jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HUBSCH |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant-dire droit du 25 mai 2022, le tribunal, statuant sur la requête présentée par M. B D et M. C A tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2021 par lequel le maire de Cormicy a délivré à la SA Immocoop un permis de démolir et de construire un bâtiment de 6 logements sur une parcelle sise 8 rue du Général Leclerc et de la décision portant rejet de leurs recours gracieux, a, d'une part, rejeté la requête en tant qu'elle était présentée par M. D, d'autre part, sursis à statuer sur la requête pendant un délai de trois mois, dans l'attente de la production par le maire de Cormicy d'un permis de construire modificatif en vue de régulariser l'arrêté du 13 janvier 2021 et, enfin, réservé tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'était pas statué jusqu'en fin d'instance.
La société Immocoop a transmis l'arrêté du maire de Cormicy du 24 août 2022 portant permis de construire modificatif, enregistré le 25 août 2022.
Par des mémoires, enregistrés les 10 octobre 2022 et 6 janvier 2023, M. C A et Mme A persistent dans leurs conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2021 et demandent en outre au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Cormicy du 24 août 2022 portant permis de construire modificatif.
Ils soutiennent que :
- le panneau d'affichage du permis de construire modificatif indique une hauteur différente de la hauteur de la construction initialement autorisée ;
- le projet méconnaît l'article U 1.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme, qui prohibe les constructions en sous-sol ;
- il méconnaît l'article UA II.2 de ce règlement, en ce que, d'une part, la construction comportera plus de trois niveaux, et d'autre part, en ce que sa hauteur dépasse celle du bâtiment contigu ;
- le dossier de demande du permis de construire initial comportait des inexactitudes de nature à induire en erreur les services instructeurs ;
- ce même dossier ne mentionnait pas que le projet se situait dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ;
- le projet ne respecte pas les articles UA II.3.1. et UA II.3.2. du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires, enregistrés le 25 août 2022 et le 9 décembre 2022, la société anonyme Immocoop, représentée par Me Hübsch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros chacun soit mise à la charge de M. D et de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le vice tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article II.1.4. du règlement de l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine de Cormicy est régularisé par le permis de construire modificatif du 24 août 2022 ;
- le moyen tiré du caractère erroné de l'affichage est inopérant ;
- l'ensemble des autres moyens, qui sont sans lien avec le vice dont la régularisation était prescrite et qui est le seul objet du permis de construire modificatif, sont inopérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, la commune de Cormicy, représentée par Me Choffrut, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D et de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le vice tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article II.1.4. du règlement de l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine de Cormicy est régularisé.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 27 février 2023 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castellani, première conseillère,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de M. B D, de M. C A, de Me Boia, représentant la commune de Cormicy et de Me Meicheri, représentant la société Immocoop.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
1. Par un arrêté du 13 janvier 2021, le maire de Cormicy a délivré à la SA Immocoop un permis de démolir et de construire un bâtiment de 6 logements sur une parcelle sise 8 rue du Général Leclerc. Par un jugement avant-dire droit du 25 mai 2022, le tribunal, statuant sur la requête présentée par M. B D et M. C A tendant à l'annulation de cet arrêté du 13 janvier 2021 et de la décision portant rejet de leurs recours gracieux, a estimé fondé le moyen tiré de la méconnaissance de l'article II.1.4. du règlement de l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine de Cormicy. Après avoir estimé que les autres moyens de la requête n'étaient pas fondés, le tribunal a, d'une part, rejeté la requête en tant qu'elle était présentée par M. D, d'autre part, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sursis à statuer sur la requête pendant un délai de trois mois, dans l'attente de la production par le maire de Cormicy d'un permis de construire modificatif en vue de régulariser l'arrêté du 13 janvier 2021 et, enfin, réservé tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'était pas statué jusqu'en fin d'instance. Le maire de Cormicy a, par un arrêté du 24 août 2022, délivré à la SA Immocoop un permis de construire modificatif.
2. En premier lieu, à compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant-dire droit. Elles ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.
3. M. et Mme A soutiennent que le projet méconnaît l'article U 1.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme, qui prohibe les constructions en sous-sol, qu'il méconnaît l'article UA II.2 de ce règlement, en ce que, d'une part, la construction comportera plus de trois niveaux, et d'autre part, en ce que sa hauteur dépasse celle du bâtiment contigu, que le dossier de demande du permis de construire initial comportait des inexactitudes de nature à induire en erreur les services instructeurs, que ce même dossier ne mentionnait pas que le projet se situait dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable et que le projet ne respecte pas les articles UA II.3.1. et UA II.3.2. du règlement du plan local d'urbanisme. Ces moyens, dont certains ont au demeurant déjà été écartés par le jugement avant-dire droit, sont dirigés contre l'arrêté de permis de construire initial, de sorte qu'ils ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
4. En deuxième lieu, M. et Mme A soutiennent que le panneau d'affichage du permis de construire modificatif indique une hauteur différente de la hauteur de la construction initialement autorisée. Toutefois, d'une part, une éventuelle erreur dans les mentions figurant dans l'affichage de ce permis de construire est sans incidence sur sa légalité. D'autre part, il ressort du dossier de permis de construire modificatif que la seule modification apportée au projet est relative au vice relevé par le tribunal dans son jugement du 25 mai 2022. Dès lors, aucune modification de la hauteur du projet initial n'étant autorisée par l'arrêté du 24 août 2022 attaqué, M. et Mme A ne peuvent utilement soulever un tel moyen à l'encontre de cet arrêté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 642-1 du code du patrimoine, dans sa rédaction alors en vigueur : " Une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine peut être créée à l'initiative de la ou des communes ou d'un établissement public de coopération intercommunale lorsqu'il est compétent en matière d'élaboration du plan local d'urbanisme, sur un ou des territoires présentant un intérêt culturel, architectural, urbain, paysager, historique ou archéologique. / Elle a pour objet de promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces dans le respect du développement durable. Elle est fondée sur un diagnostic architectural, patrimonial et environnemental, prenant en compte les orientations du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme, afin de garantir la qualité architecturale des constructions existantes et à venir ainsi que l'aménagement des espaces. / L'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine a le caractère de servitude d'utilité publique. " Aux termes de l'article L. 642-6 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Tous travaux, à l'exception des travaux sur un monument historique classé, ayant pour objet ou pour effet de transformer ou de modifier l'aspect d'un immeuble, bâti ou non, compris dans le périmètre d'une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine instituée en application de l'article L. 642-1, sont soumis à une autorisation préalable délivrée par l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-8 du code de l'urbanisme. Cette autorisation peut être assortie de prescriptions particulières destinées à rendre le projet conforme aux prescriptions du règlement de l'aire. () ".
6. L'article II.1.4. du règlement de l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine de Cormicy, intitulé " Implantation à l'alignement des constructions sur les parcelles en angle de deux rues ou voies publiques ", dispose : " Dans tous les cas, lorsque le terrain sera en angle de voie publique, le bâtiment ou le mur de clôture construit dans l'angle devra respecter un pan coupé de 45 ° et d'une largeur minimale de 4,00 m ".
7. Il ressort de l'arrêté attaqué que le permis de construire modificatif du 24 août 2022 a pour objet d'autoriser la modification de la construction à l'angle de la rue, dont il est constant qu'il s'agit de l'angle de la rue du trésor et de la rue des remparts du midi. Il n'est pas contesté par M. et Mme A que cette autorisation a eu pour effet de régulariser le vice constaté dans le jugement du 25 mai 2022, qui consistait en une largeur de pan inférieure aux 4 mètres imposés par l'article II. 1.4. du règlement de l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine de Cormicy.
8. Il résulte tout de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. et Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, en tant qu'elles sont présentées par Mme A.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il résulte de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel.
10.La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Cormicy et de la société Immocoop présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à Mme E A, à M. B D, à la commune de Cormicy et à la société anonyme Immocoop.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
A.-C. CASTELLANI
La présidente,
Signé
A-S. MACH La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026