vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET BENOIT GARCIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021, M. C B représenté par Me Garcia demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle le préfet de l'Aube a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de son épouse, Mme A E de nationalité marocaine ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aube à titre principal de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige a été prise en méconnaissance de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure où il remplit les conditions légales pour bénéficier d'un regroupement familial ;
- il dispose d'un logement convenable ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conditions de ressources, sur le fondement de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'a pas procédé à un examen objectif de son dossier ;
- il justifie de ressources stables et suffisantes ; il perçoit un revenu de 1 729 euros par mois en moyenne qui est supérieur au minimum requis de 1 212,75 euros ; la baisse de ses revenus en 2020 s'explique par le contexte de crise économique provoquée par la crise du Covid.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, le préfet de l'Aube représenté par le cabinet Actis avocats conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en 1979, présent en France depuis 2009 et titulaire d'une carte de résident " parent d'enfant français " valable du 12 février 2013 au 11 février 2023, a présenté le 19 août 2020 une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme A E de nationalité marocaine. Par une décision du 28 mai 2021, le préfet de l'Aube a rejeté sa demande. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ". Aux termes de son article L. 434-8 : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Son article R. 434-4 dispose : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / 1° Cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; () ".
3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. En l'espèce, le refus de regroupement familial attaqué se fonde sur le caractère insuffisant des ressources de M. B pour subvenir aux besoins d'un foyer de trois personnes. Il ressort des motifs de la décision du 28 mai 2021 que M. B a perçu au cours des douze mois précédents le dépôt de sa demande, soit entre août 2019 et juillet 2020, un revenu mensuel de 1 199 euros en moyenne, inférieure au salaire minimum interprofessionnel de croissance mensuel net de la même année de référence, établi à 1 212,75 euros.
5. M. B soutient qu'il disposait d'un revenu supérieur au SMIC et qu'il doit également être tenu compte de la baisse d'activité générée par la pandémie de Covid-19. Toutefois, les pièces utiles produites par le requérant en particulier trois attestations d'un cabinet d'expert-comptable en date du 20 mars 2020, du 18 juin 2020 et du 22 avril 2021 indiquent respectivement que M. B s'est alloué en sa qualité d'associé gérant de la société Travaux Bâtiment Maçonnerie une somme de 10 700 euros au titre de la période du 1er juillet 2019 au 29 février 2020, que le chiffre d'affaires hors taxe encaissé par la société du 12 février 2020 au 11 juin 2020 s'est élevé à la somme 10 053 euros et que le chiffre d'affaires encaissé par l'autoentreprise de M. B d'août 2020 à septembre 2020 s'est établi à la somme de 1 652,32 euros sans que ces deux dernières pièces ne permettent de connaître les sommes reversées au requérant au titre de ses revenus . M. B verse également au débat sa déclaration de revenus de l'année 2020 qui fait état d'un revenu imposable pour l'année 2020 de 13 921 euros. Ainsi, le requérant perçoit un revenu en deçà du minimum exigé par les dispositions précitées pour prétendre au bénéfice du regroupement familial. Le préfet de l'Aube n'a donc pas commis d'erreur d'appréciation en rejetant la demande de M. B pour insuffisance de ressources.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 28 mai 2021 du préfet de l'Aube. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Aube.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme de Laporte, première conseillère,
M. Maleyre, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
V. DE LAPORTELe président-rapporteur,
signé
P. DLe greffier,
signé
A. PICOT
N°2101615
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026