jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 juillet 2021, 18 août 2021 et 11 juillet 2022, Mme F C, Mme D A et Mme E B, représentées par Me Mainnevret, demandent, dans le dernier état de leurs écritures, au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mai 2021 par lequel le maire de Reims ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Cellnex France en vue de l'installation d'un pylône monotube sur un terrain situé 47 avenue Nationale à Reims ;
2°) d'enjoindre aux sociétés Cellnex et Bouygues Télécom de démonter ce pylône ;
3°) de désigner un expert pour s'assurer des garanties prises pour la protection de la population et du respect des obligations légales liées à cette installation ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Reims une somme de 2 500 euros, à verser à leur conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable, celle-ci ayant été régularisée dans les délais octroyés par le tribunal ; elles ont un intérêt à agir à l'encontre de l'acte attaqué compte tenu de la proximité de l'installation et du risque sanitaire en résultant ;
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence, la délégation de signature de son auteur n'étant pas établie ;
- il méconnaît le principe de précaution prévu à l'article 5 de la Charte de l'environnement ;
- il méconnaît le devoir de mutualisation prévu par les dispositions du II de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques ;
- le projet expose les riverains, et en particulier les établissements scolaires et un cabinet d'infirmier, à un risque sanitaire lié aux émissions d'ondes par les antennes relais ;
- la déclaration préalable de travaux ne fait pas mention, en méconnaissance du décret n° 2002-775 du 3 mai 2002 pris en application du 12° de l'article L. 32 du code des postes et télécommunications et relatif aux valeurs limites d'exposition du public aux champs électromagnétiques émis par les équipements utilisés dans les réseaux de télécommunication ou par les installations radioélectriques, des fréquences devant être émises par les antennes relais installées sur le projet et permettant d'en vérifier la conformité aux normes applicables ;
- il n'est pas justifié de sa date d'affichage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2021, la société Cellnex, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérantes d'établir leur intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté en litige ;
- les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre 2021 et 24 août 2022, la commune de Reims conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requête initiale ne comportait aucun moyen et que la copie de l'acte attaqué n'a été produite qu'après l'expiration du délai de recours contentieux ;
- elle est irrecevable car elle n'est pas dirigée contre un acte administratif, mais contre le projet d'installation du pylône et ne comporte pas de conclusions précises ;
- elle est irrecevable faute pour les requérantes de justifier d'un intérêt à agir à l'encontre de cet acte ;
- les nouveaux moyens soulevés par les requérantes dans leur dernier mémoire et tirés de l'incompétence et de la violation du principe de précaution ne sont pas recevables en application de la règle de cristallisation prévue à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens des requérantes sont inopérants ou non fondés.
Par une intervention, enregistrée le 24 septembre 2021, la société Bouygues Telecom, représentée par Me Hamri, demande que le tribunal rejette la requête, par les mêmes motifs que ceux exposés par la société Cellnex.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 mai 2021, le maire de Reims ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 21 avril 2021 par la société Cellnex France en vue de l'installation d'un pylône monotube de dix-huit mètres de hauteur et supportant des systèmes antennaires et un faisceau hertzien, sur un terrain situé 47 avenue nationale dans le quartier la Neuvillette, sur le territoire de cette commune. Par leur requête, les requérantes demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intervention de la société Bouygues Telecom :
2. Il ressort des pièces du dossier que la société Bouygues Telecom a été mandatée par la société Cellnex France pour constituer et déposer les dossiers de demandes d'autorisations administratives requises pour le déploiement des sites de communications électroniques et pour prendre part à la procédure en cas de recours à l'encontre de ces autorisations. Dans ces conditions, elle justifie d'un intérêt suffisant à la réalisation de l'opération litigieuse et au maintien de l'arrêté attaqué. Par suite, son intervention en défense est recevable et doit être admise.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, ou, comme en l'espèce, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable de travaux, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant, le cas échéant, les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste à implanter un pylône monotube de dix-huit mètres de hauteur surmonté d'antennes-relais sur un terrain situé 47 avenue Nationale à Reims. Les habitations des trois requérantes, qui résident respectivement aux n° 1, 2 et 4 rue des tilleuls, sont situées à une distance de près de soixante mètres du terrain d'assiette du projet mais en sont séparées par d'autres constructions. Elles n'ont dès lors pas la qualité de voisines immédiates de ce projet. Pour justifier de leur intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté en litige, les requérantes, d'une part, invoquent le principe de précaution et se prévalent d'un risque possible pour la santé humaine, et notamment pour les riverains et l'école, lié à l'exposition aux ondes électromagnétiques des équipements du pylône. Toutefois, elles se bornent à de simples allégations sans apporter d'éléments circonstanciés et probants quant au risque auquel les exposerait le projet en litige, alors que les sociétés Cellnex et Bouygues Telecom produisent à l'instance un état des connaissances scientifiques, non sérieusement contestées, concluant à l'absence d'un tel risque. D'autre part, si elles font valoir une atteinte portée par le projet à l'environnement urbain, eu égard à sa proximité, à son importance et à ses caractéristiques, cette allégation n'est assortie d'aucune précision permettant au tribunal de vérifier la réalité d'une telle atteinte et son effet sur les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens. Dans ces conditions, Mme C et autres ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté du 18 mai 2021 par lequel le maire de Reims ne s'est pas opposé à la déclaration préalable concernant ce projet. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir des requérantes opposée par la commune de Reims et par la société Cellnex doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de Mme C et autres est irrecevable et doit être rejetée.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Cellnex et par la commune de Reims au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : L'intervention de la société Bouygues Telecom est admise.
Article 2 : La requête de Mme C, de Mme A et de Mme B est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la société Cellnex et de la commune de Reims présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, représentante désignée pour l'ensemble des requérantes, à la commune de Reims, à la société Cellnex et à la société Bouygues Telecom.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026