tiers recevable à contester devant le juge administratif une autorisation ou un enregistrement concernant une installation classée pour la protection de l'environnement que dans les cas où les inconvénients ou les dangers pour les intérêts visés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 du code de l'environnement sont de nature à affecter par eux-mêmes sa situation, les intérêts dont elle a la charge et les compétences que la loi lui attribue.
7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique ".
8. Dès lors que l'installation classée pour la protection de l'environnement est située sur le territoire de la commune, et que celle-ci conteste l'arrêté d'enregistrement en raison des risques pour la salubrité publique et la commodité du voisinage générés par cette installation, la commune de Romigny justifie de son intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté portant enregistrement de cette installation. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Marne doit être écartée.
9. En outre, le maire de Romigny a été habilité par une délibération du 20 janvier 2021 du conseil municipal pour ester en justice à l'encontre de cet arrêté. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce qu'il n'aurait pas été dûment habilité pour représenter la commune de Romigny doit être écartée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête est recevable sauf en ce qui concerne M. B, M. A et Mme F.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
11. Aux termes de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement : " Le préfet peut décider que la demande d'enregistrement sera instruite selon les règles de procédure prévues par le chapitre unique du titre VIII du livre Ier pour les autorisations environnementales : 1° Si, au regard de la localisation du projet, en prenant en compte les critères mentionnés à l'annexe III de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement, la sensibilité environnementale du milieu le justifie ; () / Dans les cas mentionnés au 1° et au 2°, le projet est soumis à évaluation environnementale. () ".
12. Le point 2 de l'annexe III à la directive 2011/92/UE précédemment indiquée relatif aux critères concernant la " localisation des projets " précise que : " La sensibilité environnementale des zones géographiques susceptibles d'être affectées par le projet doit être considérée en prenant notamment en compte: / a) l'occupation des sols existants; / b) la richesse relative, la qualité et la capacité de régénération des ressources naturelles de la zone; / c) la capacité de charge de l'environnement naturel, en accordant une attention particulière aux zones suivantes: / i) zones humides; / ii) zones côtières; / iii) zones de montagnes et de forêts; / iv) réserves et parcs naturels; / v) zones répertoriées ou protégées par la législation des États membres; zones de protection spéciale désignées par les États membres conformément à la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages et à la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages ; / vi) zones dans lesquelles les normes de qualité environnementales fixées par la législation de l'Union sont déjà dépassées ; / vii) zones à forte densité de population ; / viii) paysages importants du point de vue historique, culturel et archéologique. ". Aux termes du point 3 de cette annexe, relatif aux " Caractéristiques de l'impact potentiel " : " Les incidences notables qu'un projet pourrait avoir doivent être considérées en fonction des critères énumérés aux points 1 et 2, notamment par rapport / a) à l'étendue de l'impact (zone géographique et importance de la population affectée) ; / b) à la nature transfrontalière de l'impact ; / c) à l'ampleur et la complexité de l'impact ; / d) à la probabilité de l'impact; / e) à la durée, à la fréquence et à la réversibilité de l'impact. ".
13. Il résulte de ces dispositions que le préfet, saisi d'une demande d'enregistrement d'une installation classée pour la protection de l'environnement, doit se livrer à un examen du dossier afin d'apprécier, tant au regard de la localisation du projet que des autres critères mentionnés à l'annexe III de la directive, relatifs à la caractéristique des projets et aux types et caractéristiques de l'impact potentiel, si le projet doit faire l'objet d'une évaluation environnementale, ce qui conduit alors, en application de l'article L. 512-7-2, à le soumettre au régime de l'autorisation environnementale.
14. Il résulte de l'instruction que, d'une part, si l'installation classée pour la protection de l'environnement en litige comporte un bâtiment de type volière, étanche, d'une capacité maximale de 40 000 poules pondeuses, et à l'intérieur duquel les déjections de ces animaux seront recueillies en vue de leur épandage, de même que les eaux de lavage de ce bâtiment, cependant cette installation comprend également un parcours extérieur enherbé de 16 ha. Le dossier d'enregistrement estime à 415 tonnes la production annuelle de fientes par les poules de l'exploitation. Les requérants font valoir que la proportion de fientes produites à l'extérieur du bâtiment, sur le parcours extérieur, représentera 20 % de la production totale de fientes, cette proportion étant, au demeurant, cohérente avec l'abattement de 20 % retenu par l'entreprise pétitionnaire dans le cadre de son calcul du dimensionnement nécessaire de la fumière où seront recueillies la part des fientes qui seront produites à l'intérieur du bâtiment, pour tenir compte du caractère plein air de l'élevage. Par ailleurs, le dossier d'enregistrement indique que, contrairement aux fientes produites dans le bâtiment, les éléments liés aux restitutions sur le parcours extérieur sont " non maîtrisables " mais représentent des quantités de 2 760 unités d'azote (N), soit près d'un cinquième des unités d'azote produites au total par l'exploitation, et 3 489 unités de P2O5 et 3 330 unités de K2O soit, concernant chacun de ces deux derniers éléments, un quart des rejets totaux de l'élevage. D'autre part, par arrêté du 21 juillet 2017, le préfet de la Marne a institué un périmètre de protection rapprochée au niveau du point de captage d'eau potable sur le territoire de la commune de Romigny. Si la parcelle constituant l'assiette du parcours extérieur pour les 40 000 volailles de l'installation n'est pas incluse dans ce périmètre de protection rapproché, elle en est cependant immédiatement voisine. En outre, il ressort de l'avis de l'hydrogéologue agréé du 22 avril 2015 dans le cadre de la procédure d'adoption de cet arrêté, qu'une partie de l'aire d'alimentation globale est couverte par la parcelle constituant le parcours extérieur de l'installation, le bassin d'alimentation de la source par les pluies efficaces étant en outre situé à l'ouest-sud ouest du point de captage ci-avant et le sens d'écoulement des eaux souterraines étant dirigé en direction d'est-nord est, soit en direction de ce point de captage. Ces éléments constituent des indices sérieux d'un risque d'impact sur la qualité de l'eau consommée par les habitants de Romigny. En outre, certaines parcelles du plan d'épandage des effluents d'élevage sont situées au sein ou à proximité d'une ZNIEFF de type II sur la commune d'Asfeld, d'autres sont situées au sein du parc naturel régional de la Montagne de Reims et une autre partiellement dans une zone d'importance communautaire pour les oiseaux. Il résulte de l'ensemble de ces éléments, et alors même que toutes les parcelles précédemment indiquées du projet sont actuellement des terres agricoles, que, compte-tenu, d'une part, de l'ampleur du projet et des impacts initiaux importants qu'il pourrait engendrer et, d'autre part, de sa localisation dans un milieu présentant une sensibilité environnementale notable, la demande présentée par l'EARL Piot devait, en application des dispositions précitées de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement, faire l'objet d'une évaluation environnementale et ainsi être instruite selon la procédure de l'autorisation environnementale.
15. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par les requérants, ceux-ci sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le préfet de la Marne a enregistré l'élevage de 40 000 poules pondeuses en plein air de l'EARL Piot sur le territoire de la commune de Romigny.
Sur les frais liés au litige :
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme totale de 1 500 euros à verser à l'association Préservons le Tardenois, à l'association Marne Nature Environnement, et à la commune de Romigny, au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a, en revanche, pas lieu de faire droit aux conclusions présentées à ce titre par M. B, M. A, et Mme F, dès lors qu'ils sont dépourvus d'intérêt pour agir.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 novembre 2020, par lequel le préfet de la Marne a enregistré l'installation d'élevage de volailles de l'EARL Piot sur le territoire de la commune de Romigny, est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à l'association Préservons le Tardenois, à l'association Marne Nature Environnement, et à la commune de Romigny, une somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. B, par M. A, et par Mme F sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Association Préservons le Tardenois, première dénommée, pour l'ensemble des requérants, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, et à l'EARL Piot.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Briquet, président,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLe président,
Signé
B. BRIQUET
La greffière,
Signé
F. DAROUSSI DJANFAR
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026