mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2200582 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LEDOUX-FERRI YAHIAOUI-RIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2022, M. B A, représenté par la SCP Ledoux Ferri Riou-Jacques Touchon Mayolet, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté préfectoral n° 2020/208 du 22 juillet 2020, par lequel le préfet des Ardennes l'a obligé à se dessaisir de ses armes, ainsi que la lettre d'envoi l'accompagnant ;
2°) les décisions des 17 février 2021, 30 avril 2021 et 5 juillet 2021 par lesquelles le préfet des Ardennes a refusé de lui restituer ses armes et son permis de chasse ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions en litige ne sont pas ou insuffisamment motivées et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, le préfet des Ardennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- être en état de compétence liée ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tentant à l'annulation de la lettre accompagnant l'arrêt du 22 juillet 2022, dès lors que cette lettre d'envoi n'est pas décisoire.
Un mémoire en réponse à l'information prévue à l'article R. 611-7 du code de justice administrative, présenté pour M. A, a été enregistré le 31 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Nizet, président,
- les conclusions de Mme C de Laporte, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 22 juillet 2020 accompagné d'un courrier d'envoi du même jour, le préfet des Ardennes a ordonné à M. A de se dessaisir de ses armes, a invalidé son permis de chasser et l'a informé de son inscription au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes. Par des courriers du 17 février 2021, 30 avril 2021 et 5 juillet 2021, le préfet a rejeté les demandes dont l'avait saisi M. A tendant à la restitution de ses armes et de son permis de chasse.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (). "
3. Il ressort de la lecture de la lettre du 22 juillet 2020 accompagnant l'arrêté du même jour obligeant M. A à se dessaisir de ses armes, l'inscrivant au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes et invalidant son permis de chasser, qu'elle constitue une lettre d'envoi, et ne fait qu'expliciter les décisions prises par le préfet et qui sont contenues dans l'arrêté du même jour qui y est joint. Ne constituant par une décision, elle ne peut faire l'objet d'un recours en annulation. Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la lettre du 22 juillet 2020 doivent, par suite, être rejetées.
Sur la légalité de l'arrêté du 22 juillet 2020 :
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. L'arrêté n° 2020/108 du 22 juillet 2020 comporte mention des textes dont le préfet a fait application et des faits qu'il a retenus pour fonder sa décision. Il est, par suite, suffisamment motivé.
6. Si M. A indique qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, il n'assortit ce moyen d'aucun élément permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
7. Il résulte ce qui précède que les conclusions de la requête tenant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Ardennes du 22 juillet 2020 doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur la légalité de la décision du 30 avril 2021 :
8. Les conclusions susvisées de la requête doivent être rejetées pour les mêmes motifs que ceux retenus pour écarter les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2022.
Sur la légalité des décisions des 17 février 2021, et 5 juillet 2021 :
9. Il résulte de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure que sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C, les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions qu'il cite. Il résulte de l'article L. 312-3-1 du même code que l'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui.
10. Alors que l'arrêté du 22 juillet 2022 était fondé sur la circonstance que les mentions portées au casier judiciaire de M. A faisaient obstacle à ce qu'il détienne une arme, les décisions susvisées rejettent les demandes de restitution de ses armes formulées par M. A au motif que son comportement laisse craindre une utilisation dangereuse des armes qu'il serait amené à détenir. Toutefois les décisions précitées, fondées sur ce nouveau motif, ne mentionnent aucun des faits tenant au comportement de l'intéressé qui laisseraient craindre pour sa sécurité ou celle de tiers et qui justifient aux yeux du préfet, qui n'est pas en état de compétence liée, la nécessité de le dessaisir de ses armes. Ces décisions, qui constituent des mesures de police administrative, sont donc insuffisamment motivées et doivent, dès lors, être annulées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Les décisions des 17 février 2021 et 5 juillet 2021 du préfet des Ardennes sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Ardennes.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, premier conseiller,
M. Clemmy Friedrich conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
S. LAMBING
Le président-rapporteur,
O. NIZETLa greffière,
N. MASSON
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026