mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102032 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 3ème chambre |
| Avocat requérant | SF CONSEIL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 septembre 2021 et 28 mars 2022, Mme B E, représentée par Me Benjamin Madelenat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 portant rejet du recours administratif préalable formé contre la décision en récupération d'un indu d'allocation de logement sociale dont le montant s'élève à 1 030 euros ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision attaquée est incompétent ;
- l'allocation aux adultes handicapés dont bénéfice son conjoint n'a pas fait l'objet d'un abattement de 30 % ;
- le montant des frais réels afférents aux revenus de 2020 est non pas de 4 607 euros mais de 5 557 euros ;
- le total des revenus nets catégoriels à prendre en compte est de 9 465 euros et non de 13 000 euros ;
- il n'a pas été pris en considération l'abattement mentionnée à l'article 157 bis du code général des impôts.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 janvier 2022 et 1er août 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés à
l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné, sur le fondement de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E s'est vue réclamer, par une décision du 11 juin 2021, le remboursement d'un indu d'allocation de logement sociale pour la période de janvier à mai 2021 et dont le montant s'élève à 1 030 euros. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a rejeté son recours administratif préalable formé contre la décision précitée.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : / () 2° Les allocations de logement : / () b) L'allocation de logement sociale. " Aux termes de l'article R. 822-3 du même code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : / 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale et les revenus d'activité perçus hors de France ou versés par une organisation internationale, sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; / 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts , et pour l'assujettissement à l'impôt sur la fortune immobilière mentionné à l'article 964 du même code, sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. () ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I. - Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. / () II. - Sont déduits du décompte des ressources : / () 2° L'abattement mentionné à l'article 157 bis du code général des impôts pour les personnes nées avant le 1er janvier 1931 et pour les personnes invalides. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 822-13 du même code : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint apporte la preuve de la cessation de son activité professionnelle et de son admission au bénéfice d'une pension de retraite ou d'invalidité ou d'une rente d'accident de travail ou de l'allocation aux adultes handicapés, les revenus d'activité professionnelle et les indemnités de chômage inclus dans les ressources de l'intéressé sont affectés d'un abattement de 30 %. / Cette mesure s'applique à partir du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel survient le changement de situation. () ".
3. Lorsque le recours dont le juge est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aides personnelles au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Si Mme E soutient que la signataire de la décision en litige est dépourvue de compétence à défaut pour la caisse d'allocations familiales de l'Aube de produire une délégation de signature de son directeur, celle-ci a produit la décision du 1er juin 2020 donnant compétence à Mme C A, signataire de la décision du 12 juillet 2021, pour signer les décisions relatives au recouvrement d'indus d'allocations d'aide sociale. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
5. Il résulte de l'instruction que, parallèlement au rejet du recours administratif préalable formé par Mme E, la caisse d'allocations familiales de l'Aube a recalculé le montant de l'indu mis à sa charge afin de prendre en considération des éléments relatifs aux frais réels que l'intéressée lui a fait parvenir entretemps. Il en est résulté au profit de cette dernière un rappel de 840 euros. Toutefois, une erreur informatique survenue à l'occasion de cette opération a conduit la caisse d'allocations familiales de l'Aube à recalculer de nouveau ses droits à l'allocation de logement sociale pour la période de janvier à mai 2021 et celle-ci a définitivement fixé le montant de l'indu en cause à la somme de 834 euros.
6. Il résulte de l'instruction que l'indu d'allocation de logement sociale mis à la charge de Mme E pour un montant de 834 euros a été calculé en prenant en compte, d'une part, les frais réels afférents aux revenus en considération desquels ses droits ont été déterminés pour la période de janvier à mars 2021, ainsi que le prévoient les dispositions précitées du 2° de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation, et dont le montant s'élève à 5 557 euros, et, d'autre part, l'abattement mentionné à l'article 157 bis du code général des impôts, ainsi que le prévoient les dispositions précitées du 2° du II, et dont le montant s'élève à 4 884 euros.
7. Si Mme E soutient que les revenus pris en considération pour le calcul de ses droits à l'allocation de logement sociale auraient dû faire l'objet d'un abattement de 30 % en application des dispositions précitées de l'article R. 822-13 du code de la construction et de l'habitation, il résulte de l'instruction que son conjoint, qui est bénéficiaire d'une allocation aux adultes handicapés, ne perçoit pas de revenus d'activité professionnels ou d'indemnités chômage et que, en ce qui la concerne, elle n'est bénéficiaire de la même allocation qu'à compter du 1er juin 2021, d'où il résulte que, conformément à ce que prévoient ces mêmes dispositions, l'abattement de 30 % ne pouvait être opéré sur les revenus d'activité professionnels auxquels se rapportent l'indu en litige, puisque celui-ci porte sur une période antérieure au 1er juin 2021. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que, pour le calcul des droits de Mme E sur la période de janvier à mars 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Aube aurait calculé ses droits à l'allocation de logement sociale à partir de revenus nets catégoriels d'un montant de 13 000 euros, alors que celle-ci soutient en défense, sans être contredite sur ce point, que les revenus de la requérante ont été fixés à 8 000 euros, pour la période de janvier à mars 2021, et à 9 600 euros, pour la période d'avril à juin 2021.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à soutenir que l'indu d'allocation de logement sociale mis à sa charge ne serait pas fondé et, par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. DLe greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026