vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LE NUE-LEROY-PLAGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2021, M. B C et Mme D G, représentés par Me Flory, demandent au tribunal :
1°) d'enjoindre à la commune de Clamanges d'interdire, par voie d'affichage, les divers éléments générateurs de nuisances émanant de l'aire de stationnement contiguë à leur propriété ;
2°) de condamner la commune de Clamanges à payer les frais relatifs aux travaux permettant le rehaussement du mur séparant leur propriété de cette aire de stationnement, de manière à les prémunir d'éventuelles nuisances ;
3°) d'enjoindre à la commune de Clamanges de réaliser les travaux propres à mettre fin à l'empiètement, sur leur propriété, du talus de soutènement de l'aire de stationnement et de condamner la commune à leur verser la somme de 500 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'empiètement ;
4°) d'enjoindre à la commune de Clamanges de réaliser les travaux qui permettront de mettre fin aux écoulements des eaux pluviales, depuis l'aire de stationnement sur leur propriété, notamment par la pose d'une canalisation, et de condamner la commune à leur verser la somme de 1 500 euros en réparation des préjudices subis du fait de ces écoulements ;
5°) de condamner la commune de Clamanges à payer les frais de l'expertise judiciaire réalisée par M. E et les frais de bornage afférents ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Clamanges la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'aménagement d'une aire de stationnement, par la commune de Clamanges, sur un terrain contigu à leur parcelle, a engendré pour eux des nuisances du fait de l'utilisation de cette aire par les usagers, ce qui constitue un préjudice dont est responsable ladite commune ;
- l'aménagement de l'aire de stationnement a également engendré un empiètement sur leur propriété, ce qui constitue un préjudice dont est responsable ladite commune ;
- l'aménagement de l'aire de stationnement a, enfin, également eu pour conséquence la déviation du ruissèlement des eaux pluviales sur leur parcelle, ce qui constitue un préjudice dont est responsable la commune de Clamanges.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2021, la commune de Clamanges, ayant pour avocat la SCP Le Nue-Leroy-Plagne, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il lui soit enjoint de procéder à des travaux visant à mettre fin à l'empiètement du talus litigieux sur la parcelle des requérants et que les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de réaliser les travaux propres à mettre fin à l'empiètement du talus de soutènement de l'aire de stationnement, des travaux d'une telle nature ayant été réalisés avant le 9 août 2020, soit antérieurement à l'introduction de la requête, le 1er juillet 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 février 2022 par une ordonnance du 21 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henriot,
- les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public,
- et les observations de Me Flory pour M. B C et Mme D G.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme G sont propriétaires d'une maison d'habitation, édifiée sur un terrain constitué des parcelles cadastrées section D, numéros 372, 373, 380 et 381, à Clamanges. La commune de Clamanges a entrepris, au mois de janvier 2017, l'aménagement d'une aire de stationnement sur les parcelles cadastrées section D numéro 370 et 371, dont elle est propriétaire et qui sont contiguës aux parcelles précitées des requérants. Par une ordonnance n°1802294 du 4 mars 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a désigné deux experts afin de décrire les travaux réalisés par la commune de Clamanges et les éventuels dommages qui en résulteraient pour les requérants. Par des ordonnances du 25 mai 2020, le président du tribunal a taxé les frais et honoraires des experts à la somme de 11 582,53 euros s'agissant de M. F, à celle de 3 620 euros s'agissant de M. E et, enfin, à la somme de 2 658,20 euros s'agissant de M. A, expert sapiteur. L'ensemble de ces sommes a été mis à la charge solidaire de M. C et de Mme G. Par un courrier en date du 5 mars 2021, M. C et Mme G ont adressé une demande indemnitaire préalable à la commune de Clamanges. Une décision implicite de rejet est née le 6 mai 2021. M. C et Mme G demandent au tribunal de condamner la commune de Clamanges à réparer les préjudices qu'ils estiment avoir subi du fait de l'aménagement et de l'exploitation de l'aire de stationnement contiguë à leur propriété.
Sur les conclusions tendant à la mise en cause de la responsabilité de la commune de Clamanges :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
3. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.
4. Pour la mise en œuvre des pouvoirs décrits ci-dessus, il appartient au juge, saisi de conclusions tendant à ce que la responsabilité de la personne publique soit engagée, de se prononcer sur les modalités de la réparation du dommage, au nombre desquelles figure le prononcé d'injonctions, dans les conditions définies au point précédent, alors même que le requérant demanderait seulement l'annulation du refus de la personne publique de mettre fin au dommage, assortie de conclusions aux fins d'injonction à prendre de telles mesures. Dans ce cas, il doit regarder ce refus de la personne publique comme ayant pour seul effet de lier le contentieux.
En ce qui concerne les nuisances engendrées par l'utilisation de l'aire de stationnement par les usagers :
5. M. C et Mme G soutiennent que, du fait de l'utilisation de l'aire de stationnement par les usagers, ils subissent des dommages constitués, notamment, par les nuisances sonores, les émanations de gaz d'échappement et les écoulements de polluants liés à la circulation et au stationnement des véhicules automobiles. Les préjudices allégués sont inhérents au fonctionnement de l'ouvrage public que constitue l'aire de stationnement, et ne peuvent, par conséquent, ouvrir droit à réparation, pour les requérants qui ont la qualité de tiers à cet ouvrage, que sous réserve de la démonstration du caractère grave et spécial de ces préjudices. Il résulte de l'instruction que les nuisances sonores générées par l'exploitation du parking ne dépassent pas les valeurs d'émergence fixées par la réglementation relative à la lutte contre les bruits de voisinage et que le risque de pollution, du fait de l'écoulement d'hydrocarbures ou des émanations des gaz d'échappement, est faible. Par conséquent, les requérants ne démontrent pas que les préjudicies allégués présenteraient un caractère grave et spécial. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Clamanges d'afficher une note informative destinée à réduire ces nuisances à l'entrée de l'aire de stationnement et à ce qu'elle soit condamnée à prendre à sa charge les travaux de surélévation du mur édifié en limite de propriété doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
En ce qui concerne l'empiètement sur la propriété des requérants :
6. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre de la réalisation de l'aire de stationnement en litige, la commune de Clamanges a procédé à l'aménagement d'un talus de soutènement, édifié en partie sur la propriété des requérants. Néanmoins, d'une part, la commune de Clamanges a procédé, durant l'année 2020, et donc avant l'enregistrement de la présente requête, à des travaux ayant permis de mettre fin à cet empiètement. D'autre part, l'empiètement en cause était extrêmement réduit, ne portant que sur quelques centimètres en limite séparative et étant difficilement perceptible à l'œil nu. Par conséquent, les requérants ne démontrent pas avoir subi un préjudice du fait de l'emprise qu'a eu le talus sur leur propriété. Par suite, les conclusions tendant à la condamnation de la commune de Clamanges au paiement de la somme de 500 euros et à ce qu'il lui soit enjoint de mettre fin à l'empiètement doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions à fin d'injonction.
En ce qui concerne l'écoulement des eaux pluviales :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, en vue de la création du parking en litige, la commune de Clamanges a procédé au remblaiement et au terrassement d'une partie du terrain constitué par les parcelles cadastrées n°370 et 371. Ce faisant, elle a modifié la pente naturelle du terrain qui permet l'écoulement des eaux pluviales jusqu'au ruisseau de la Somme, situé au bas de la parcelle des requérants. Néanmoins, si le rapport d'expertise de M. E, fait état de ce que la réalisation d'un talus en bordure du terrain de M. C et de Mme G serait susceptible d'entrainer, en cas de fortes intempéries, le ruissellement des eaux pluviales sur la propriété des requérants, un tel écoulement n'est effectivement survenu qu'au mois de juin 2017, sans occasionner aucun dommage sur la parcelle des requérants. En outre, la commune de Clamanges a fait procéder, durant l'année 2020, à des travaux de nature à prévenir de risque de nouveaux ruissellements. Par suite, les conclusions tendant à ce que la commune de Clamanges soit condamnée au paiement de la somme de 1 500 euros en réparation du préjudice subi du fait du ruissellement des eaux et à ce qu'il lui soit enjoint de procéder à des travaux rectificatifs doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Clamanges une quelconque somme, celle-ci n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, au titre des dépens, constitués des honoraires d'expertises taxés à hauteur de 11 582,53 euros, 3 620 euros et 2 658,20 euros, de mettre à la charge définitive de la commune de Clamanges la somme de 8 930,37 euros et à la charge de M. C et de Mme G la somme 8 930,36 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme G est rejetée.
Article 2 : Les dépens sont mis à la charge définitive de la commune de Clamanges à hauteur de 8 930,37 euros et à la charge de M. C et de Mme G à hauteur de 8 930,36 euros.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme D G et à la commune de Clamanges.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPSLe greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026