jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100990 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP BADRE HYONNE SENS-SALIS SANIAL DENIS ROGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 avril 2021 et le 16 novembre 2021, la société civile d'exploitation viticole C, représentée par Me Barthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 9 novembre 2020 par laquelle la préfète de la région Grand Est a informé Mme F que son projet de mise en valeur de la parcelle cadastrée AM 43 d'une surface de 45 ares dont elle est propriétaire à Chouilly n'est pas soumis à autorisation au titre de la réglementation relative au contrôle des structures ainsi que la décision du 3 mars 2021 par laquelle cette autorité a rejeté son recours gracieux formé contre cette prise de position ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de la région Grand Est a refusé de reprendre l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter la parcelle cadastrée AM 43 déposée par Mme F ;
3°) de lui verser la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée du 9 novembre 2020 a été signée par une autorité incompétente ;
- cette décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'une demande d'autorisation d'exploiter était encore en cours d'examen ;
- l'arrêté du 30 novembre 2017 du ministre en charge de l'agriculture relatif au modèle de formulaire de demande de rescrit en matière de contrôle des structures est illégal en ce qu'il ne permet pas d'assurer la fourniture par le demandeur des informations nécessaires au service instructeur pour apprécier si une autorisation d'exploiter est ou non requise pour l'ensemble des cas visés à l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime, notamment pour les situations prévues aux a) et b) du 2° du I de cet article ; le formulaire n'exige pas que soient fournies les informations relatives à la structure de l'exploitant en place, ce qui ne permet pas au service instructeur de vérifier si elle ne sera pas privée d'un bâtiment essentiel à son fonctionnement ou si elle ne sera pas supprimée ou ramenée en dessous du seuil défini pour la région considérée ;
- la demande de rescrit comporte des déclarations mensongères ;
- la décision contestée est entachée d'erreur matérielle, Mme F n'ayant pas la qualité d'associée exploitante, contrairement à ce qu'elle a indiqué dans sa demande de rescrit de manière erronée, voire frauduleuse ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du a) et du c) du 3° du I de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime et de l'article R. 331-2 du même code.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, la préfète de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCEV C ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2021, Mme E F, représentée par Me Sens-Salis, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCEV C le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCEV C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- l'arrêté du 30 novembre 2017 relatif au modèle de formulaire de demande de rescrit en matière de contrôle des structures ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barthe, représentant la SCEV C, et de Me Duterme, représentant Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. La SCEV C exploite, depuis sa création le 4 juillet 2000, une surface totale de 7 ha 56 a 68 ca de vignes, comprenant une parcelle cadastrée AM 43 à Chouilly, d'une contenance de 45 a, donnée à bail à Mme E F, associée de cette société avec son ex-époux, M. D C qui assume en outre la gérance, en vertu d'un bail rural à long terme conclu avec ses parents le 12 avril 1984 pour une durée de 19 ans prenant effet au 1er novembre 1983 et renouvelable tacitement. Par un acte authentique du 26 mai 2000, le droit à bail afférent à cette parcelle a été cédé à Mme F et M. C. A la suite du décès de ses parents les 18 mars 2013 et 14 mai 2018, Mme F a acquis la pleine propriété de cette parcelle. Le 15 janvier 2019, Mme F a donné congé à M. C à compter du 31 octobre 2020 pour reprise à son profit. Le 23 décembre 2019, Mme F a déposé une demande d'autorisation d'exploiter cette parcelle auprès du préfet de la région Grand Est. Par une décision du 29 juin 2020, la préfète de la région Grand Est a informé Mme F que son projet de reprise n'était pas soumis à autorisation au titre de la législation sur le contrôle des structures. Le 24 août 2020, la SCEV C a formé un recours gracieux contre cette décision. Le 30 septembre 2020, Mme F a formulé une demande de rescrit sur le fondement de l'article L. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime. Par un arrêté du 28 octobre 2020, la préfète de la région Grand Est a retiré la décision du 29 juin 2020. Par une lettre du 2 novembre 2020, Mme F a informé la préfète de la région Grand Est qu'elle renonçait à sa demande d'autorisation d'exploiter la parcelle en cause déposée le 23 décembre 2019. Par une décision du 9 novembre suivant, cette autorité a informé Mme F que son projet de mise en valeur de cette parcelle n'est pas soumis à autorisation au titre de la réglementation relative au contrôle des structures. La SCEV C a formé un recours gracieux contre cette décision du 9 novembre 2020, qui a été rejetée par décision du 3 mars 2021. La société a également saisi l'autorité préfectorale en décembre 2020 d'une demande tendant à la reprise de l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter déposée par Mme F, laquelle a été implicitement rejetée. Par la présente requête, la SCEV C demande l'annulation des décisions des 9 novembre 2020 et 3 mars 2021 afférentes à la prise de position concernant le projet de reprise de Mme F ainsi que de la décision implicite de rejet de sa demande de reprise de l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions du 9 novembre 2020 et du 3 mars 2021 :
2. En premier lieu, la décision attaquée du 9 novembre 2020 a été signée par Mme H G, cheffe du pôle performance environnementale et valorisation des territoires, en vertu d'une délégation de signature consentie par une décision n° 2020-12 du 14 septembre 2020 par Mme A B, directrice régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la région Grand Est. Cette dernière disposait d'une délégation de signature par un arrêté de la préfète de la région Grand Est n° 2020-032 du 3 février 2020, à l'effet de signer, en vertu de l'article 2, l'ensemble des actes, décisions et correspondances relatif au contrôle des structures qui comprend tant les demandes d'autorisation d'exploitation instruites selon les modalités prévues à l'article R. 331-3 du code rural et de la pêche maritime que les demandes de rescrit qui sont instruites selon les modalités prévues par ces dispositions en application de celles du 3ème alinéa de l'article R. 331-16 de ce code. Si la SCEV C soutient que la décision contestée mentionne " pour la directrice " alors que seule la préfète de la région Grand Est est l'autorité compétente pour délivrer le rescrit prévu à l'article L. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de cette décision dès lors que la directrice bénéficiait d'une délégation de signature à cet effet, ainsi qu'il a été dit, et pouvait elle-même régulièrement déléguer sa signature. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 9 novembre 2020 manque en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 331-4-1 du code rural et de la pêche maritime : " Toute personne envisageant une opération susceptible d'entraîner la modification de la structure d'une exploitation agricole peut demander, préalablement à cette opération, à l'autorité administrative compétente de lui indiquer si l'opération projetée relève de l'un des régimes, d'autorisation ou de déclaration préalable, prévus, respectivement, au I et au II de l'article L. 331-2, ou bien si elle peut être mise en œuvre librement. / L'autorité administrative prend formellement position sur cette demande dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat. / La réponse de l'administration est simultanément notifiée au demandeur et, le cas échéant, au preneur en place. Elle est, en outre, rendue publique lorsqu'elle écarte la procédure de l'autorisation. ". Selon l'article L. 331-4-2 du même code : " Lorsque l'autorité administrative a pris formellement position sur le régime applicable, elle ne peut plus adopter, à l'avenir, une position différente sur ce point. / Cette garantie fait obstacle à ce que l'autorité administrative prononce les sanctions administratives prévues à l'article L. 331-7. / Elle cesse de produire ses effets en cas de changement de la réglementation au vu de laquelle la question soumise par le demandeur a été appréciée, si la situation du demandeur ne correspond plus aux informations fournies ou s'il est démontré que la position ainsi prise par l'administration reposait sur des informations erronées transmises par le demandeur. ". En vertu de l'article R. 331-16 de ce code : " La demande mentionnée à l'article L. 331-4-1 est adressée, par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception, au service chargé du contrôle des structures des exploitations agricoles compétent compte tenu de la situation des biens concernés par l'opération projetée ou déposée auprès de ce service. / Elle est établie selon un modèle défini par arrêté du ministre chargé de l'agriculture et accompagnée des informations dont la liste est annexée à ce modèle. / Elle est instruite selon des modalités identiques à celles prévues à l'article R. 331-3. / Le délai mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 331-4-1 est de trois mois à compter de la réception de la demande par le service mentionné au premier alinéa. / Le préfet de région notifie la position qu'il a prise au demandeur et, le cas échéant, au preneur en place par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. Sauf dans le cas où elle indique que l'opération projetée devra faire l'objet d'une autorisation d'exploiter, cette position, qui est publiée au recueil des actes administratifs, fait également l'objet d'un affichage à la mairie de la ou des communes sur lesquelles sont situés les biens concernés. ".
4. La société requérante soutient que la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que Mme F avait déposé une demande d'autorisation d'exploiter la parcelle en cause avant d'introduire sa demande de rescrit. Toutefois, les dispositions de l'article L. 331-4-1 précitées ne subordonnent la recevabilité de la demande de rescrit qu'à la seule condition que celle-ci soit antérieure à l'opération projetée. Or, il est constant que Mme F n'exploitait pas, à titre individuel, la parcelle en litige à la date d'introduction de sa demande de rescrit le 20 septembre 2020, le congé donné à M. C ne devant produire ses effets qu'à compter du 31 octobre 2020. En outre, si la porteuse du projet de reprise avait déposé une demande d'autorisation d'exploiter cette parcelle le 23 décembre 2019 qui demeurait en cours d'instruction à la date à laquelle elle a déposé sa demande de rescrit, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier qu'elle a informé le service instructeur, par lettre du 2 novembre 2020, qu'elle renonçait à sa demande d'autorisation initiale. Aucun principe ni aucun texte n'imposait à la préfète de la région Grand Est de ne pas tenir compte du retrait de cette demande et d'en poursuivre l'instruction. Dans ces conditions, la SCEV C n'est pas fondée à soutenir que la décision de rescrit contestée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
5. En troisième lieu, la société requérante se prévaut, par voie d'exception, de l'illégalité de l'arrêté du 30 novembre 2017 du ministre de l'agriculture et de l'alimentation relatif au modèle de formulaire de demande de rescrit en matière de contrôle des structures, prévu au deuxième alinéa de l'article R. 331-16 du code rural et de la pêche maritime. Toutefois, la décision contestée n'est pas prise en application de cet arrêté, qui n'en constitue pas davantage la base légale. Dès lors, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Sont soumises à autorisation préalable les opérations suivantes : () / 3° Quelle que soit la superficie en cause, les installations, les agrandissements ou les réunions d'exploitations agricoles au bénéfice d'une exploitation agricole : / a) Dont l'un des membres ayant la qualité d'exploitant ne remplit pas les conditions de capacité ou d'expérience professionnelle fixées par voie réglementaire ; () / c) Lorsque l'exploitant est un exploitant pluriactif, remplissant les conditions de capacité ou d'expérience professionnelle, dont les revenus extra-agricoles excèdent 3 120 fois le montant horaire du salaire minimum de croissance, à l'exception des exploitants engagés dans un dispositif d'installation progressive, au sens de l'article L. 330-2 ; () ". En vertu de l'article R. 331-1 de ce code : " Pour l'application des dispositions du 1° de l'article L. 331-1-1, une personne associée d'une société à objet agricole est regardée comme mettant en valeur les unités de production de cette société si elle participe aux travaux de façon effective et permanente, selon les usages de la région et en fonction de l'importance de ces unités de production. ". Selon l'article R. 331-2 du même code : " I.- Satisfait aux conditions de capacité ou d'expérience professionnelle mentionnées au 3° du I de l'article L. 331-2 le candidat à l'installation, à l'agrandissement ou à la réunion d'exploitations agricoles qui justifie, à la date de l'opération : / 1° Soit de la possession d'un des diplômes ou certificats requis pour l'octroi des aides à l'installation visées aux articles D. 343-4 et D. 343-4-1 ; / 2° Soit de cinq ans minimum d'expérience professionnelle acquise sur une surface égale au tiers de la surface agricole utile régionale moyenne, en qualité d'exploitant, d'aide familiale, d'associé exploitant, de salarié d'exploitation agricole ou de collaborateur d'exploitation au sens de l'article L. 321-5. La durée d'expérience professionnelle doit avoir été acquise au cours des quinze années précédant la date effective de l'opération en cause. / II.- Les revenus extra-agricoles mentionnés au c du 3° de l'article L. 331-2 sont constitués du revenu fiscal de référence du demandeur au titre de l'année précédant celle de la demande, déduction faite, s'il y a lieu, de la part de ce revenu provenant d'activités agricoles au sens de l'article L. 311-1. Le montant horaire du salaire minimum interprofessionnel de croissance mentionné au même paragraphe est celui, publié au Journal officiel, en vigueur au 31 décembre de cette même année. ".
7. Il résulte des termes de la décision contestée que la préfète de la région Grand Est a estimé que l'opération envisagée par Mme F n'était pas soumise au régime de l'autorisation prévue à l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime cité au point précédent au motif, notamment, qu'elle justifiait d'une expérience professionnelle suffisante et que ses revenus extra-agricoles n'excédaient pas 3 120 fois le montant horaire du salaire minimum de croissance.
8. D'une part, il ressort des termes mêmes du 2° du I de l'article R. 331-2 du code rural et de la pêche maritime précité que les conditions de capacité et d'expérience professionnelles doivent s'apprécier à la date de l'opération pour laquelle l'autorisation a été sollicitée et que la durée de cinq ans doit avoir été acquise au cours des quinze années précédant la date effective de l'opération. Si la SCEV C soutient que Mme F ne remplissait pas cette condition d'expérience professionnelle, elle ne produit aucun élément à l'appui de cette allégation alors que cette dernière, dont il n'est pas contesté qu'elle exploitait déjà à titre individuel une parcelle de 14 a 07 ca à la date à laquelle elle a déposé sa demande d'autorisation d'exploiter le 23 décembre 2019, produit ses attestations d'affiliation à la mutualité sociale agricole au titre des années 2005 à 2010 en qualité de chef d'exploitation et au titre de l'année 2011 en qualité de membre de société ainsi que des attestations d'anciens membres de l'exploitation et d'un voisin précisant qu'elle participait aux travaux agricoles en décrivant la nature des travaux accomplis. Ainsi, Mme F doit être regardée comme justifiant, à la date de la prise d'effet du congé donné à M. C, d'une expérience professionnelle d'au moins cinq années sur une période de quinze ans. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis d'imposition établi en 2019 de Mme F, que son revenu fiscal de référence de l'année précédant celle de la demande n'excède pas 3 120 fois le montant horaire du salaire minimum de croissance. La SCEV C n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que celle-ci ne remplissait pas cette condition. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
10. En cinquième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que Mme F n'avait pas la qualité d'associée exploitante de la SCEV C, contrairement à ce qu'indique la décision attaquée, ce motif présente un caractère surabondant, alors, au demeurant, qu'il n'est pas contesté que celle-ci exploitait, à la date de cette décision, une parcelle à titre individuel et avait, en conséquence, la qualité d'exploitante agricole au sens et pour l'application du a) du 3° du I de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime. Ce moyen est donc inopérant et doit, par suite, être écarté.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la SCEV C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 novembre 2020 de la préfète de la région Grand Est ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 3 mars 2021 par laquelle cette autorité a rejeté son recours gracieux formé contre cette prise de position.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision implicite refusant de reprendre l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter :
12. Si la SCEV demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète de la Région Grand Est a refusé de faire droit à sa demande de reprise de l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter déposée par Mme F, elle ne soulève aucun moyen au soutien de ces conclusions. Par suite, ces conclusions ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par la SCEV C au titre des frais liés au litige. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette société le versement à Mme F d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCEV C est rejetée.
Article 2 : La SCEV C versera à Mme F une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile d'exploitation viticole C, à Mme E F et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée à la préfète de la région Grand Est.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026