vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SAMMUT CROON JOURNÉ-LÉAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2021, Mme D B demande au tribunal d'annuler le tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020.
Elle soutient que :
- elle n'a eu connaissance du tableau d'avancement que le 5 octobre 2021 ;
- lors de la commission administrative paritaire local de décembre 2017, il lui avait été dit qu'elle serait la prochaine à être promue au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle ;
- une autre personne a été promue à sa place au titre de l'année 2020 ;
- compte tenu de son âge, de son ancienneté et de ses appréciations, elle aurait dû être nommée ;
- la personne promue a moins d'ancienneté qu'elle, que ce soit en nombre d'années travaillées, dans le corps ou dans l'établissement et elle a une note moins élevée.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 décembre 2022, l'établissement public de santé mentale de la Marne, représenté par Me Sammut, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour cause de tardiveté ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme C, à qui la procédure a été communiquée, n'a pas produit d'observations.
En application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, des pièces pour compléter l'instruction ont été demandées à l'établissement public de santé mentale de la Marne le 12 janvier 2023, lesquelles ont été réceptionnées puis communiquées le 26 janvier suivant.
Mme B a produit un mémoire le 19 avril 2023, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2007-1191 du 3 août 2007 ;
- le décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 ;
- le décret n° 2011-661 du 14 juin 2011 ;
- l'arrêté du 11 octobre 2007 déterminant les taux de promotion dans certains corps de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maleyre,
- les conclusions de M. Deschamps, rapporteur public,
- et les observations de Me Sammut pour le compte de l'établissement public de santé mentale de la Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B appartient au corps des assistants médico-administratifs. Elle exerce ses fonctions au sein des effectifs de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de la Marne depuis juillet 1989. L'intéressée demande au tribunal d'annuler le tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020 établi le 30 décembre 2020.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'EPSM de la Marne :
2. Si l'EPSM de la Marne fait valoir que la requête présentée par Mme B est irrecevable pour cause de tardiveté, il ne produit aucun élément établissant la date à laquelle le tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020 établi le 30 décembre 2020 aurait fait l'objet d'un affichage dans les locaux de l'établissement. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 69 de la loi du 9 janvier 1986 alors en vigueur : " () l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ".
4. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 : " Sont classés dans la catégorie B les corps des personnels administratifs des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, ci-dessous énumérés : / () 2° Le corps des assistants médico-administratifs. / Ces deux corps sont régis par les dispositions du décret du 14 juin 2011 [n° 2011-661] susvisé et par celles du présent décret ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Les corps régis par le présent décret comprennent trois grades () la classe exceptionnelle. / Ces grades sont respectivement assimilés aux () troisième grades mentionnés à l'article 2 du décret du 14 juin 2011 () ". Le II de son article 8 dispose : " Les conditions d'accès aux () et troisième grades des corps régis par le présent décret sont fixées conformément aux dispositions de l'article 25 du décret du 14 juin 2011 () ".
5. Aux termes du III de l'article 25 du décret n° 2011-661 du 14 juin 2011 dans sa version applicable à l'espèce : " Peuvent être promus au troisième grade de l'un des corps régis par le présent décret : / () 2° Par la voie du choix, après inscription sur un tableau d'avancement établi après avis de la commission administrative paritaire, les fonctionnaires justifiant d'au moins un an dans le 6ème échelon du deuxième grade et d'au moins cinq années de services effectifs dans un corps, cadre d'emplois ou emploi de catégorie B ou de même niveau. () ". Aux termes de l'article 27 du même décret : " Au sein de chaque corps régi par le présent décret, le nombre maximum de fonctionnaires pouvant être promus chaque année à chacun des grades d'avancement de ces corps est déterminé conformément aux dispositions du décret du 3 août 2007 () ".
6. Aux termes de l'article 1er du décret du 3 août 2007 : " I.- A compter du 1er janvier 2008, le nombre maximum d'avancements de grade au sein des corps de la fonction publique hospitalière est, dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et lorsque les statuts particuliers de ces corps le prévoient, déterminé pour chaque année par application d'un taux de promotion. Ce taux s'applique à l'effectif des fonctionnaires remplissant les conditions pour un avancement de grade au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions. Un arrêté du ministre chargé de la santé fixe le taux de promotion et comprend une annexe dans laquelle figure la liste des corps relevant de ce dispositif. () ". L'arrêté du 11 octobre 2007 a fixé le taux de promotion au titre de l'année 2020 au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle à 9 %. En ce qui concerne l'EPSM de la Marne, l'application de ce taux a permis de proposer une nomination au choix.
7. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un tableau d'avancement ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, mais doit analyser les mérites comparés de cet agent et des autres agents candidats. Lorsque le juge est saisi d'une requête par laquelle le candidat écarté produit des éléments circonstanciés dans le sens de sa particulière aptitude à bénéficier d'une inscription au tableau d'avancement et que l'administration se borne à présenter un exposé de caractère général sur les divers éléments pris en compte lors de l'établissement des propositions de tableaux d'avancement, dépourvu de toute indication sur les motifs qui ont été retenus en l'espèce pour écarter ce candidat, les allégations du requérant selon lesquelles cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation doivent être regardées comme établies.
8. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la comparaison des fiches de notation pour les années 2017, 2018 et 2019 de Mme B et de la personne promue à sa place, qui a été le critère prépondérant d'appréciation de la valeur professionnelle retenu par l'EPSM de la Marne pour l'établissement du tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020, que si Mme C accomplit ses missions avec efficacité, sérieux, discrétion et disponibilité, qualités confirmées par le rapport favorable du 23 décembre 2020 de la directrice des soins de l'établissement, le notateur de Mme B souligne sur la même période l'excellent travail de l'intéressée résultant en particulier de sa maîtrise de l'ensemble des " outils " de sa fonction, son excellent sens du contact, notamment avec les familles des personnes placées, sa très bonne connaissance des dossiers médicaux et institutionnels et sa grande disponibilité. Dans ces conditions, Mme B a fait montre sur la période considérée d'une valeur professionnelle supérieure. Par suite, le tableau d'avancement en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation du tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020 établi le 30 décembre 2020.
10. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure particulière dans la mesure où il ne résulte pas de l'instruction que Mme B a contesté la nomination de Mme C et qu'une seule nomination au grade d'assistant médico-administratif était prévue en ce qui concerne l'EPSM de la Marne au titre de l'année 2020 en application des dispositions citées au point 4.
D E C I D E :
Article 1er : Le tableau d'avancement au grade d'assistant médico-administratif de classe exceptionnelle au titre de l'année 2020 établi par l'EPSM de la Marne le 30 décembre 2020 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à l'établissement public de santé mentale de la Marne et à Mme A C.
Délibéré après l'audience du 5 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Torrente, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
P-H. MALEYRELe président,
signé
P. CRISTILLELe greffier,
signé
A. PICOT
N°2102227
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026