LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2200044

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2200044

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2200044
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP RAHOLA CREUSAT LEFEVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 janvier 2022 et 11 octobre 2022, M. E D et Mme B F épouse D demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président de l'association foncière intercommunale d'aménagement foncier agricole et forestier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt a refusé de procéder au recouvrement de la soulte due au titre de l'échange de leur parcelle cadastrée Y143 située lieudit Les aisances à Warnécourt dans le cadre de l'aménagement foncier de la commune de Warnécourt en 2018 ;

2°) d'enjoindre à l'association foncière de procéder au recouvrement de cette soulte à leur profit, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du défendeur une somme de 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime, dès lors que les arbres présents sur leur parcelle Y143 attribuée à M. C constituent une plus-value à caractère permanent au sens de ces dispositions et dont l'indemnisation prend la forme d'une soulte recouvrée par l'association foncière auprès de l'attributaire du terrain cédé pour leur être ensuite reversée par cette association, ainsi que le leur a indiqué le président du conseil départemental des Ardennes dans un courrier du 23 juillet 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, M. A C, représenté par la SCP Rahola Creusat Lefevre, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D et de Mme F épouse D le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, l'expertise dont se prévalent les requérants n'a pas évalué une soulte, mais la valeur technique des parcelles ou parties de parcelles boisées ; une tentative d'accord amiable aurait dû être recherchée par les requérants avant de demander cette expertise ; cette expertise n'a pas été réalisée de manière contradictoire ; les requérants ne démontrent pas que l'égalité de valeur entre les terrains échangés ne pourrait être assurée sans le versement d'une soulte.

Le département des Ardennes a présenté des observations et des pièces, enregistrées le 27 octobre 2023 et le 2 novembre 2023.

La requête a été communiquée à l'association foncière intercommunale d'aménagement foncier agricole et forestier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 24 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rifflard, conseiller,

- et les conclusions de M. Torrente, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. D et Mme F épouse D étaient propriétaires d'une parcelle boisée cadastrée Y143 située lieudit Les aisances sur le territoire de la commune de Warnécourt. Par arrêté du 7 juin 2011, modifié par un arrêté du 16 juin 2017, le président du conseil départemental des Ardennes a ordonné l'opération d'aménagement foncier agricole et forestier dans les communes d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt, étendue aux communes de Champigneul-sur-Vence, Fagnon, Gruyères et Guignicourt-sur-Vence. Par décision du 19 mai 2017, la commission intercommunale d'aménagement foncier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt a fixé les dates et modalités de prise de possession des nouvelles parcelles sur le périmètre de cette opération d'aménagement foncier et a décidé de soumettre à enquête publique le projet de nouveau parcellaire et le programme des travaux connexes. Saisie notamment d'une réclamation de M. D en vue d'une expertise, la commission intercommunale d'aménagement foncier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt a décidé, à l'issue de ses séances des 22 février 2018 et 14 mars 2018, de demander au conseil départemental de mandater un expert forestier en vue d'évaluer le montant d'une soulte indemnisant la perte de plus-value liée à la cession du bois présent sur la parcelle Y 143. Après expertise réalisée par la coopérative forestière des Ardennes, le président du conseil départemental des Ardennes a indiqué à M. D, par courrier du 23 juillet 2018, que la valeur des arbres présents sur la parcelle Y143 était évaluée à 5 166,13 euros et que, conformément à l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime, l'attributaire du terrain devra verser le montant correspondant sous forme de soulte à l'association foncière qui le reversera à M. D. La parcelle Y143 de M. D et Mme F épouse D ayant été transférée à M. C dans le cadre de cette opération d'aménagement foncier, les intéressés ont, par courrier du 9 septembre 2021, demandé au président de l'association foncière intercommunale d'aménagement foncier agricole et forestier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt de recouvrer auprès de M. C la soulte d'un montant de 5 116,13 euros dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime. M. D et Mme F épouse D demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé par le président de cette association foncière.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime : " Chaque propriétaire doit recevoir, par la nouvelle distribution, une superficie globale équivalente, en valeur de productivité réelle, à celle des terrains qu'il a apportés, déduction faite de la surface nécessaire aux ouvrages collectifs mentionnés à l'article L. 123-8 et compte tenu des servitudes maintenues ou créées. () / Le paiement d'une soulte en espèces est autorisé lorsqu'il y a lieu d'indemniser le propriétaire du terrain cédé des plus-values transitoires qui s'y trouvent incorporées et qui sont définies par la commission. Le montant de la soulte n'est versé directement au bénéficiaire que si l'immeuble qu'il cède est libre de toute charge réelle, à l'exception des servitudes maintenues. La dépense engagée par le département au titre de l'aménagement foncier agricole et forestier de la commune comprend, dans la limite de 1 % de cette dépense, les soultes ainsi définies. / Le paiement de soultes en espèces est également autorisé lorsqu'il y a lieu d'indemniser les propriétaires de terrains cédés des plus-values à caractère permanent. Dans ce cas, le montant des soultes fixé par la commission communale est versé à l'association foncière par l'attributaire des biens comprenant la plus-value. Le recouvrement des soultes auprès de cet attributaire s'effectue comme en matière de contributions directes. Le versement des soultes aux propriétaires des terrains cédés est assuré par le président de l'association foncière sur décision de la commission communale. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle Y143 litigieuse comportait cinquante-et-un chênes, onze épicéas, trois aulnes, trois merisiers, un érable, un frêne et un arbre déclassé, dont la valeur totale a été estimée au montant de 5 116,13 euros correspondant à leur valeur dite d'avenir, laquelle a été déterminée en appliquant à la valeur marchande actuelle du bois de ces arbres, d'un montant total de 4 697 euros, un coefficient propre à chaque arbre en fonction de son essence et de son diamètre. Il résulte notamment du rapport d'expertise que la plupart des arbres présente un diamètre d'au moins trente-cinq centimètres et que la valeur d'avenir est pour la majorité d'entre eux égale ou très faiblement supérieure à leur valeur marchande, caractérisant la présence d'arbres adultes ayant atteint leur valeur maximale en cas de coupe. Eu égard aux caractéristiques de ces arbres, et indépendamment de leur nombre sur la parcelle, la perte de ces arbres n'a pas le caractère d'une plus-value à caractère permanent au regard des dispositions de l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime précité. Dans ces conditions, et alors même que le président du conseil départemental leur a indiqué à tort que la soulte au titre de cette plus-value devrait être payée par M. C, M. D et Mme F épouse D ne sont pas fondés à soutenir que la décision par laquelle le président de l'association foncière a refusé de mettre en recouvrement cette somme méconnaît l'article L. 123-4 du code rural et de la pêche maritime. Ce moyen doit donc être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que M. D et Mme F épouse D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de l'association foncière intercommunale d'aménagement foncier agricole et forestier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt, avec extension sur Champigneul-sur-Vence, Fagnon, Gruyères et Guignicourt-sur-Vence, a rejeté leur demande de mettre en recouvrement une somme de 5 116,13 euros auprès de M. C.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D et Mme F épouse D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des défendeurs, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par M. D et Mme F épouse D sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D et Mme F épouse D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D et Mme F épouse D est rejetée.

Article 2 : M. D et Mme F épouse D verseront à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Mme B F épouse D, à M. A C, au département des Ardennes et à l'association foncière intercommunale d'aménagement foncier agricole et forestier d'Evigny, La Francheville, Mondigny, Prix-les-Mézières, Warcq et Warnécourt.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mach, présidente,

Mme Castellani, première conseillère,

M. Rifflard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

R. RIFFLARDLa présidente,

Signé

A-S. MACH

La greffière,

Signé

A. DEFORGE

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions