vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2021, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2021 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire de Reims a prononcé sa radiation des cadres ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Reims de la placer à nouveau en disponibilité pour convenances personnelles.
Elle soutient que :
- elle a involontairement omis de demander le renouvellement de sa disponibilité pour convenances personnelles ;
- cette décision remet en cause son projet professionnel.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2023, le centre hospitalier universitaire de Reims conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Deschamps, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, technicienne de laboratoire au sein du centre hospitalier universitaire de Reims, a été placée, sur sa demande, en position de disponibilité pour suivre son conjoint à compter du 19 juin 2017. La dernière prolongation, d'une durée d'un an, lui a été accordée par une décision du 11 juin 2020 avec effet à compter du 19 juin 2020. Par une décision
du 22 juin 2021, dont la requérante demande l'annulation, la directrice générale du centre hospitalier régional universitaire de Reims, constatant l'absence de demande de réintégration ou de prolongation de la disponibilité pour suivre son conjoint, a prononcé sa radiation des cadres à compter du 19 juin 2021.
2. Aux termes de l'article 62 de la loi du 9 janvier 1986 alors en vigueur : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son établissement, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite () ". Aux termes de l'article 34 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions de fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " La mise en disponibilité est accordée de droit, sur la demande du fonctionnaire : () 2° Pour suivre son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité, lorsqu'il est astreint à établir sa résidence habituelle, en raison de sa profession, en un lieu éloigné de l'établissement qui emploie le fonctionnaire. / La mise en disponibilité prononcée au titre du présent article ne peut excéder trois ans. Elle peut être renouvelée si les conditions requises pour l'obtenir sont réunies () ". Aux termes de l'article 37 du même décret : " Deux mois au moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours, le fonctionnaire doit solliciter soit le renouvellement de sa disponibilité soit sa réintégration. Faute d'une telle demande, l'intéressé est rayé des cadres, à la date d'expiration de la période de disponibilité () ".
3. Si l'administration doit porter à la connaissance du fonctionnaire hospitalier, à qui elle accorde une mise en disponibilité pour suivre son conjoint, le contenu des obligations prévues par ces dispositions et leurs implications, il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que la radiation des cadres d'un fonctionnaire, en application de celles-ci, doit être précédée d'une lettre de rappel ou de l'information qu'une telle radiation est susceptible d'intervenir sans autre modalité préalable.
4. Mme B, qui ne peut pas utilement se prévaloir des conséquences
de la décision attaquée sur ses perspectives professionnelles, avait été avertie, lors du dernier renouvellement de la position de disponibilité par la décision du 11 juin 2020, de la nécessité d'indiquer au moins deux mois avant l'expiration de la période fixée si elle entendait demander sa réintégration ou la prolongation de sa disponibilité. La circonstance qu'elle a omis de procéder à cette démarche est sans influence sur la légalité de la décision en cause. Par suite,
les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 22 juin 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier universitaire régional de Reims.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller ;
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
Le conseiller le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
Signé
P-H. MALEYRE
Le président,
Signé
A. DESCHAMPSLe greffier,
Signé
A. PICOT
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