mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DELALANDE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 31 août 2021 sous le n° 2101949, M. A B et l'association Nature et Avenir, représentés par Me Delalande, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la preuve de dépôt de la déclaration initiale d'une installation classée pour la protection de l'environnement délivrée le 20 août 2021 par le préfet des Ardennes à l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Sylvain Gouble pour l'exploitation d'un élevage de 28 443 volailles à Saint-Morel ;
2°) d'enjoindre, dans l'hypothèse où cette installation serait exploitée, la fermeture de cette dernière ainsi que, à titre subsidiaire, la suspension de son exploitation, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de communiquer l'ensemble des documents joints à cette déclaration préalable ainsi que le rapport du 27 juillet 2021 relatif à la visite d'inspection du site exploité par l'EARL Sylvain Gouble à Saint-Morel et les courriers du 29 juillet 2021 et du 13 août 2021 qui lui ont été adressés à l'issue de cette visite ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'EARL Sylvain Gouble, chacun, la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. B, en sa qualité de gérant de l'exploitation piscicole Percafrance, justifie d'un intérêt à agir contre la décision contestée ;
- l'association Nature et Avenir, compte tenu de son objet social et de son agrément, justifie d'un intérêt à agir contre cette décision ;
- l'association Nature et Avenir a mandaté son président pour introduire une action en son nom contre cette décision ;
- il n'a pas été procédé à une évaluation environnementale alors que le projet, par sa localisation et sa nature, a des incidences sur l'environnement ;
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Sylvain Gouble, représentée par Me Charles, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer ;
3°) à ce que la somme de 600 euros soit mise à la charge solidaire de M. B et de l'association Nature et Avenir au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle a déposé une nouvelle déclaration portant sur un élevage de 30 000 volailles qui a été enregistrée le 24 janvier 2022 par le préfet des Ardennes ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet des Ardennes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 6 mars 2024 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête, enregistrée le 31 août 2021 sous le n° 2101951, M. A B et l'association Nature et Avenir, représentés par Me Delalande, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2021 par lequel le préfet des Ardennes a mis en demeure l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Sylvain Gouble de déclarer, au titre de la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement, l'activité d'élevage de volailles qu'elle exploite à Saint-Morel, dans un délai de huit jours à compter de sa notification ;
2°) d'enjoindre, dans l'hypothèse où cette installation serait exploitée, la fermeture de cette dernière ainsi que, à titre subsidiaire, la suspension de son exploitation, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 2 000 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet des Ardennes de communiquer l'ensemble des documents joints à la déclaration préalable ainsi que le rapport du 27 juillet 2021 relatif à la visite d'inspection du site exploité par l'EARL Sylvain Gouble à Saint-Morel et les courriers du 29 juillet 2021 et du 13 août 2021 qui lui ont été adressés à l'issue de cette visite ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat et de l'EARL Sylvain Gouble, chacun, la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. B, en sa qualité de gérant de l'exploitation piscicole Percafrance, justifie d'un intérêt à agir contre la décision contestée ;
- l'association Nature et Avenir, compte tenu de son objet social et de son agrément, justifie d'un intérêt à agir contre cette décision ;
- l'association Nature et Avenir a mandaté son président pour introduire une action en son nom contre cette décision ;
- il n'a pas été procédé à une évaluation environnementale alors que l'installation en litige, par sa localisation et sa nature, a des incidences sur l'environnement ;
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) Sylvain Gouble, représentée par Me Charles, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'une autorisation provisoire lui soit délivrée dans l'attente de la régularisation de l'installation par le dépôt d'une nouvelle autorisation intégrant une étude environnementale dans un délai de six mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) à ce que la somme de 600 euros soit mise à la charge solidaire de M. B et de l'association Nature et Avenir au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet des Ardennes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 6 mars 2024 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête qui était dépourvue d'objet dès son introduction en raison de la complète exécution des mesures prescrites par la mise en demeure contestée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'EARL Gouble Sylvain exploite à Saint-Morel une activité d'élevage de volailles. Par un arrêté du 21 décembre 2017, le préfet des Ardennes a enregistré cette installation qui portait alors sur un élevage de 40 000 poules pondeuses avec un parcours de plein air. Par un jugement n° 1800712 du 4 juillet 2019, confirmé par un arrêt n°19NC02753 du 14 décembre 2021 de la cour administrative d'appel de Nancy, le présent tribunal a annulé cet arrêté. L'EARL Sylvain Gouble s'est ensuite vu délivrer successivement, le 25 juillet 2019, le 4 octobre 2019 et le 5 décembre 2019, par le préfet des Ardennes, la preuve du dépôt de déclarations d'installations classées pour la protection de l'environnement en vue de l'exploitation d'un poulailler comprenant respectivement 29 990, 29 995 et 30 000 poules pondeuses, la première déclaration comprenant un parcours de plein air, alors que les deux suivantes concernent un élevage au sein d'un bâtiment fermé. Par un jugement nos 1902100, 1902786 et 1903038 du 22 juillet 2021, le présent tribunal a annulé la preuve de dépôt du 5 décembre 2019. Par un arrêté du 16 août 2021, le préfet des Ardennes a mis en demeure l'EARL Gouble de déposer une nouvelle déclaration dans un délai de huit jours suivant sa notification. Le 20 août 2021, cette société a déposé une nouvelle déclaration d'installation classées pour la protection de l'environnement portant sur un élevage de 28 443 volailles pour laquelle le préfet lui a délivré une nouvelle preuve de dépôt. Par les présentes requêtes, M. B et l'association Nature et Avenir demandent l'annulation de ces arrêtés.
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2101949 et 2101951 présentées par M. B et l'association Nature et Avenir présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions dirigées contre la mise en demeure du 16 août 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. Elle peut, en outre, ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 45 000 € par le même acte que celui de mise en demeure ou par un acte distinct. () ". Selon l'article L. 171-11 du même code : " Les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Lorsque l'autorité administrative, dans le cas où des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés irrégulièrement, met en demeure l'intéressé de régulariser sa situation, sur le fondement des dispositions de l'article L. 171-7 du code de l'environnement, l'exécution complète des mesures ou formalités prescrites par cette mise en demeure prive d'objet le recours tendant à son annulation, sur lequel il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer.
5. Il résulte de l'instruction que le 20 août 2021, antérieurement à la date d'introduction de la requête enregistrée sous le n° 2101951, l'EARL Sylvain Gouble a déposé une nouvelle déclaration d'exploitation d'un élevage de 28 443 volailles pour laquelle elle s'est vu délivrer une preuve de dépôt, d'ailleurs contestée par les requérants dans le cadre de la requête enregistrée sous le n° 2101949, de sorte que l'exploitant avait déjà complètement assuré l'exécution de la mise en demeure du 16 août 2021 contestée, privant ainsi d'objet le recours tendant à son annulation dès son introduction. Par suite, la requête de M. B et de l'association Nature et Avenir enregistrée sous le n° 2101951 est irrecevable et doit, par suite, être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la preuve de dépôt délivrée le 20 août 2021 :
6. Il appartient au juge de plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement de se prononcer sur l'étendue des droits et obligations accordés aux exploitants ou mis à leur charge par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Si, lorsque l'autorité administrative prend, pour l'exécution d'une décision juridictionnelle d'annulation, une nouvelle décision d'autorisation d'exploiter ayant un caractère provisoire, le recours dirigé contre cette décision juridictionnelle conserve son objet, il en va autrement en cas d'intervention d'une nouvelle autorisation définissant entièrement les conditions d'exploitation de l'installation et dépourvue de caractère provisoire, se substituant à l'autorisation initialement contestée. L'intervention de cette nouvelle autorisation, qu'elle ait ou non acquis un caractère définitif, prive d'objet la contestation de la première autorisation, sur laquelle il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer.
7. Il résulte de l'instruction que l'EARL Sylvain Gouble a déposé le 24 janvier 2022 une nouvelle déclaration d'exploitation d'installation classée pour la protection de l'environnement portant sur un élevage de 30 000 poules pondeuses pour laquelle elle s'est vu délivrer une preuve de dépôt, qui ne présente pas un caractère provisoire, et qui s'est entièrement substituée à la preuve de dépôt contestée du 20 août 2021, privant ainsi d'objet les conclusions dirigées contre cette dernière. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2101949 dirigées contre la preuve de dépôt du 20 août 2021.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat et de l'EARL Sylvain Gouble, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par M. B et l'association Nature et Avenir au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B et de l'association Nature et Avenir une somme de 600 euros au titre des frais exposés par l'EARL Sylvain Gouble et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B et de l'association Nature et Avenir enregistrée sous le n° 2101949 dirigées contre la preuve de dépôt délivrée par le préfet des Ardennes le 20 août 2021 à l'EARL Sylvain Gouble.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2101949 est rejeté.
Article 3 : La requête de M. B et de l'association Nature et Avenir enregistrée sous le n° 2101951 est rejetée.
Article 4 : M. B et l'association Nature et Avenir verseront une somme de 600 euros à l'EARL Sylvain Gouble sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'association Nature et Avenir, à l'exploitation agricole à responsabilité limitée Sylvain Gouble et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Ardennes.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
N°s 2101949, 2101951
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026