jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GINTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant-dire droit du 26 octobre 2023, le tribunal, statuant sur la requête présentée par M. B H et par Mme G E épouse H tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de Pouillon a délivré un permis de construire à M. D et Mme A en vue de la construction d'une maison d'habitation individuelle avec piscine sur un terrain situé 76 rue du Parc de cette commune et de la décision portant rejet de leur recours gracieux, a, d'une part, rejeté les conclusions de M. et Mme H tendant à enjoindre à M. D et Mme A de procéder à la suppression des travaux déjà entrepris, d'autre part, sursis à statuer sur le surplus des conclusions de la requête jusqu'à l'expiration du délai de trois mois à compter de la notification du jugement imparti à la commune de Pouillon et à Mme A et M. D pour transmettre au tribunal la mesure de régularisation qu'impliquaient les vices mentionnés au point 5 de ce jugement, et, enfin, réservé tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'était pas statué jusqu'en fin d'instance.
M. D et Mme A ont transmis l'arrêté du maire de Pouillon du 7 décembre 2023 portant permis de construire modificatif, enregistré le 13 décembre 2023 et communiqué.
Par un mémoire et une pièce, enregistrés les 23 janvier 2024 et 16 avril 2024, M. B H et Mme G E épouse H, représentés par Me Viguier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 du maire de Pouillon portant permis de construire et la décision portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du maire de Pouillon du 9 février 2023 portant permis de construire modificatif, ainsi que la décision implicite de rejet du 8 juin 2023 de leur recours gracieux à l'encontre de cet arrêté ;
3°) d'annuler l'arrêté du maire de Pouillon du 7 décembre 2023 portant permis de construire modificatif ;
4°) d'enjoindre à M. D et à Mme A de procéder à la suppression des travaux déjà entrepris ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Pouillon et de M. D et Mme A une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la notice paysagère fournie avec le dossier de demande de permis de construire modificatif n'indique pas de manière suffisante les partis retenus pour que le projet s'insère dans son environnement ;
- les vices retenus par le jugement avant-dire droit du 26 octobre 2023 n'ont pas été régularisés ;
- le nouveau plan de situation et l'extrait cadastral fournis dans le cadre du dossier de demande du permis modificatif déposé le 30 novembre 2023 par M. D et Mme A, qui datent de 2018, ne comprennent pas les constructions réalisées par les pétitionnaires et ne permettent dès lors pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement voisin ;
- l'arrêté du 7 décembre 2023 portant permis de construire modificatif est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que le projet porte atteinte à son environnement ;
- l'arrêté du 9 février 2023 portant permis de construire modificatif doit être annulé dès lors qu'aucune réponse n'a été faite au recours gracieux qu'ils ont introduit à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, la commune de Pouillon, représentée par Me Gintrand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 février 2023 portant permis de construire modificatif ne sont pas recevables dès lors qu'elles ont été présentées au-delà du délai de recours qui expirait deux mois après l'intervention de la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. et Mme H, soit le 9 août 2023 ;
- les conclusions à fin d'enjoindre à M. D et Mme A de supprimer les travaux réalisés sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des actions tendant à la démolition d'une construction édifiée sur une propriété privée en méconnaissance d'une autorisation d'urbanisme ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2023, M. D et Mme A, représentés par Me Choffrut, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les vices du permis de construire initial ont été régularisés par le permis modificatif du 7 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de M. H, de Me Gintrand, représentant la commune de Pouillon, et de Me Choffrut, représentant M. D et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 février 2021, le maire de Pouillon a délivré à M. D et Mme A un permis de construire une maison d'habitation individuelle avec piscine sur un terrain situé 76 rue du Parc sur le territoire de cette commune. M. et Mme H, qui sont voisins du projet, ont exercé auprès du maire de Pouillon un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. Par un jugement avant-dire droit du 26 octobre 2023, le tribunal, statuant sur la requête présentée par M. et Mme H tendant à l'annulation de cet arrêté et de la décision portant rejet de leur recours gracieux, a estimé fondé le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire au regard, d'une part, des dispositions du b) du 2° de l'article R. 431-8, eu égard à l'insuffisance de la notice explicative concernant les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, et, d'autre part, des dispositions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, eu égard à l'absence de document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain.
2. Après avoir estimé que les autres moyens de la requête n'étaient pas fondés, le tribunal a, d'une part, rejeté les conclusions de M. et Mme H tendant à enjoindre à M. D et Mme A de procéder à la suppression des travaux déjà entrepris, d'autre part, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sursis à statuer sur la requête pendant un délai de trois mois, dans l'attente de la production par le maire de Pouillon d'un permis de construire modificatif en vue de régulariser l'arrêté du 15 février 2021 et, enfin, réservé tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'était pas statué jusqu'en fin d'instance. Le maire de Pouillon a, par un arrêté du 7 décembre 2023, délivré à M. D et Mme A un permis de construire modificatif.
3. Par ailleurs, le maire de Pouillon a, par arrêté du 9 février 2023, délivré à M. D et Mme A un permis de construire modificatif concernant le même projet. Par courrier du 7 avril 2023, M. et Mme H ont introduit un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par son silence gardé sur ce recours, le maire l'a implicitement rejeté.
4. Par leur requête, M. et Mme H demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 février 2021, ainsi que la décision du maire de Pouillon ayant rejeté leur recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, l'arrêté du 9 février 2023 portant permis de construire modificatif et la décision portant rejet de leur recours gracieux à l'encontre de cet arrêté ainsi que l'arrêté du 7 décembre 2023 portant permis de construire modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. A compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant-dire droit. Elles ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.
En ce qui concerne la régularisation du permis de construire :
6. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ".
7. D'une part, la notice d'impact paysager jointe au dossier de demande de permis de construire modificatif, délivré le 7 décembre 2023 à M. D et Mme A, explicite les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et prendre en compte les paysages, indiquant ainsi que la forme et les matériaux du projet sont choisis dans le respect de la nature environnante, décrite comme des espaces boisés, et que son implantation et son orientation, dépendantes de la forme de la parcelle, ont été retenues selon une configuration horizontale pour éviter de s'étendre sur la hauteur et pour limiter ainsi l'impact paysager par rapport aux constructions avoisinantes, et, par rapport à la villa voisine en limite séparative côté ouest, qui bénéficie également d'un rez-de-chaussée avec une toiture terrasse et un étage partiel, en adoptant la même implantation dans le sens de la longueur de la parcelle. Le projet est implanté en mitoyenneté d'une limite séparative à l'autre, et décalée de la voirie pour permettre un double stationnement extérieur et ne pas gêner la circulation. Par ailleurs, le projet sera traité essentiellement dans des teintes naturelles, le volume du rez-de-chaussée étant en enduit ton pierre avec quelques zones en teinte bois, et l'étage étant globalement revêtu d'un bardage en zinc gris clair. La végétation sera traitée essentiellement avec trois arbres à hautes tiges, oliviers et quelques essences locales, et une allée de bambous sur la limite sud afin de préserver l'intimité vis-à-vis de la parcelle voisine. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la notice du projet architectural ne comporte pas les partis retenus pour l'insertion du projet dans son environnement. Ce moyen doit être écarté comme non fondé.
8. D'autre part, à supposer que, en indiquant que les vices retenus dans le jugement avant-dire droit n'ont pas été régularisés par le permis modificatif du 7 décembre 2023, les requérants aient entendu également faire valoir que le second vice retenu dans ce jugement et tiré de l'absence d'un document graphique répondant aux conditions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme n'aurait pas été régularisé, ils n'assortissent toutefois pas un tel moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen ne peut dès lors qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire initial doit être regardé comme ayant été régularisé par le permis de construire modificatif du 7 décembre 2023.
En ce qui concerne les vices propres du permis de construire modificatif :
10. En premier lieu, M. et Mme H soutiennent que le nouveau plan de situation et l'extrait cadastral fournis dans le cadre du dossier de demande du permis modificatif déposé le 30 novembre 2023 par M. D et Mme A ne comprennent pas les constructions réalisées par les pétitionnaires et ne permettent ainsi pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement voisin. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 431-7 précitées que le plan de situation du terrain à l'intérieur de la commune doit faire figurer la construction du projet sur le terrain d'assiette, quand bien même elle serait déjà réalisée. Par suite, ce moyen doit, en tout état de cause, être écarté comme non fondé.
11. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
12. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la co-visibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est situé au fond d'une impasse, excentrée par rapport au centre-ville de la commune de Pouillon et située dans un environnement constituée d'une forêt, le long de laquelle sont implantées des maisons d'habitation. Le projet se situe en zone Ub du règlement du plan local d'urbanisme de Pouillon, qui décrit cette zone comme un secteur urbain discontinu présentant une densité urbaine plus faible et des caractéristiques plus contemporaines dans les formes d'habitat. Le projet en litige est voisin, d'une part et au nord de celui-ci, d'une maison de conception similaire à la sienne, quoique de taille plus modeste, également constituée d'un rez-de-chaussée en forme de bloc et en enduit ton clair surmonté d'un étage partiel, cependant habillé d'un bardage bois. D'autre part et au sud du projet, le bien des requérants est également une villa de conception moderne et d'une architecture comparable à celle du projet, quoique s'en différenciant par sa taille plus modeste, ainsi que par un enduit en ton plus sombre et un étage plus étendu avec un bardage bois. Ainsi, le site d'implantation du projet ne présente pas de caractéristique architecturale particulière ni aucun caractère remarquable ou intérêt particulier au sens des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice d'impact paysager que le projet est constitué d'une villa d'architecture moderne, qui est composée d'un rez-de-chaussée en deux blocs accolés et enduits en ton clair, l'un d'eux étant avancé, par un effet de décrochage, vers la chaussée, et d'un étage partiel habillé d'un bardage en zinc gris clair. En dépit du caractère massif de son bâti, et compte tenu des partis d'insertion retenus, ainsi que des caractéristiques architecturales comparables des deux biens situés de part et d'autre du projet, le maire de Pouillon n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en délivrant le permis de construire modificatif en litige.
En ce qui concerne l'arrêté du 9 février 2023 portant permis de construire modificatif et la décision de rejet du recours gracieux à l'encontre de cet arrêté :
14. En se bornant à soutenir que l'arrêté du 9 février 2023 doit être annulé au motif que leur recours gracieux à l'encontre de cet arrêté a été implicitement rejeté par le maire de Pouillon, M. et Mme H n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Pouillon au regard des conclusions dirigées contre l'arrêté du 9 février 2023, que l'ensemble des conclusions aux fins d'annulation de M. et Mme H doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Il n'appartient qu'au juge judiciaire de connaître des actions tendant à la démolition d'une construction édifiée sur une propriété privée en méconnaissance d'une autorisation d'urbanisme. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal enjoigne à M. D et Mme A de procéder à la suppression des travaux déjà réalisés sur leur propriété privée en application du permis de construire litigieux ne peuvent, ainsi que le fait valoir la commune de Pouillon et ainsi qu'il a déjà été jugé dans le jugement avant-dire droit du 26 octobre 2023, qu'être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pouillon et de M. D et Mme A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que M. et Mme H demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme H les sommes demandées, d'une part, par la commune de Pouillon, et, d'autre part, par M. D et Mme A au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Pouillon et de M. D et Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B H et à Mme G E épouse H, à Mme F A et à M. C D et à la commune de Pouillon.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient
Mme Mach, présidente,
M. Rifflard, conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026