jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIÈS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 mai 2021 et le 26 septembre 2021, M. B A demande au tribunal d'annuler la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune d'Auménancourt.
Il soutient que :
- son recours est recevable ; il a produit la délibération contestée ;
- la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme est entachée d'irrégularité dès lors, d'une part, que la communauté urbaine du Grand Reims n'a pas tenu compte de ses observations relatives au classement de la parcelle ZL 98 et, d'autre part, que la parcelle ZL 92, initialement classée en zone UD, a été reclassée, après clôture de l'enquête publique, en zone UE sans qu'aucune demande en ce sens n'ait été formulée au cours de cette enquête, ni de la part du public, ni de la part du commissaire enquêteur ;
- le classement de la parcelle cadastrée AE 032 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; la parcelle aurait dû être intégralement classée en zone UE ; le classement en zone UC d'une fraction de cette parcelle pourrait entraîner la vente du bâtiment qui y est construit alors que l'intérêt général suppose de pérenniser les services publics qui peuvent être installés ; le découpage de cette parcelle et son classement en deux zones distinctes sont incohérents ;
- le classement de la parcelle ZL 98 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle aurait dû être intégralement classée en zone UE ; le classement en zone UD retenu permettrait une vente de cette parcelle à un particulier, ce qui priverait la commune de toute possibilité d'extension du groupe scolaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2021, la communauté urbaine du Grand Reims, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de M. A est irrecevable, faute de production de la délibération attaquée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 19 septembre 2022 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 25 mars 2021, le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune d'Auménancourt. M. A demande au tribunal l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale () ". Il résulte de ces dispositions que le projet de plan ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
3. D'une part, M. A soutient que la parcelle ZL 92, initialement classée en zone UD du plan local d'urbanisme, a été reclassée en zone UE postérieurement à l'enquête publique sans qu'une telle modification n'ait été demandée par le public ou par le commissaire enquêteur. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'observations du public portant sur le classement de la parcelle ZL 97 appartenant à la commune et attenante à la zone UE du groupe scolaire et sollicitant son inclusion en zone UE en vue d'un éventuel projet d'agrandissement du groupe scolaire, la collectivité a, postérieurement à l'enquête publique, reclassé l'intégralité de la parcelle ZL 97 ainsi que la parcelle ZL 92 attenante, initialement classée en zone UD, en zone UE. Une telle modification, qui résultait des observations formulées par le public quant au classement des parcelles attenantes à celles du groupe scolaire de la commune et qui n'est pas dépourvue de lien avec la recommandation faite par le commissaire enquêteur, doit être regardée comme procédant de l'enquête publique. Dès lors, le moyen tiré de ce que la modification apportée au classement de la parcelle ZL 92, postérieurement à l'enquête publique, serait sans lien avec cette dernière ne peut qu'être écarté.
4. D'autre part, la circonstance que la communauté urbaine du Grand Reims n'aurait pas suivi les observations de M. A, tendant au classement de l'intégralité de la parcelle ZL 98 en zone UE, est sans incidence quant à la régularité de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. " Aux termes de l'article R. 151-18 du même code : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer les partis d'aménagement à retenir pour le territoire concerné, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage déterminant la constructibilité des terrains. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune d'Auménancourt indique qu'ont été identifiées, sur des bases fonctionnalistes, trois zones urbaines, dont deux zones à vocation généraliste et une zone à vocation spécialisée. Cette dernière, la zone UE, correspond à une zone d'équipements d'intérêt collectif et de services publics, tandis que la zone UC correspond aux parties les plus anciennes des villages d'Auménancourt-le-Grand, d'Auménancourt-le-Petit et de Pontgivart, parties principalement dédiées à l'habitat. Il ressort également de ce document que les auteurs du règlement du plan local d'urbanisme ont entendu favoriser, à l'intérieur de la zone UC à vocation résidentielle dominante, l'installation d'équipements d'intérêt collectif ainsi que de services publics, et ne pas contraindre la construction de ce type d'installation. A cet égard, le règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auménancourt prévoit que, à l'intérieur de la zone UC, les ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement du service public et/ou d'intérêt collectif ne sont pas concernés par les restrictions prévues par le règlement de la zone.
7. D'une part, M. A soutient que le classement d'une fraction de la parcelle cadastrée AE 032 en zone UC est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un tel classement présente un caractère arbitraire et contradictoire, les bâtiments publics construits sur cette parcelle étant insérés l'un dans l'autre, liés par un mur d'enceinte et utilisés pour des activités associatives, et pourrait conduire à la vente du bâtiment " mairie-école " à un particulier, ce qui priverait les habitants d'un lieu d'animation privilégié. Toutefois, le classement retenu au regard du plan de zonage du plan local d'urbanisme de la commune est sans incidence quant à l'affectation des bâtiments qui sont édifiés sur les parcelles en cause ou quant aux possibilités de cession de ces terrains ou de ces bâtiments dont pourrait disposer la commune et n'entraîne de conséquences qu'au regard des seules règles de constructibilité qui y sont applicables. En outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de retenir, pour une même parcelle, un classement différent dès lors que ce classement est conforme tant au parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan qu'à la vocation des zones définie par les dispositions du code de l'urbanisme. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que la zone UC correspond aux parties les plus anciennes du village lesquelles s'entendent, s'agissant du village d'Auménancourt-le-Petit, de la zone située autour de la place de la mairie, zone dans laquelle se trouve la fraction de parcelle litigieuse. Par ailleurs, les parcelles attenantes, à l'ouest et au nord, font également l'objet d'un classement en zone UC. En outre, contrairement à ce que soutient M. A, le classement de la fraction de parcelle litigieuse en zone UC ne fait pas obstacle à ce que des infrastructures d'intérêt collectif y soient, à l'avenir, édifiées, le règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Auménancourt prévoyant spécifiquement que de tels équipements ne sont pas soumis aux restrictions prévues s'agissant de la constructibilité à l'intérieur de cette zone. Enfin, la circonstance qu'un autre classement aurait pu être retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme n'est pas de nature à établir que le classement en zone UC de la fraction de parcelle litigieuse serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
8. D'autre part, le requérant soutient que le classement de la parcelle ZL 98 en zone UD est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que, à l'origine, celle-ci n'en constituait qu'une seule avec la parcelle ZL 97, classée en zone UE, et que le classement retenu pourrait entraîner la vente de la parcelle ZL 98 à un particulier alors qu'elle était destinée à l'agrandissement du groupe scolaire. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, le classement retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme n'a d'incidence qu'au regard des règles de constructibilité de la parcelle et demeure sans incidence quant aux possibilités de cession dont dispose la commune. En outre, il ressort des pièces du dossier que le classement retenu est cohérent avec la vocation de la zone, les parcelles attenantes étant elles-mêmes situées en zone UD, à l'exception de la parcelle supportant le groupe scolaire, classée en zone UE. Par ailleurs, il ressort des écritures en défense qu'aucune extension du groupe scolaire n'est envisagée sur la parcelle ZL 98 dès lors qu'une telle extension pourrait être réalisée sur la parcelle ZL 97. Enfin, la circonstance qu'un classement en zone UE aurait également pu être retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme n'est pas de nature à établir que le classement de la parcelle en zone UD serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais de l'instance :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme que demande la communauté urbaine du Grand Reims au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté urbaine du Grand Reims sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la communauté urbaine du Grand Reims et à la commune d'Auménancourt.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026