jeudi 14 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROUMAZEILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 septembre 2021, le 24 septembre 2021 et le 31 janvier 2022, M. C B A et la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Dr B, représentés par Me Roumazeille, demandent au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la prise de position du 20 juillet 2021 du directeur départemental des finances publiques de la Haute-Marne confirmant, après délibération du collège territorial de second examen du 25 juin 2021, la prise de position initiale du 11 février 2021 par laquelle cette autorité leur a indiqué qu'ils ne pouvaient bénéficier du régime d'allègement de l'imposition des bénéfices prévu à l'article 44 quindecies du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 700 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que la prise de position contestée s'inscrit dans le cadre d'une demande relevant du 2° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales ;
- la prise de position contestée n'est pas suffisamment motivée dès lors que l'administration ne précise pas les documents sur lesquels elle s'est fondée à l'appui de son argumentation ;
- les motifs tirés de ce que son activité est totalement dépendante du groupement de coopération sanitaire, qu'elle est exclusive et que ses recettes sont gérées par l'hôpital sont matériellement inexacts ;
- la prise de position contestée méconnaît les dispositions du e) du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts, dès lors que leur activité libérale, pour laquelle ils disposent de leur propre patientèle, ne constitue pas une extension de l'activité des hôpitaux relevant du groupement de coopération sanitaire " Pôle Sud Haut-Marnais " ;
- la prise de position contestée méconnaît les énonciations du paragraphe n°150 de la doctrine administrative de base référencée BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-20 publiée le 4 septembre 2019 ;
- elle méconnaît le principe d'égalité des contribuables devant l'impôt dès lors que d'autres praticiens du groupement de coopération sanitaire bénéficient du mécanisme d'allègement d'imposition prévu par les dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts avec l'assentiment de l'administration fiscale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 novembre 2021 et 18 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne démontrent pas que la prise de position contestée entraîne des effets non fiscaux notables ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
L'instruction a été close avec effet immédiat le 7 novembre 2023 en application des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre de procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,
- et les observations de Me Roumazeille, représentant M. B A et la SELARL Dr B.
Une note en délibéré présentée pour M. B A et la SELARL Dr B a été enregistrée le 4 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A exerce, depuis le 1er décembre 2020, d'abord à titre individuel, puis, à compter du 12 janvier 2021, dans le cadre de la SELARL Dr B, une activité libérale de médecin anesthésiste-réanimateur au sein du groupement de coopération sanitaire " Pôle de santé Sud Haut-Marnais " constitué, en vertu d'une convention signée le 20 juin 2017, du centre hospitalier de Chaumont, du centre hospitalier de Langres, du centre médico-chirurgical de Chaumont le Bois et de la clinique de la Compassion de Langres. Par une lettre datée du 1er décembre 2020, M. B A a saisi l'administration fiscale d'une demande de rescrit en vue de savoir si son entreprise remplissait les conditions pour bénéficier du dispositif d'exonération d'imposition prévu par les dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Par une prise de position du 11 février 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Marne a indiqué à l'intéressé qu'il ne pouvait pas prétendre à cette exonération. Par une lettre du 8 avril 2021, M. B A et la SELARL Dr B ont saisi l'administration fiscale d'une demande de second examen sur le fondement de l'article L. 80 CB du livre des procédures fiscales. Par une prise de position du 20 juillet 2021, dont M. B A et la SELARL Dr B demandent l'annulation, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Marne a confirmé sa prise de position initiale, conformément à la délibération du collège territorial de second examen du 25 juin 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".
3. La prise de position en litige comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 44 quindecies du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les entreprises qui sont créées ou reprises entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2022, soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale, artisanale au sens de l' article 34 ou professionnelle au sens du 1 de l'article 92, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création ou de leur reprise et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A. () / II. - Pour bénéficier de l'exonération mentionnée au I, l'entreprise doit répondre aux conditions suivantes : () / e) L'entreprise n'est pas créée dans le cadre d'une extension d'activités préexistantes. L'existence d'un contrat, quelle qu'en soit la dénomination, ayant pour objet d'organiser un partenariat caractérise l'extension d'une activité préexistante lorsque l'entreprise créée ou reprenant l'activité bénéficie de l'assistance de ce partenaire, notamment en matière d'utilisation d'une enseigne, d'un nom commercial, d'une marque ou d'un savoir-faire, de conditions d'approvisionnement, de modalités de gestion administrative, contentieuse, commerciale ou technique, dans des conditions telles que cette entreprise est placée dans une situation de dépendance. () ".
5. Les entreprises créées dans le cadre d'une extension d'activités préexistantes sont celles qui, eu égard à la similarité ou à la complémentarité de leur objet par rapport à celui d'entreprises antérieurement créées et aux liens de dépendance qui les unissent à ces dernières, sont privées de toute autonomie réelle et constituent de simples émanations de ces entreprises préexistantes.
6. Les requérants soutiennent qu'en considérant que les conditions d'exercice de leur activité libérale révèlent une situation de dépendance à l'égard du groupement de coopération sanitaire " Pôle de santé Sud Haut-Marnais ", l'administration fiscale a méconnu les dispositions précitées du e) du II de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du contrat d'exercice libéral conclu le 11 août 2020, que l'activité de médecin anesthésiste-réanimateur exercée par M. B A, d'abord à titre individuel puis dans le cadre de la société qu'il a créée, est pratiquée au sein même du groupement de coopération sanitaire " Pôle de santé Sud Haut-Marnais ", plus particulièrement de la clinique de la Compassion de Langres, dont il utilise les locaux ainsi que les moyens matériels et humains en en partageant les charges d'exploitation au moyen du versement d'une redevance forfaitaire dépendant du montant facturé pour les actes accomplis au titre de son activité libérale. En outre, le développement de son activité libérale est encadré par le contrat conclu avec ce groupement de coopération sanitaire au titre duquel il s'engage, notamment, à participer à la réalisation d'un volume d'activité fixé pour l'établissement, à participer à la mise en œuvre du projet médical d'établissement et à garantir la continuité médicale dans sa spécialité par sa participation aux tours d'astreintes organisés dans l'établissement, à ne pas réclamer d'honoraires supplémentaires ou complémentaires pour les patients devant faire l'objet d'une intervention chirurgicale, à n'exercer aucune autre activité au sein d'un autre établissement de santé, sauf accord du groupement de coopération sanitaire, et, en cas de résiliation du contrat, à ne pas exercer dans un établissement de santé public ou privé et à ne pas s'installer dans un périmètre géographique de 50 kilomètres pendant une période de deux ans suivant la résiliation. Par ailleurs, il résulte des stipulations de ce contrat que le groupement de coopération sanitaire contrôle la saisie des actes effectués par le praticien et assure la rétrocession des honoraires dus à ce dernier. Si les requérants soutiennent détenir une patientèle propre, distincte de celle bénéficiant d'une prise en charge au sein du groupement de coopération sanitaire, et notamment de la clinique de la Compassion de Langres, ils n'assortissent cette affirmation d'aucune précision et ne produisent aucun élément de nature à démontrer qu'ils auraient développé, à la date de la décision attaquée, une activité libérale en dehors de ces structures, au sein desquelles ils intervenaient de manière exclusive. Si le contrat d'exercice libéral permet à M. B A d'acquérir et d'utiliser son propre matériel et d'employer du personnel, les requérants ne démontrent ni même n'allèguent avoir utilisé ces facultés à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, les intéressés ne sont pas fondés à soutenir que l'administration fiscale a commis une erreur de fait en retenant que les conditions d'exercice de leur activité libérale les plaçaient en situation de dépendance vis-à-vis du groupement de coopération sanitaire " Pôle de santé Sud Haut-Marnais " et constituait, en conséquence et dans les circonstances de l'espèce, une extension d'activité préexistante au sens et pour l'application des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance des dispositions de cet article doivent être écartés.
7. En troisième lieu, si M. B A et la société Dr B soutiennent que d'autres praticiens intervenant au sein du même groupement bénéficient de l'avantage fiscal prévu par les dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts précédemment citées et que la prise de position en litige méconnaît dès lors le principe d'égalité devant l'impôt, ils n'assortissent pas leurs allégations des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. En dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des énonciations du paragraphe n°150 de la doctrine administrative de base référencée BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-20 publiée le 4 septembre 2019, lesquelles ne comportent aucune interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il a été fait application au litige. Ce moyen, à supposer que les intéressés aient entendu l'invoquer, doit dès lors être écarté.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale, que M. B A et la société Dr B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la prise de position du 20 juillet 2021 à la suite du second examen. Leur requête doit ainsi être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A et de la société Dr B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Dr B et au directeur départemental des finances publiques de la Marne.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELa présidente,
Signé
A-S. MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026