jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101707 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2021, Mme A Prince B, représentée par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision notifiée le 18 janvier 2021 relative à son appréciation finale, et la décision du 3 mars 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision implicite née du silence gardé par le recteur sur sa demande du 2 avril 2021 tendant à la révision de son appréciation finale et de sa notation ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Reims de réexaminer sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard et de prendre une nouvelle décision de sa notation en lui octroyant l'échelon 9 ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices qu'elle soutient avoir subis ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été convoquée dans un délai supérieur à huit jours à l'entretien d'évaluation ;
- elle n'a pas été destinataire du compte rendu de l'entretien, ni du compte rendu définitif ;
- elle n'a pas été notée par l'autorité titulaire du pouvoir de nomination ;
- sa notation n'a pas été prise après avis de son supérieur hiérarchique direct et en l'absence d'avis de la CAP ;
- l'appréciation de sa valeur professionnelle est entachée d'une erreur manifeste ;
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le recteur de l'académie de Reims conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive et que les décisions attaquées ne lui font pas grief ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'aucune demande indemnitaire n'a été préalablement adressée au rectorat ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas à l'office du juge de se prononcer sur les conditions d'exercice du métier de Mme Prince, sur son état de santé, sur sa manière de servir et sur sa progression de carrière ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme Prince B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- l'arrêté du 5 mai 2017 relatif à la mise en œuvre du rendez-vous de carrière des personnels enseignants, d'éducation et de psychologues du ministère chargé de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative,
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme de Laporte, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Mme Prince B, professeur au sein du lycée professionnel Yser à Reims demande, par le présent recours l'annulation de la décision déterminant son appréciation finale qui lui a été notifiée le 18 janvier 2021, de la décision du 3 mars 2021 rejetant le recours formé contre cette décision et de la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande reçue le 3 avril 2021, tendant à la révision de son appréciation finale et à la saisine de la commission administrative paritaire. Elle présente également des conclusions indemnitaires.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, par des arrêtés des 3 décembre 2021 et 10 mars 2021, régulièrement publiés au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département, le recteur de l'académie de Reims a donné délégation à Mme Sandrine Connan, secrétaire général de l'académie de Reims, à l'effet de signer " tous actes, décisions et correspondances, dans la limite de ses attributions et dans le cadre des compétences attribuées à la rectrice de l'académie " et, en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci, à M. Cyrille Bourgery, secrétaire général adjoint, directeur des ressources humaines. Mme Prince B n'établit, ni même n'allègue, que la secrétaire générale de l'académie de Reims n'aurait pas été absente ou empêchée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision du 3 mars 2021 rejetant le recours qu'elle a formé contre son appréciation finale aurait été prise par un auteur incompétent. En second lieu, elle n'est pas fondée à soutenir, en raison même de sa nature de décision implicite, que de la décision de rejet née du silence gardé par l'administration sur sa demande reçue le 3 avril 2021, aurait été prise par un auteur incompétent.
3. Le compte-rendu de rendez-vous de carrière n'étant pas au nombre des actes soumis à une obligation de motivation par les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, Mme Prince B ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
4. Aux termes de l'article 20-1 du décret du 6 novembre 1992, dans sa version en vigueur depuis le 1er septembre 2017, dispose : " Les dispositions du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat ne sont pas applicables aux professeurs de lycée professionnel ". Il résulte de ce texte que Mme Prince B ne peut utilement faire valoir que la procédure suivie afin d'évaluer ses qualités professionnelles serait irrégulière dès lors qu'elle méconnaitrait les dispositions du décret du 28 juillet 2010.
5. Aux termes de l'article 20-3 du décret du 6 novembre 1992 : " Le professeur de lycée professionnel bénéficie de trois rendez-vous de carrière dont l'objectif est d'apprécier la valeur professionnelle de l'intéressé. Ils ont lieu lorsque au 31 août de l'année scolaire en cours : / 1° Pour le premier rendez-vous, le professeur de lycée professionnel est dans la deuxième année du 6e échelon de la classe normale ; / 2° Pour le deuxième rendez-vous, le professeur de lycée professionnel justifie d'une ancienneté comprise entre 18 et 30 mois dans le 8e échelon de la classe normale ; /3° Pour le troisième rendez-vous, le professeur de lycée professionnel est dans la deuxième année du 9e échelon de la classe normale. "
6. Mme Prince B, qui a atteint le 9ème échelon de la classe normale, devait bénéficier, au titre de l'année 2019/2020, de son 3ème " rendez-vous de carrière ". Toutefois, dès lors qu'elle était alors placée en congé de longue durée, cette position faisait obstacle à ce que le recteur la convoque aux entretiens, tant avec l'inspecteur qu'avec son chef d'établissement. Le 18 janvier 2021, le recteur a rempli son compte-rendu de rendez-vous de carrière en ne renseignant aucune appréciation. Mme Prince B, au soutien de ses conclusions d'annulation, fait valoir que la décision prise à l'issue de son rendez-vous de carrière fait obstacle à ce qu'elle parvienne à l'échelon 9 de son grade. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle avait atteint avant son troisième rendez-vous de carrière cet échelon. Elle soutient également que sa note doit être annulée dès lors qu'elle est entachée d'une erreur manifeste. Toutefois les rendez-vous de carrière n'ont pas pour objet de noter les agents.
7. Il résulte de ce qui précède, qu'eu égard aux moyens qu'elle invoque, les conclusions de Mme Prince B tendant à l'annulation des décisions attaquées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions susvisées de la requête, fondées sur l'illégalité alléguée des décisions attaquées, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions d'injonction :
9. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions susvisées ne peuvent, par suite, qu'être rejetées ;
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme que demande Mme Prince B à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Prince B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Prince B et au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au rectorat de l'académie de Reims.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
M. Clemmy Friedrich, conseiller,
Mme Anne-Laure Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.
La rapporteure,
A.-L. FABRELe président,
O. NIZET
La greffière,
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026