jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 novembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne a refusé de lui accorder une remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2 089,04 euros pour la période du 1er janvier 2021 au 31 août 2021 ;
2°) de procéder au réexamen de sa situation.
Elle soutient que sa situation a été examinée en tenant compte d'un quotient familial erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute de comporter des conclusions conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mach, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " / () la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ".
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration ".
3. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur :
() / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision. S'agissant d'un indu constaté au titre de l'aide personnalisée au logement et de la prime d'activité, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité de l'intéressé et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
5. Par un courrier du 26 août 2021, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne a informé Mme B de l'existence d'un indu d'aide personnalisée au logement et de prime d'activité d'un montant de 2 025,98 euros qu'elle a perçu du 1er janvier 2021 au 31 août 2021. Par décision du 24 novembre 2021, dont Mme B demande l'annulation, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne a rejeté la demande de remise gracieuse de cet indu.
6. Mme B, qui ne conteste pas la réalité du trop perçu dont le remboursement lui a été réclamé, ni l'erreur commise dans sa déclaration de ressources, se borne à soutenir que le quotient familial de 1 581 euros retenu par la caisse d'allocations familiales est erroné dans la mesure où il s'élevait au montant de 813 euros. Si la requérante produit une attestation de la caisse d'allocations familiales du 28 décembre 2021 faisant état d'un quotient familial de 813 euros pour le mois de novembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne fait valoir en défense, sans être contestée, que ce quotient familial est distinct du quotient familial incluant le " plan de remboursement personnalisé ", qui est évalué à 1 581 euros et qui est seul retenu pour apprécier la situation financière de l'intéressée. Mme B n'allègue ni n'établit qu'elle est dans l'impossibilité de rembourser l'indu qui lui est réclamé et n'apporte aucun élément permettant d'apprécier sa situation financière, et notamment ses ressources et ses charges à la date du présent jugement. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante se trouve dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêcherait de rembourser le solde de sa dette. Dès lors, il n'y a pas lieu de lui accorder une remise totale ou partielle de l'indu qui lui est réclamé.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne, que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A-S. MACHLa greffière,
Signé
A. DEFORGE
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