jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP SOLVEL-BARRUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Solvel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2021 par lequel le maire de Fumay a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation sur un terrain situé 5 de Orléans à Givet sur le territoire de cette commune, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Fumay de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fumay une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît le champ d'application de l'article L. 111-5 du code de l'urbanisme, dès lors que les dispositions afférentes à la reconstruction à l'identique d'un bâtiment détruit sont prévues à l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme n'est pas applicable au projet, dès lors que celui-ci porte non pas sur une reconstruction à l'identique mais sur des travaux sur une construction existante, à savoir la construction d'une maison d'habitation sur des fondations existantes et que le projet s'inscrit dans le respect du cadre environnemental ;
- le maire ne démontre pas qu'il était dans l'impossibilité de délivrer le permis de construire avec des prescriptions spéciales tel que prévu par l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, alors que l'instruction de la demande de permis de construire n'a recueilli que des avis favorables avec le cas échéant des prescriptions ou recommandations.
La requête a été communiquée à la commune de Fumay, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 21 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rifflard, conseiller,
- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barrué, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé le 4 mai 2021 une demande complète de permis de construire auprès du maire de Fumay en vue de la construction d'une maison d'habitation sur un terrain situé 5 de Orléans à Givet sur le territoire de cette commune. Par arrêté du 26 mai 2021, le maire de Fumay a, au nom de la commune, refusé de lui délivrer le permis sollicité. Par un courrier du 26 juillet 2021, M. A a présenté un recours gracieux contre cette décision, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2021 du maire de Fumay et de cette décision portant rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme, en vigueur depuis le 1er janvier 2016 : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient d'être démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels en dispose autrement. ".
3. D'une part, si l'arrêté en litige oppose un motif tiré de ce que le bâtiment à reconstruire à l'identique a été démoli depuis plus de dix ans en méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-5 du code de l'urbanisme, il résulte des termes même de cet arrêté que le maire de Fumay a entendu se fonder sur les dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme précitées, la mention erronée de l'article L. 111-5 du même code procédant manifestement d'une simple erreur de plume. D'autre part, M. A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme relatives à la reconstruction à l'identique d'un bâtiment détruit, lesquelles ont été abrogées depuis le 1er janvier 2016 et n'étaient pas applicables à la date de l'arrêté litigieux. Enfin, M. A soutient que son projet ne consiste pas en une reconstruction à l'identique au sens de ces dispositions, mais porte sur des travaux sur une construction existante. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que sa demande de permis de construire porte sur la construction d'une maison individuelle suite à sinistre, cette demande précisant que la surface construite ainsi que la destination seraient identiques à celles existantes avant ce sinistre et ne faisant état que de l'existence d'un sous-sol d'une surface de 214,41 m² à la date de la demande. Il n'est ni allégué ni établi que cette démolition est intervenue depuis moins de dix ans. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire de Fumay a entaché sa décision d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".
5. En se bornant à soutenir que l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ne peut recevoir application dès lors que sa demande de permis porte sur la construction d'une maison d'habitation sur des fondations existantes et que le projet s'inscrit dans le respect du cadre environnemental, M. A n'assortit pas ce moyen, à supposer même qu'il ait entendu ainsi le soulever, des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction à l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
7. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que la décision portant refus de délivrer à M. A un permis de construire est fondée sur le motif tiré de ce que le projet, dont le terrain d'assiette est classé en zone Np, méconnaît les dispositions de l'article N.1.2. du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Fumay approuvé le 25 juin 2020 selon lesquelles les habitations sont interdites en secteur Np. Si l'arrêté en litige cite les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le maire de Fumay n'a ce faisant opposé aucun motif tiré de l'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publiques. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir que le permis de construire ne pouvait lui être refusé alors que l'autorité compétente avait la possibilité d'accorder ce permis en l'assortissant de prescriptions spéciales, ni se prévaloir des avis favorables avec prescriptions ou préconisations émis dans le cadre de l'instruction de sa demande. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté comme étant inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Fumay.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
R. RIFFLARDLa présidente,
Signé
A-S. MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026