mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200102 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARNAUD-BUCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 janvier 2022, 30 mai 2022,
28 juillet 2022 et 14 septembre 2022, Mme E C demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel la maire de Saint-Thiébault lui a retiré les délégations de fonctions et de signature qui lui avait été confiées en sa qualité de première adjointe.
Elle soutient que :
- elle a accompli correctement ses fonctions d'adjointe et la maire l'a d'ailleurs admis en conseil municipal ;
- elle assiste efficacement la maire dans l'exercice de ses fonctions, malgré les remarques que celle-ci lui adresse en retour ;
- la maire exerce ses fonctions sans concertation avec les adjoints ou en communiquant avec eux isolément ;
- la maire est rétive à tirer profit de sa propre expérience, notamment en matière de finances publiques ;
- c'est du fait de son seul comportement que le budget communal a fait l'objet d'un " recadrage " par la cour régionale des comptes ;
- la maire l'accuse à tort d'adopter une attitude condescendante ;
- elle a toujours adopter un comportement loyal à l'égard de la maire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 mai 2022, 29 juillet 2022,
2 septembre 2022, 6 septembre 2022 et 9 septembre 2022, Mme A, en sa qualité de maire de Saint-Thiébault, représentée par Me Maxime Arnaud-Buchard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, à défaut de développer des moyens à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation ;
- la décision attaquée n'est entachée d'aucune illégalité.
Madame A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 22 septembre 2022 rendu par le Tribunal judiciaire de Chaumont.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B F,
- les conclusions de Mme D de Laporte, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arnaud-Buchard, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Guerbert, conseillère municipale de Saint-Thiébault, a été désignée première adjointe au maire par une délibération du conseil municipal en date du 2 juin 2020 et, par un arrêté municipal du 2 juin 2020, elle a reçu de la maire une délégation de fonctions pour les actes relatifs à la gestion du domaine, au suivi des achats, à l'élaboration du budget et la charge de présider la commission communication. Par un arrêté du 29 novembre 2021, la maire de
Saint-Thiébault lui a retiré ces délégations. Toutefois, par une délibération du 4 décembre 2021, le conseil municipal de Saint-Thiébault a confirmé Mme C dans ses fonctions de première adjointe au maire. Par la présente requête, celle-ci demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité du 29 novembre 2021 portant retrait des délégations de fonctions.
Sur la recevabilité des écritures produites par Mme A :
2. Aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune. () ". Aux termes de l'article L. 2121-22 du même code : " Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : / () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal, () ".
3. Le conseil municipal de Saint-Thiébault, par une délibération du 19 mars 2022, a refusé d'autoriser sa maire à représenter les intérêts de la commune dans le cadre de la présente instance. Ainsi, Mme A, en sa qualité de maire de Saint-Thiébault, n'a pas qualité à agir pour présenter des mémoires en défense au nom de la commune de Saint-Thiébault et, par suite, l'ensemble des écritures de Mme A, fussent-elles pour certaines d'entre elles présentées en sa qualité propre de maire, doivent être écartées des débats comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions. " Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints ou à un autre membre du conseil municipal.
5. Il ressort des pièces du dossier que la maire de Saint-Thiébault, par la décision en litige, a retiré à Mme C, première adjointe de la commune, les délégations de fonctions qui lui avaient été confiées par un arrêté municipal du 2 juin 2020. La requérante soutient que les motifs de cette décision sont étrangers à la bonne marche de l'administration communale et, en ce sens, elle fait valoir qu'elle a toujours été loyale à l'égard de la maire avec laquelle elle a présenté une liste commune lors des dernières élections municipales, qu'en sa qualité de première adjointe elle l'a assistée de ses conseils et de son expérience, notamment en matière de finances publiques, et que la dégradation de leurs relations de travail trouve son unique cause dans les méthodes de la maire qui refuse de l'associer et de communiquer avec elle comme avec l'ensemble des membres du conseil municipal.
6. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, lors de la séance qu'a tenu le conseil municipal le 22 octobre 2021, des désaccords concernant la politique communale sont survenus entre la maire et certains membres du conseil, parmi lesquels Mme C, ainsi qu'en atteste la signature que celle-ci a apposée en dessous des remarques manuscrites qui accompagnent le compte-rendu de cette séance. De plus, le compte-rendu de la séance qu'a tenu le conseil municipal le 25 novembre 2021 indique que, à la suite de la séance du 22 octobre 2021, la maire a annoncé son intention de retirer les délégations de fonctions attribuées à Mme C en raison, notamment, des propos que celle-ci aurait tenus à son adresse le 22 octobre 2021. Ces diverses circonstances ne sont pas contestées par Mme C et sont d'ailleurs corroborées par des pièces du dossier, notamment le courrier du 16 novembre 2021 par lequel celle-ci a saisi le préfet de la Haute-Marne pour obtenir des renseignements sur les questions au sujet desquelles elle était en désaccord avec la maire. Dans ces conditions, et en dépit de l'absence d'écritures régulièrement produites en défense par la commune de Saint-Thiébault, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige aurait été prise pour des motifs étrangers à la bonne administration communale et qu'ainsi cette décision aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté municipal du 29 novembre 2021 portant retrait des délégations de fonctions attribuées à Mme C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Mme A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, à la commune de Saint-Thiébault et à Mme A.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Anne-Cécile Castellani, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
C. F
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026