mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | Jean-Baptiste Chevalier |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2022, M. A C, représenté par Me Chevalier, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du jury d'aptitude professionnelle du 8 décembre 2021 et l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel le ministre de l'intérieur a mis fin à sa scolarité de gardien de la paix ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable y compris à l'encontre de la décision du jury d'aptitude professionnelle du 8 décembre 2021 ;
- en l'absence de production d'une copie de la décision du jury, il ne peut être vérifié la régularité de sa composition au regard de l'article 29 de l'arrêté ministériel du 18 octobre 2005 ; il a été privé d'une garantie substantielle ;
- l'avis du jury est entaché d'une erreur matérielle quant à ses résultats à l'issue de la seconde année de scolarité ;
- en lui reprochant sa notation au second test cardio-respiratoire, le jury n'a pas apprécié son aptitude professionnelle de façon globale et son implication personnelle ; son appréciation méconnait ainsi les normes qui s'imposaient à lui ;
- il a réalisé de bonnes performances sur les autres points jugés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à l'irrecevabilité des conclusions dirigées à l'encontre de l'arrêté du 20 décembre 2021 et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- aucun moyen n'est soulevé à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 décembre 2021 ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 13 janvier 2023, M. A C, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Il soutient en outre que :
- sa requête est bien recevable y compris à l'encontre de l'arrêté du 20 décembre 2021 ;
- l'appréciation de ses encadrants manquait d'impartialité ;
- il produit des témoignages attestant de son implication dans sa formation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 18 octobre 2005 ;
- l'arrêté du 24 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E B,
- les conclusions de Mme D de Laporte, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chevalier, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a intégré l'école nationale de police de Reims en décembre 2020. S'étant vu attribuer la note de 0 aux deux épreuves de test d'endurance cardio-respiratoire, son dossier a été soumis au jury d'aptitude professionnelle. Par décision du 11 juin 2021, le jury a autorisé son redoublement. Ayant à nouveau obtenu une note de 0 aux deux épreuves de test d'endurance cardio-respiratoire, le jury d'aptitude professionnelle a été saisi. Par décision du 8 décembre 2021, le jury d'aptitude professionnelle a décidé de mettre fin à sa scolarité. Par un arrêté du 20 décembre 2021, le ministre de l'intérieur a prononcé la fin de sa scolarité de gardien de la paix à compter de sa signature. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du jury d'aptitude professionnelle du 8 décembre 2021 :
S'agissant de la communication de la composition du jury :
2. Aux termes de l'article 14 de du 24 juin 2020 portant organisation de la formation statutaire et de l'évaluation des gardiens de la paix : " La composition du jury d'aptitude professionnelle est la suivante : - le directeur général de la police nationale ou son représentant, président ; - le directeur central du recrutement et de la formation de la police nationale ou son représentant ; - un représentant de la direction centrale du recrutement et de la formation de la police nationale ; - un représentant de l'inspection générale de la police nationale ; - un représentant de la direction des ressources et des compétences de la police nationale ; - un représentant de la direction centrale de la sécurité publique ; - un représentant de la direction centrale des compagnies républicaines de sécurité ; - un représentant de la direction centrale de la police aux frontières ; - un représentant de la préfecture de police ; - un psychologue. / Les membres et leurs suppléants sont désignés pour un an par le directeur général de la police nationale sur proposition des directions concernées. () ".
3. Le ministre de l'intérieur produit en défense le compte-rendu de la décision du jury d'aptitude professionnelle du 7 décembre 2021, séance au cours de laquelle ont été analysés les résultats de M. C. Ce compte-rendu précise sa composition. Le ministre produit également les arrêtés du 28 octobre et 7 décembre 2021, qui désignent, conformément aux dispositions citées au point précédent, les membres du jury d'aptitude professionnelle des élèves gardiens de la paix pour une durée d'un an. En se bornant à soutenir dans sa requête introductive d'instance qu'aucune pièce du dossier ne lui permettait de s'assurer de la régularité de la composition du jury, et en ne critiquant pas les pièces produites en défense, M. C n'apporte aucun élément permettant au juge d'apprécier le bien-fondé de son moyen. Dès lors, eu égard au moyen qu'il invoque, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure.
S'agissant de l'erreur matérielle dont seraient entachés ses résultats à l'issue de la seconde année de scolarité :
4. Aux termes de l'article 30 de l'arrêté du 18 octobre 2005 portant organisation de la formation initiale du premier grade du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " Le jury d'aptitude professionnelle analyse les résultats obtenus dans les différentes épreuves et l'implication professionnelle et personnelle des élèves pendant leur scolarité en vue d'établir leur classement national. ".
5. Il n'appartient pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury d'aptitude professionnelle sur la capacité des élèves gardiens de la paix à être nommés stagiaires, ni sur la décision du jury de mettre fin à la scolarité d'un élève ou de l'autoriser à redoubler. Il lui appartient, en revanche, de vérifier que le jury a formé cette appréciation sans méconnaître les normes qui s'imposent à lui.
6. M. C soutient qu'en indiquant que " malgré une seconde scolarité, ses résultats ne manifestent aucune marge de progression nette ", le jury a entaché son avis d'une erreur matérielle dès lors que sa notation globale a progressé de 119,15 points, passant de 388, 85/800 à 508,2/800. Toutefois, cette mention relève, non pas d'une erreur de fait, mais de l'appréciation portée par le jury sur ses résultats qu'il n'appartient pas au juge administratif de contrôler.
S'agissant de l'appréciation globale de son aptitude professionnelle et son implication personnelle :
7. Aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 24 juin 2020 portant organisation de la formation statutaire et de l'évaluation des gardiens de la paix : " Au cours de la première période de formation, l'évaluation des élèves est établie conformément à la grille figurant dans la note de service portant évaluation des élèves gardiens de la paix. / Elle vise à valoriser le discernement professionnel, l'implication personnelle, le respect déontologique, les connaissances théoriques fondamentales, les savoir-faire professionnels en situation, les acquis techniques, la condition physique, la maîtrise des applications informatiques professionnelles. Les épreuves peuvent consister en la rédaction d'actes administratifs et judiciaires, la réponse à des questions, la résolution de cas pratiques et la réalisation d'exercices techniques. Une note de comportement est attribuée selon des critères préalablement définis et fondés sur le respect du règlement intérieur et la valorisation de l'implication personnelle. () ". Aux termes de l'article 15 du même arrêté : " Pour se prononcer sur les aptitudes professionnelles, le jury convoque les élèves gardiens de la paix qui se voient attribuer dans l'une des matières énoncées ci-dessous les résultats suivants : () 0 point à la deuxième évaluation du développement de la condition physique opérationnelle/évaluation cardio-police ; () ".
8. Il résulte de ces dispositions que le jury national qui se prononce à la fin de la formation initiale de gardiens de la paix, prend en compte le comportement des élèves et non leurs seuls résultats.
9. M. C soutient qu'en lui reprochant sa notation au second test cardio-respiratoire, le jury n'a pas apprécié son aptitude professionnelle de façon globale et son implication personnelle. Il fait valoir en outre que les encadrants, qui l'ont évalué et ont rédigé le rapport sur sa manière de servir, ont fait preuve à son égard de partialité et de moqueries tout au long de sa scolarité.
10. La décision du jury d'aptitude professionnelle notifiée à M. C et le compte-rendu de décision du jury du 7 décembre 2021 se fonde sur l'absence de progression des résultats de l'élève en dépit de son redoublement, et " en particulier " s'agissant de ses capacités physiques jugées " très insuffisantes à exercer le métier de policier ". La fiche de synthèse des notes de M. C, produite en défense, qui a été communiquée au jury, mentionne notamment le manque de travail et d'investissement de l'intéressé, ainsi que son manque d'autonomie et d'esprit d'initiative. Son très faible niveau sportif est également relevé, malgré le programme spécialisé d'entrainement qui lui avait été proposé. Eu égard à ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que le jury se serait seulement fondé sur sa note de 0 à l'épreuve de condition physique, mais a bien pris en compte son comportement et son implication dans sa formation. Il ressort des termes même de la décision attaquée, que le jury d'aptitude professionnelle a estimé, qu'en dépit d'une année supplémentaire de formation et d'un accompagnement spécialisé pour préparer l'épreuve sportive, les résultats de l'intéressé, appréciés dans leur ensemble, restent insuffisants. En outre, les témoignages produits par le requérant, qui font état de son attitude bienveillante envers ses camarades, ne permettent pas de remettre en cause cette évaluation. Enfin, M. C se borne à faire état de l'attitude défavorable à son égard de deux encadrants, sans apporter aucun élément de nature à établir la réalité de cette allégation et, en tout état de cause, son incidence sur l'appréciation portée par le jury sur son aptitude aux fonctions de gardien de la paix Il s'ensuit que le jury a apprécié les résultant de l'intéressé conformément à l'article 30 de l'arrêté du 18 octobre 2005.
En ce qui concerne l'arrêté du ministre de l'intérieur :
11. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'illégalité de la décision susvisée à raison de l'illégalité de la décision du jury d'aptitude professionnelle ne peut qu'être, en tout état de cause, écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du jury d'aptitude professionnelle du 8 décembre 2021 et l'arrêté du ministre de l'intérieur du 20 décembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. C demande au titre des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,
M. Vincent Torrente, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
O. NIZET
La greffière,
I. DELABORDE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026