jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200276 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ADMYS AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 février 2022 et le 19 juillet 2022, l'association Eglise évangélique " le Rocher ", représentée par Me Mattiussi-Poux, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la délibération du 24 janvier 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Julien-les-Villas a exercé son droit de préemption sur un bien situé 25 avenue de la Maille ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Julien-les-Villas de lui proposer de rétrocéder le bien préempté à la société Epargne foncière, puis à elle, au prix d'acquisition qu'elle a fixée, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Julien-les-Villas la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie de son intérêt à agir contre la décision contestée en sa qualité d'acquéreur évincé ;
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'aucune note explicative de synthèse n'a été fournie aux membres du conseil municipal ;
- elle méconnaît les dispositions du 3ème alinéa de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ;
- la commune de Saint-Julien-les-Villas ne justifie pas de la réalité et de la faisabilité du projet motivant la préemption du bien en litige ni d'un intérêt général suffisant ;
- la décision contestée est entachée de détournement de pouvoir ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la délibération du 7 juin 2012 du conseil municipal de Saint-Julien-les-Villas instituant le droit de préemption urbain sur l'ensemble des zones urbaines et à urbaniser, laquelle n'a pas été affichée et publiée dans les conditions prévues par l'article R. 211-2 du code de l'urbanisme alors que les conseillers municipaux n'ont pas été régulièrement convoqués à cette séance ni n'ont reçu une information suffisante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 février 2022 et 8 septembre 2022, la commune de Saint-Julien-les-Villas, représentée par la SELAS Devarenne associés Grand Est, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de l'association Eglise évangélique " le Rocher " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'association requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir contre la décision de préemption contestée dès lors qu'elle ne justifie pas de sa qualité d'acquéreur évincé ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société civile de placement immobilier à capital variable Epargne foncière, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2024, l'association Eglise évangélique " Le Rocher " déclare se désister purement et simplement de sa requête et demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par la commune de Saint-Julien-les-Villas sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2024, la commune de Saint-Julien-les-Villas déclare accepter le désistement de l'association Eglise évangélique " Le Rocher " et maintient sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Castellani, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delachambre-Ferrer, représentant la commune de Saint-Julien-les-Villas.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de placement collectif immobilier Epargne foncière a notifié le 28 octobre 2021 à la commune de Saint-Julien-les-Villas une déclaration d'intention d'aliéner portant sur la cession d'un bien situé 25 avenue de la Maille au prix de 750 000 euros hors taxe. Par une délibération du 13 décembre 2021, le conseil municipal de cette commune a exercé son droit de préemption sur ce bien. Par une délibération du 24 janvier 2022, le conseil municipal de cette commune a décidé de retirer sa délibération du 13 décembre 2021 et d'exercer à nouveau son droit de préemption sur ce bien. Par la présente requête, l'association Eglise évangélique " le Rocher " demande l'annulation de cette délibération en tant que le conseil municipal a une nouvelle fois exercé son droit de préemption.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2024, l'association Eglise évangélique " Le Rocher " a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Julien-les-Villas présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de l'association Eglise évangélique " Le Rocher ".
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Julien-les-Villas présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Eglise évangélique " Le Rocher ", à la société civile de placement immobilier à capital variable Epargne foncière et à la commune de Saint-Julien-les-Villas.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
M. Torrente, premier conseiller,
M. Rifflard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
V. TORRENTELa présidente,
Signé
A-S. MACH
La greffière,
Signé
A. DEFORGE
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